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Goze Hotaru, une douce mélodie

Par Akira OIKAWA Pas mal 11 février 2026 
Hotaru est une jeune fille tout à fait ordinaire, vivant dans un village caché au fin fond des montagnes japonaises. À la suite de la mort de sa mère et de la disparition de son père, Hotaru se renferme sur elle-même, au grand dam de son seul parent, son grand-père. Une situation qui ne s’arrange pas lorsque la jeune fille perd soudainement la vue. Mais tout change lorsqu’une troupe de musiciennes itinérantes, les « Goze », s’arrête dans leur village. Hotaru n’a alors plus qu’une seule idée en tête : devenir, elle aussi, une Goze !

Si vous avez lu notre chronique sur Neko Goze, vous savez déjà que les Goze sont des musiciennes itinérantes aveugles ayant existé depuis les années 1600, et qui voyagent en groupes. Jouant des instruments comme le shamisen ou la cithare japonaise, ces musiciennes étaient regroupées en guildes aux principes stricts et codifiés.

Goze Hotaru, une douce mélodie
Les Goze sont des musiciennes aveugles itinérantes
GOZE HOTARU © 2024 by Kou Tosaya/SHUEISHA Inc.

Dans Goze Hotaru, Kou Tosaya, nouveau venu dans le monde du manga, raconte l’histoire de Hotaru, une jeune fille vivant dans un village paisible. Orpheline, elle est élevée tant bien que mal par son grand-père. Traumatisée par la mort de sa mère et la disparition de son père, Hotaru refuse de quitter la maison. La situation s’aggrave encore lorsque la jeune fille perd la vue. Comment redonner de la joie de vivre à quelqu’un qui ne voit même plus ? Mais la chance tourne lorsqu’une troupe de musiciennes Goze s’arrête dans le village pour y chanter. Hotaru, émerveillée, a enfin un but : devenir elle-même une Goze ! Aux côtés de ses collègues musiciennes, elle parcourt le Japon pour y chanter et divertir la population.

Orpheline, Hotaru n’a que son grand-père
GOZE HOTARU © 2024 by Kou Tosaya/SHUEISHA Inc.

On est ici dans le manga typique « Iyashikei », qui met le récit au second plan pour se concentrer sur les émotions des personnages. L’atmosphère est volontairement la plus douce possible, avec peu de péripéties. On est bien loin du shônen épique ou du seinen psychologique. Hotaru est un personnage typiquement « moe », un personnage mignon auquel on s’attache naturellement (presque par misérabilisme, ici) : une jeune fille orpheline, aveugle, visiblement traumatisée, qui se décide à parcourir le monde pour chanter — difficile de ne pas ressentir de la compassion pour elle. Même sa motivation principale — retrouver son père disparu — devient un élément secondaire du récit. Le genre « Iyashikei », ces mangas doux qui visent à relaxer le lecteur, a connu une véritable ascension au cours des dernières années, avec des œuvres comme Ruridragon ou Bloom.

Hotaru, personnage « Moe »
GOZE HOTARU © 2024 by Kou Tosaya/SHUEISHA Inc.

Goze Hotaru s’inscrit ainsi parfaitement dans ce genre, avec des personnages gentils qui n’ont aucune intention ouvertement mauvaise. Les collègues de Hotaru peuvent être facétieuses, comme la jeune Sango, ou strictes, comme la sage Dame Yuki, mais ne cherchent pas à se mettre en opposition avec la jeune fille. Il n’y a ni rivalité, conflit entre les personnages. Les seuls moments d’action se déroulent lorsque Hotaru est seule avec une étrange femme défigurée, dont la présence fait basculer le récit dans le fantastique. Mais, de manière générale, les personnages ne font pas face au danger.

Hotaru s’entraîne sans relâche pour devenir une Goze
GOZE HOTARU © 2024 by Kou Tosaya/SHUEISHA Inc.

Goze Hotaru souffre malheureusement des défauts inhérents au genre « Iyashikei ». En effet, l’absence de véritable conflit rend le personnage assez unidimensionnel. Hotaru est un personnage travailleur qui veut plaire aux autres, ce qui fait qu’elle ne s’opposera que rarement (pour ne pas dire jamais) à ses collègues ou aux villageois qui l’accueillent. D’une certaine manière, on peut dire que le manga est assez réaliste car, au quotidien, la plupart de nos interactions ne visent pas à créer des conflits. Le manga vise à présenter une tranche de vie de ces musiciennes Goze, leurs règles, leurs codes et leurs traditions, sans chercher à les romancer. Il faut de tout pour faire un monde, et si vous cherchez un manga plus orienté action, vous aurez largement de quoi faire dans les pages d’ActuaBD !

Même aveugle, Hotaru veut se bâtir un avenir
GOZE HOTARU © 2024 by Kou Tosaya/SHUEISHA Inc.

La douceur enfantine du récit se reflète aussi dans la patte graphique du livre, qui privilégie le minimalisme. La plupart des cases n’ont, par exemple, pas de décor, afin de centrer toute l’action sur les personnages. Kou Tosaya adopte un trait simple et doux, qui plonge le livre dans une atmosphère presque brumeuse. On est loin du style réaliste de Naoki Urasawa !

Sans décors, le personnage ressort sur la page
GOZE HOTARU © 2024 by Kou Tosaya/SHUEISHA Inc.

Goze Hotaru, c’est la lecture « feel good » de ce début d’année aux éditions Crunchyroll – Kazé. Pleine de douceur, elle invite le lecteur à découvrir la vie et l’organisation des Goze et à suivre les personnages dans leurs pérégrinations. Ici, on ne cherche pas à sauver le monde ou à déjouer une menace, on ne fait que voyager. La série, qui s’est terminée au Japon fin 2024 avec 24 chapitres, arrive avec son premier tome en février de cette année dans l’Hexagone. On peut ainsi s’attendre à ce que la suite arrive sans trop tarder. Le tome 2 est d’ailleurs déjà annoncé pour le 8 avril.

Par Akira OIKAWA

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Code EAN : 9782820353627

Goze Hotaru Tome 1, par Kou Tosaya, éditions Kazé - Crunchyroll. Parution le 11 février 2026. 7,99 €.

Goze Hotaru Kazé (Crunchyroll) ✏️ Kou Tosaya à partir de 12 ans Tranche de vie Vie quotidienne Feelgood Spirituel Japon
 
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