Favori de la rédaction
12 février 2026
Dans un monde où existent des êtres composés de magie appelés Majiks, ces derniers sont traqués par une caste de femmes, nommées sorcières, dans le but de s’emparer de leur pouvoir, mais aussi de protéger la population. Seules les femmes peuvent « acquérir » les Majiks, mais cette règle va connaître une exception lorsqu’un jeune chasseur montagnard, Ichi, bat le roi des Majiks et devient le premier homme-sorcière de l’Histoire ! [1]
C’est ainsi qu’Ichi, qui a dédié toute sa vie à l’art de la chasse, va découvrir une nouvelle race de proies absolument passionnante à traquer : les Majiks. Bon gré mal gré, l’organisation des Sorcières va le prendre en charge et le placer sous la tutelle de Desscaras, la Sorcière Abyssale, réputée comme la plus puissante du monde. Accompagné d’un troisième larron, une maladroite aspirante sorcière, l’improbable trio va être assigné à la tâche spéciale d’acquérir les Majiks anti-humains, hostiles à l’humanité et extrêmement dangereux.
Débuté au Japon en septembre 2024 dans le Weekly Shônen Jump de l’éditeur Shûeisha, Ichi the Witch fait partie de ces séries lancées régulièrement dans le but de donner naissance à un best-seller. En effet, après les fins successives de My Hero Academia (2014-2024) et de Jujutsu Kaisen (2018-2024), l’éditeur est à la recherche de titres pouvant devenir de nouvelles locomotives, aux côtés de One Piece. Sakamoto Days (2020) et The Elusive Samurai (2021) sont de beaux succès, mais ils n’ont pas suscité l’engouement attendu pour des piliers du Jump. Depuis, Kagurabachi, lancé en 2023, porte un nouvel espoir, tout comme Ichi the Witch, qui a débuté un an plus tard.
L’avenir nous dira si Kagurabachi et Ichi the Witch seront à la hauteur de ces espoirs, mais en attendant leurs adaptations en animé, un vecteur essentiel, les ventes au Japon sont prometteuses. De ce fait, le lancement de Ichi the Witch apparaît comme un enjeu majeur, aussi bien pour Shûeisha que pour Ki-oon. D’ailleurs, la promotion française n’a rien laissé au hasard. Outre l’actuelle campagne d’affichage dans les grandes villes, depuis avril 2025, MangaPlus, la plate-forme de simultrad de Shûeisha, propose une traduction française des chapitres de Ichi the Witch, une chose rare, signe de l’importance du manga pour les éditeurs.
Si le pitch du manga peut apparaître simple — une troupe de héros qui parcourt le monde pour capturer des créatures surnaturelles —, le projet est l’œuvre d’une vétérante. C’est Osamu Nishi, l’une des auteures vedettes d’Akita Shoten, qui dessine le manga à succès Iruma à l’école des démons depuis 2017, qui a proposé le projet à Shûeisha. Comme il n’était pas dans ses intentions d’arrêter Iruma, il lui fallait un dessinateur. C’est ainsi que Shûeisha proposa le manga à Shiro Usazaki, dessinatrice qui s’est fait connaître avec Act-Age et sans projet depuis son arrêt en 2020, en dehors d’un court one-shot.
Un manga à quatre mains, avec la particularité que la scénariste continue de dessiner sa (première) série à succès chez un éditeur concurrent. Une curiosité sans doute à l’origine de l’efficacité du manga qui, sans rien réinventer (Osamu Nishi n’hésite pas à citer pour inspiration Pokemon et Card Captor Sakura), emporte immédiatement le lecteur avec sa promesse d’une grande aventure, riche en action, en émotions et en merveilleux.
Sur la forme, le trait de Shiro Usazaki s’est beaucoup affiné depuis Act-Age : ses cadrages se sont diversifiés et le niveau de détail a augmenté. Les designs se révèlent sublimes, tout en gardant un côté amusant pour certains Majiks. Si le personnage d’Ichi fait une excellente impression grâce à une aura de chasseur bien restituée, c’est Desscaras qui attire l’attention : le décalage entre son élégance et sa personnalité orgueilleuse et bourrue fonctionne à merveille. Ses mines contrariées sont très drôles et elle fait souvent des choses amusantes en arrière-plan.
Sur le fond, Osamu Nishi, comme avec Iruma, s’empare d’une idée classique pour la peupler de personnages et de péripéties de son cru, oscillant entre humour et moments plus sombres. Une recette traditionnelle qui a maintes fois fait ses preuves et qui s’est révélée gagnante avec Iruma, dont le succès ne se dément pas : outre la saison 4 de l’animé diffusée cette année, l’une de ses séries dérivées aura également droit à un animé en 2027, tandis qu’un nouveau spin-off est annoncé. Bref, entre Iruma et Ichi, tout semble sourire à Osamu Nishi en ce moment.
C’est dans ce contexte que les aventures d’Ichi débarquent aujourd’hui en France avec les 2 premiers tomes — sur 6 actuellement au Japon. Elles sont l’œuvre de deux auteures de talent qui proposent une aventure trépidante sur fond de chasse et de capture de créatures extraordinaires. C’est bien ficelé, porté par des personnages attachants, le tout dans un univers qui promet d’être vaste. Bref, c’est un excellent shônen manga d’aventure, sans aucun doute possible. Reste à voir s’il remportera l’immense succès escompté et deviendra un nouveau My Hero Academia.
Par Guillaume BOUTET
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Ichi the Witch T.1 & T.2. Scénario : Osamu Nishi. Dessin : Shiro Usazaki. Traduction : David Le Quéré. Ki-oon, collection "Shônen". Sorties le 12 février 2026. 190 pages. 7,20 euros.
Iruma à l’école des démons sur ActuaBD :
– Lire la chronique des tomes 1 & 2
– Lire la chronique des tomes 3 & 4
– Lire la chronique des tomes 5 & 6
– Lire la chronique des tomes 7 & 8
– Lire la chronique des tomes 9 & 10
– Lire la chronique des tomes 11 & 12
– Lire la chronique des tomes 13 & 14
– Lire la chronique des tomes 15 & 16
– Lire la chronique des tomes 17 & 18
– Lire la chronique des tomes 19 & 20
– Lire la chronique des tomes 21 & 22
– Lire la chronique des tomes 23 & 24
– Lire la chronique des tomes 25 & 26
– Lire la chronique des tomes 27 & 28
– Lire la chronique des tomes 29 & 30
Act-Age sur ActuaBD :
– Lire la chronique du tome 1
[1] La malice du terme, qui se perd en français, vient qu’en japonais il n’existe pas d’équivalent masculin au mot « sorcière ».