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Excellent
24 juin 2026
Le château de Colditz, situé en Saxe (à environ 50 km au sud-est de Leipzig et 100 km au sud-ouest de Dresde), doit sa réputation pour avoir été transformé, pendant la Seconde Guerre mondiale, en un camp de prisonniers de guerre allemand (Oflag IV-C), réputé pour être insurmontable en raison de sa situation en hauteur, de ses murs épais et de sa sécurité renforcée.
Les Allemands y envoyaient les officiers ennemis qui avaient déjà fait des tentatives d’évasion. On les enfermait dans le respect des conventions de Genève pour des raisons d’affichage de propagande. Le neveu de Winston Churchil y a par exemple été incarcéré. Sur plus de 300 tentatives recensées, seules 34 d’entre elles (13 Français, 10 Britanniques, 7 Néerlandais, 2 Belges, 1 Polonais, 1 Canadien, 1 Indien) ont réussi mais elles étaient tellement rocambolesques qu’elles ont marqué les imaginations, grâce notamment au film Les Indomptables de Colditz (The Colditz Story), réalisé par Guy Hamilton d’après le témoignage de l’un de ces évadés : Pat Reid. La Grande Évasion (The Great Escape), réalisé par John Sturges en 1963, un peu plus connu chez nous, puise aux mêmes sources.
Colditz est aujourd’hui un musée et un lieu de mémoire.
On est toujours bluffés par la qualité documentaire des scénarios de l’Espagnol Salva Rubio capable aussi bien de travailler sur la Seconde Guerre mondiale (Le Photographe de Mauthausen, La Bibliothécaire d’Auschwitz, Les Zazous…) que sur des biographies de peintres (Monet, nomade de la lumière ; Degas, la danse de la solitude…), de musiciens et de chanteurs (Miles & Juliette, Django, main de feu, Brel, une vie à mille temps…). On se souvient en particulier de sa remarquable évocation du père d’Alexandre Dumas (Le Premier Dumas).
Il est aussi parfait que d’habitude ici, arrivant à bien incarner les personnages et à établir la portée symbolique des situations. Le dossier en fin de volume, caution documentaire pour souligner que cette incroyable aventure n’est pas une fiction, est presque superfétatoire.
Le beau dessin d’Alejandro Gonzales sert magnifiquement le propos. Seul bémol : le côté propret des personnages, avec leurs sourires hollywoodiens et leurs habits sur mesure, pourraient laisser penser au lecteur mal informé que cette prison du IIIe Reich n’avait rien d’un lieu de vacances...
Par Didier PASAMONIK
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