DIDIER PASAMONIK : Les éditions Dupuis cancellent… Spirou !

Par Didier PASAMONIK 1er novembre 2024 
Dans un communiqué, les éditions Dupuis annoncent faire retirer de la vente l’album Spirou et la Gorgone bleue, accusé de « racisme » dans les réseaux sociaux. Ils reconnaissent une « erreur d’appréciation » et annoncent le retrait de l’ouvrage et la mise au pilon de leur stock.

Hier, 31 octobre 2024, les éditions Dupuis faisaient le communiqué suivant :

« Depuis quelques jours, les prises de parole se multiplient pour exprimer la colère ressentie devant la représentation des personnes noires et des femmes dans le Spirou « vu par » de Dany et Yann : "La Gorgone bleue" publié en septembre 2023.
Nous sommes profondément désolés si cet album a pu choquer et blesser. Cet album s’inscrit dans un style de représentation caricatural hérité d’une autre époque.
Plus que jamais conscients de notre devoir moral et de l’importance que représente la bande dessinée en tant qu’éditeur et plus largement le livre dans l’évolution des sociétés, nous prenons en ce jour la pleine responsabilité de cette erreur d’appréciation.
C’est pourquoi, nous tenons à présenter nos plus sincères excuses. Nous avons mis en œuvre le retrait de l’ouvrage de l’ensemble des points de vente. »

En effet, depuis quelques jours, certains réseaux sociaux se faisaient le relais de personnes qui, découvrant cette bande dessinée parue voici plus d’un an, comme «  la bande dessinée la plus raciste de l’année 2024 » pointant les représentation des Noirs qui seraient problématiques, parce que « ressemblant à des singes ».

DIDIER PASAMONIK : Les éditions Dupuis cancellent… Spirou !
Spirou contre la pollution des océans. Les Noirs représentés comme des singes ?
© Yann, Dany & Dupuis

Interrogé, le dessinateur Dany -le seul désigné responsable de cette publication- invoque une caricature qui serait appliquée à part égale entre noirs et blancs ; une représentation qui est celle de grands auteurs comme Franquin, l’un des meilleurs dessinateurs de Spirou, dont il s’inscrit dans la tradition. Une tradition qui, apparemment, ne passe plus aujourd’hui auprès de certaines catégories de lecteurs.

Une bande dessinée « à rebrousse-poil »

Nous ne sommes pas étonnés par cette polémique à propos d’un album, scénarisé par Yann, dont la publication avait été décidée huit ans avant sa parution par Sergio Honorez, l’éditeur précédent de Stéphane Beaujean, l’éditeur actuel.

Tout en faisant l’interview d’un auteur, Dany, 81 ans à ce jour, figure marquante dans l’âge d’or de la bande dessinée belge, qui réalisait la son premier Spirou, voici ce que nous avions écrit à propos de cet album sur ActuaBD au moment de sa parution : « Quel étrange album que le Spirou dessiné par Dany ! Déjà, il y a quelque chose de transgressif dans le choix du dessinateur : Dany, pilier historique de chez « Jules-de-chez-Smith-en-face », le Journal Tintin, opérant sur Spirou, c’est un événement ! Avec le scénariste Yann au scénario, lequel adore jouer avec les codes, les citations, les concepts pour mieux les déconstruire, les « sensitive readers » de chez Dupuis ont dû être chauffés à blanc : écologie, féminisme, minorités… Dans cet album, c’est clairement le discours « woke » qui est la vedette du récit et qui en prend plein la figure. Au casting, un clone de Donald Trump, le député français Aymeric Caron, une chaîne de fast-food de style McDonald, Jones, la comparse de XIII, et le 7e continent, celui des déchets plastiques accumulés au milieu de l’océan. Tout cela est brassé avec un joyeux esprit foutraque qui se fiche des conventions. »

Un jeu de mots qui passe mal : L’USS Obama, peint en noir, avec un équipage uniquement composé de Noirs.
© Yann, Dany & Dupuis

Nous n’en avions pas fait l’album de l’année mais nous avions déjà perçu en raison de son propos, tout le potentiel polémique de l’ouvrage. Lequel n’a pas manqué à se manifester… un an après... Pourquoi un an après ?

Que cet album ait pu interloquer, du fait de sa critique certaines cibles : éco-terroristes, féministes, etc., cela ne nous a donc pas étonnés. La critique de la représentation des Noirs, en revanche, nous a surpris. C’est l’époque qui veut cela : certaines représentations ne passent plus de nos jours. Ce débat mérite d’être ouvert. Après tout, Moulinsart a bien fini par concéder une notice signalant les préjugés racistes dans Tintin au Congo.

Une décision lourde de conséquences

Ce qui est plus étonnant, c’est la décision de Dupuis, de « canceller » une œuvre qu’elle a elle-même publiée il y a un an. La charge est lourde contre les auteurs comme contre le précédent éditeur : « erreur d’appréciation », représentation « problématique » des « personnes noires et des femmes », il n’y avait personne en septembre 2023 chez Dupuis pour s’en apercevoir, du PDG Julien Papelier jusqu’aux commerciaux, aux libraires ? Ce n’est pas la première fois que nous posons cette question : Y-a-t’il un Pilote dans l’avion ?.

Reste une question plus fondamentale. Dans les années 1960, un ecclésiastique était consulté par Monsieur Dupuis qui signalait les bandes dessinées problématiques à l’éditeur. Les auteurs à l’époque (Franquin, Morris, Goscinny…) avaient lutté contre cette pratique encouragée par commission de la Loi de 1949 pour la protection de la jeunesse qui avait fait des remontrances à l’encontre de Lucky Luke, Gil Jourdan, Alix, le Marsupilami ou encore Blake & Mortimer. Aujourd’hui, les bons pères semblent avoir été remplacés par des « sensitives readers ». Est-ce là une bonne évolution ?

Les thèmes "woke" -mais pas seulement (voir l’allusion aux mangas) tournés en dérision...
© Yann, Dany & Dupuis

Par Didier PASAMONIK

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Code EAN : 9782800167800
Spirou Dupuis ✍ Yann ✏️ Dany Belgique Marché de la BD : Faits & chiffres
 
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48 Messages :
  • DIDIER PASAMONIK : Les éditions Dupuis cancellent… Spirou !
    1er novembre 2024 20:05, par sergio salma

    HA ! Si les commentaires sont ouverts, je sens que ça va être un régal ! ’ tendez , je me prépare un thé.

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  • DIDIER PASAMONIK : Les éditions Dupuis cancellent… Spirou !
    1er novembre 2024 21:13, par Michel Dartay

    Tout cela est consternant ! Alors oui ou non, y a t’il encore des éditeurs chez Dupuis, ou ont ils tout délégué à l’IA ? Plutôt que d’imprimer un livre promis au pilon, Dupuis devrait d’abord s’interroger sur son droit à paraitre, quitte à demander quelques rectifications ! Les éditeurs ne sont pas que des imprimeurs, ils sont lç pour corriger en cas de besoin, pour adapter à une ligne éditoriale saine et sans polémique !

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    • Répondu par Phildar le 2 novembre 2024 à  00:48 :

      Plutôt que d’imprimer un livre promis au pilon

      Ils en ont quand même vendu 30 000 exemplaires avant de jouer les vierges effarouchées...

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  • Je déplore la lâcheté de l’éditeur, qui aurait du défendre ses auteurs, la liberté d’expression et de caricature. Après Charlie, c’est catastrophique pour un tel éditeur de baisser ainsi son pantalon et le reste devant les censeurs. Le risque pour l’éditeur est de ne plus être maître de sa ligne éditoriale. Ils ont ouvert une porte qu’ils auront bien du mal à refermer, par manque de courage. Décevant. Dommage.

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    • Répondu le 1er novembre 2024 à  23:50 :

      Entre Charlie et cet album, il s’est passé beaucoup de choses, et notamment l’affaire Bastien Vives.

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      • Répondu par Max le 2 novembre 2024 à  09:37 :

        Vous voulez parler de l’autre affaire pleine de jalousie, de rancœur et de bêtises crasses ?

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      • Répondu par Emma Ré le 2 novembre 2024 à  09:41 :

        Bonjour,
        Un procès est-il prévu dans le cadre de "l’affaire Vivès" ? Un procès est-il prévu dans "l’affaire Gorgone bleue" ?
        Par ailleurs, "Les rivaux de Painful Gulch" n’est-il pas une charge discriminatoire à l’encontre des populations à l’appendice nasal proéminent ou aux oreilles décollées et de taille hors-norme ? Et nos amis d’Espagne se sentent-ils respectés par "Asterix en Hispanie" ? Et la Schroumpfette, créée par Gargamel pour semer la discorde, n’est-elle pas une injure faite à l’ensemble des femmes (cf. le fameux syndrome de la Schroumpfette ? Etc.... Interdisons-les sans procès !
        (Attention : ce commentaire n’est pas à prendre au premier degré et surtout, que ceux qui ne comprennent pas le second degré ne me jettent pas au pilon. Merci)

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    • Répondu par Bourdron le 6 novembre 2024 à  19:36 :

      C’est exactement les propos que j’ai adressé aux éditions Dupuis ,je regardais cet album de Cabu : “peut on rire de tout”avec une boule dans la gorge.J’ai eu la chance voici 19 ans de me faire dédicacer par Dany unecde ses œuvres avec une de ces jolies filles dont il a le secret…Comment peut on censurer une BD après Charlie et Ce qui est arrivé à certains de nos professeurs .Et maintenant si je veux compléter ma collection de Spirou c’est minimum 200€ .navrant ! désolant !

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  • Certains n’ont pas attendu pour spéculer sur l’album, en 24h l’album a été mis en vente plus de 16 fois sur Ebay pour des sommes représentants 4 fois, 5 fois, 10 fois, voir plus le prix de l’album d’origine

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  • Le vrai scandale n’est pas qu’un auteur de 80 ans continue à représenter les Noirs avec des têtes de macaques — c’est juste pathétique. C’est plutôt qu’un éditeur ayant pignon sur rue ne trouve rien à redire à cela : il y a là un mélange de négligence et d’incompétence, il y a là aussi le symptôme de la non-mixité sociale et ethnique dans le monde de l’édition. À quelques exceptions près, c’est un monde dirigé par des mâles blancs de plus de 50 ans (voire davantage), dans lequel les gens issus de la diversité sont absents des postes éditoriaux— en général on va les trouver aux postes de livreurs ou manutentionnaires. Il suffit d’aller à n’importe quelle fête ou lancement organisé par un éditeur pour s’en rendre compte. Comprenez-moi bien, je ne suis pas favorables aux sensitivity readers en tant que tels. Mais tant qu’il n’y aura pas dans les maisons d’édition un peu plus de mixité sociale, il ne faudra pas s’étonner qu’on publie des albums où les noirs ont des têtes de singe, les chinois sont fourbes et les arabes sont tout simplement invisibles — sauf celui du Futur, bien entendu, mais il est blond..

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    • Répondu le 2 novembre 2024 à  15:32 :

      "À quelques exceptions près, c’est un monde dirigé par des mâles blancs de plus de 50 ans (voire davantage), dans lequel les gens issus de la diversité sont absents des postes éditoriaux— en général on va les trouver aux postes de livreurs ou manutentionnaires. " Ah, je ne sais pas chez quel éditeur vous travaillez, mais moi, je fais de la BD depuis 30 ans et depuis un quinzaine d’années, j’ai majoritairement affaire à des femmes, aux postes éditoriaux, à la maquette, à la fab et aux relations-presse. Dans les postes de direction, et purement commerciaux, il y a toujours davantage d’hommes c’est vrai, mais ils ont en général moins de 50 ans, aujourd’hui. Les choses évoluent quand même. Quant à la couleur d peau, je ne fais plus attention à ce genre de détail depuis longtemps.

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      • Répondu par Claude le 3 novembre 2024 à  21:58 :

        L’important c’est les compétences d’une personne. Pas sa couleur ni son sexe. Est-ce que les choses évoluent parce qu’il y plus de femmes et d’hommes de moins de 50 ans ? Oui, s’ils sont aussi bon ou meilleurs que leurs prédécesseurs. Sinon non. Ça mène justement, peut-être, à ce qu’un album de BD soit "excommunié" et passé au pilon. Fahrenheit 451 ce n’est pas ce que j’appelle évoluer.

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    • Répondu par PYMS le 2 novembre 2024 à  23:27 :

      Dans tous les albums de ce types les individus sont représentés avec des traits caricaturaux ; les blancs ne font pas exception. Tu vois des têtes de macaques parce que tu récites ton bréviaire avec toute la culpabilité judéo-chrétienne qu’il contient. Moi de vois des gens caricaturés, point barre. La non mixité sociale est le fait de chacun : les noirs (terme fourre-tout, s’il en est) ont leurs habitus culturels, les magrébins, les blancs et les petits bourgeois gauchisant aussi. Pierre Bourdieu l’explique très bien. On ne se mélange pas ; c’est dramatique, mais c’est ainsi. Il suffit de compter le nombre de noirs déambuler dans les bulles d’Angoulême pour admettre que leur nombre tient dans la main gauche du baron Empain. Le festival est-il raciste pour autant ?
      En fait tu souhaites une société où le mérite et les compétences ne permettent pas d’accéder aux postes éditoriaux. Quand je lis des réactions comme la tienne, je me fis que la psychiatrie a de beaux jours devant elle, car elles sont l’expression d’une pensée chrétienne devenue folle. Alors payez vous des séances, prenez des cachetons, pratiquez l’électrothérapie, faites vous soigner à coups de chats à neuf queux, mais arrêtez de nous casser les noix avec votre moraline.
      Amen.

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      • Répondu par hugo benavente le 3 novembre 2024 à  19:59 :

        Pour toi c’est un probleme de moraline, pour moi c’est un probleme bien reel que je vis dans ma chair, depuis que je suis arrivé en France. Je suis bien integré, certes, depuis le temps. Mais de temps en temps je tombe sur quelqu’un qui va y aller de ses commentaires bien lourds, et evidemment "je ne suis pas raciste mais..." Alors evidemment toi, pas concerné par ce probleme, ça t’emmerde. "Ah la la qu’est-ce qu’il font chier ces noirs, meteques et autres chinois avec leur susceptibilité" mais laissez-nous publier en paix nos gros clichés ! laissez-nous dessiner des bonnes femmes ! eh bien on vous laisse...entre vous.

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        • Répondu le 3 novembre 2024 à  21:03 :

          C’est bien ce que dit le monsieur : globalement on ne se mélange pas. Et ce d’autant moins que ce qui caractérise le XXIeme siècle jusqu’à ce jour, c’est un repli identitaire généralisé. Blanc, noir, rouge ou vert, homme, femme, hétero ou LGBT, riche ou prolétaire, chrétien, juif ou musulman, on s’essentialise et on essentialise les autres et chacun se crispe sur son identité unique supposée, héritée et immuable et la revendique toujours plus… Tout ça va mal finir… sans parler du nationalisme qui est devenu incontestable, qu’on soit de gauche comme de droite. On a assisté ainsi aux Jeux Olympiques les plus chauvins de l’Histoire. Mais ça ne dérange plus grand monde.

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    • Répondu par Claude le 3 novembre 2024 à  21:51 :

      Ah vain-vain, vain-vain, vain-vain..... C’est votre message qui est pathétique. Il faut donc se plier aux caprices de gens dépourvus de sens de l’humour et d’autodérision. Il faudra donc un jour interdire les caricatures dans leur ensemble. Ça me rappelle une bien funeste doctrine. Les caricatures, les représentations du vivant, l’imagination, la joie vivre ..... Vous contribuez, par votre message, à ce qu’on se dirige vers le rejet de tout ça. Triste monde.
      Bon c’est pas tout, je retourne m’autoflageller en m’automaudissant d’être un mal blanc de plus de 50 ans responsable de tout les maux de cette terre, je suis sûr que vous n’oubliez jamais d’en faire autant. C’est vrai que le monde est tellement plus beau et plus juste dans les zones ou nous ne régnons pas.

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      • Répondu par gmonkey le 4 novembre 2024 à  02:27 :

        Claude pouvez vous m’expliquer la caricature des personnages blancs car sur les exemples mis dans l’articles j’ai du mal à voir.
        L’éternel moi j’ai de l’humour les autres sont des pleureuse....
        Excusez moi de ne pas regretter l’époque bamboula et compagnie qu’est ce qu’on ce fendait la poire .....

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        • Répondu le 10 novembre 2024 à  11:42 :

          Gmonkey, vous pouvez nous expliquer le choix de votre pseudonyme ?

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  • Astérix
    2 novembre 2024 10:11, par ghib

    ça promet pour le prochain film d’animation d’Astérix Le Royaume de Nubie !

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    • Répondu le 4 novembre 2024 à  13:16 :

      Il n’y a pas d’écart d’intention dans le geste caricatural chez Astérix, dans ce Spirou c’est beaucoup moins certains.
      C’est là l’enjeu du problème et c’est important.

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  • DIDIER PASAMONIK : Les éditions Dupuis cancellent… Spirou !
    2 novembre 2024 18:05, par Michel Dartay

    Que l’album soit bon ou mauvais, une chose s’impose : la puissance des réseaux sociaux ! Il aura suffit 48 heures sur X pour être vu par 800 000 personnes et contraindre l’éditeur à cesser la commercialisation de l’ouvrage. C’est effrayant !

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    • Répondu par COTHIAS Patrick le 3 novembre 2024 à  13:03 :

      J’ignorais cette affaire relative à la négritude et je suis farouchement opposé à la chasse (sauf pour l’eau). Je suis pour la préservation de tous les zanimaux, même les macaques (fussent-ils femelles en prime).
      Heureusement la prochaine guerre mondiale qui nous pend au nez va remettre les choses en ordre.
      Patrick Cothias

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  • Sale histoire et mauvaise reaction.
    Retirer un pilonner un Spirou de 1 an après et 30k ventes.

    C’est plus de la bêtise qu’autre chose et de toute façon...

    L’éditeur ne perd rien

    Les spéculateurs s’en mettront plein les poches
    C’est comme pour Vives la dictature de l’entre soi.

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    • Répondu le 2 novembre 2024 à  22:14 :

      « La dictature de l’entre-soi », j’adore ce genre d’expression toute faite qui ne veut rien dire et qu’on peut ressortir sur tous les sujets.

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  • Le dessin caricatural de Dany s’adresse à un public bedephile, bercé par les dessins caricaturaux et humoristique de Uderzo, Morris et cie... C’est de la BD "humoristique". Ceux qui l’ont critiqué n’ont jamais dû lire un lucky luke, ou un Asterix de leur vie !? Franchement c’est du grand n’importe quoi ! Génération infantilisante, où on ne fait pas confiance a l’intelligence et au second degrés du lecteur. Bref, on est mal barré !

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    • Répondu par Carl Vanhaes le 3 novembre 2024 à  14:13 :

      Je profite du petit reliquat de démocratie restant pour vous répondre, car donner son avis pourrait être bientôt interdit ou "corrigé". Vous avez très bien résumé la situation et je suis entièrement d’accord. Pour résumer encore davantage, je dirais : Vive la Liberté, Mort à la Censure. Nous quittons en ce moment la démocratie et sommes entré dans la dictature de la Pensée.

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    • Répondu le 4 novembre 2024 à  14:28 :

      Même si on est bédéphile, on a un peu réfléchi et évolué depuis qu’on a lu Tintin au Congo enfant. Et on est capable de replacer un stéréotype raciste dans son contexte de l’époque. Le problème de cet album de Yann et Dany, c’est qu’il sort en 2023 et pas en 1931… mais c’est l’éditeur qui aurait dû s’en apercevoir avant qu’il soit trop tard. A ce propos, depuis le temps que j’entends parler de la fameuse "notice d’avertissement signalant les préjugés racistes dans Tintin au Congo" qui aurait été insérée dans les nouvelles éditions, je ne l’ai jamais vue. Et je feuillette régulièrement cet album en grandes surfaces pour voir si elle y figure. La dernière fois, sur une réédition de 2022, elle n’y était toujours pas.

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  • Je ne connais pas personnellement Dany, mais je pense que cela doit le toucher, après une magnifique et irréprochable carrière, d’être labellisé "raciste" et de subir en plus le courrier lamentable et opportuniste de son éditeur. Je pose la question : l’éditeur aurait pilonné 30.000 exemplaires si tout cela était sorti l’an dernier ?
    J’en profite pour remercier Dany pour l’inoubliable Olivier Rameau. Si Greg était encore là, il mitonnerait une réponse talonnesque et définitive à cet océan d’absurdités

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  • DIDIER PASAMONIK : Les éditions Dupuis cancellent… Spirou !
    4 novembre 2024 09:25, par Spirale Sombre

    Bonjour,

    Un peu de recul et d’objectivité, ne feront pas de mal, retenir les faits aussi.
    Dans une BD comme Astérix, tous les personnages sont caricaturés, hommes, femmes, roses, bruns, minces, gros, etc

    Ce n’est manifestement pas le cas dans ce Spirou dessiné par Dany.
    Les personnages de pigmentation rose* y sont caricaturés, certes mais sans traits "péjoratifs" ou racistes, tels que les traits simiesques.
    Les personnages féminins de pigmentation rose* semblent en effet hypersexualisé (c’est une constante chez Dany ;).
    Et il faut beaucoup de mauvaise foi pour ne pas convenir que la plupart des personnages de pigmentation brune sont caricaturés de manière simiesque très prononcée.

    Il y a donc bien un problème et il me semble qu’il appartient aux personnes ici visées : femmes et/ou personnes de pigmentation brune, d’estimer si la caricature est humoristique ou déplacée.
    Tout le reste n’est que baratin emprunt de préjugés assumés ou inavoués.

    Fallait-il le mettre au pilon ? Non, il ne fallait pas le publier.

    *Durant l’apartheid, Mandela aimait faire remarquer à ses juges qu’ils n’étaient pas blancs mais roses, "pink" !

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    • Répondu le 4 novembre 2024 à  15:39 :

      Et le Lucky Luke d’il y a 4 ans, « un cow-boy dans le coton », il ne vous a pas posé de problème ? On y trouve des caricatures d’hommes noirs… et d’hommes blancs dans la même tradition graphique franco-belge. Est-ce que c’est la caricature qui pose problème désormais ? ou est-ce que ce n’est pas plutôt le scénario de Yann, tendance réac ? On tire beaucoup sur Dany, mais on parle peu de Yann. Ce qui est certain c’est que la censure est à la mode et que désormais la justice est à la ramasse des réseaux sociaux. Il va falloir se réveiller très vite car c’est le retour des lynchages en place publique… comme dans un Lucky Luke justement.

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    • Répondu le 4 novembre 2024 à  17:20 :

      C’est rigolo d’affirmer en préalable qu’on va faire preuve "de recul et d’objectivité" et d’écrire ensuite : "Dans une BD comme Astérix, tous les personnages sont caricaturés, hommes, femmes, roses, bruns, minces, gros, etc. Ce n’est manifestement pas le cas dans ce Spirou dessiné par Dany. " On peut reprocher à Dany d’être moins bon dans le style humoristique que Uderzo l’était, mais affirmer que Dany caricature les hommes noirs mais pas les hommes blancs n’a absolument rien d’une analyse objective.

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      • Répondu le 4 novembre 2024 à  21:28 :

        C’est difficile à dire parce que les seuls personnages "blancs" qu’on voit dans ces extraits sont les héros. Ils sont effectivement moins caricaturaux que les personnages "noirs". Quand on lit Astérix, Lucky Luke ou Gaston Lagaffe, tout le monde est caricaturé. On pourrait tout autant s’offusquer d’un Joe Dalton, qui est vraiment dessiné comme une personne haute comme 3 pommes, que de la représentation d’un travailleur noir des champ de coton dans "En Remontant le Mississipi". Quand le caricaturiste connaît son affaire, tout le monde est traité à la même enseigne. Ici, Dany, qui est un dessinateur réaliste, s’essaye au style Franquin, mais ménage davantage son trio de héros, qui reste presque semi-réaliste, que les autres personnages qui ont des proportions plus exagérées. Le graphisme n’est pas uniforme, et il reproduit un peu malgré lui le contraste qui existe dans "Tintin au Congo" entre le jeune Tintin, tout blanc et tout lisse et les personnages africains qui ont plus grimaçants. La gêne, ou l’offense, tiennent parfois à peu de choses…Et ici l’effet est décuplé par le ton clairement "anti-woke" des gags que propose le scénario. L’éditeur a clairement manqué de vigilance, et comme depuis l’équipe éditoriale Dupuis n’est plus la même, le bouquin est clairement désavoué et éliminé du catalogue. On peut simplement regretter que les éditeurs publient des livres sans les avoir "édités".

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        • Répondu le 5 novembre 2024 à  11:36 :

          "Dany, qui est un dessinateur réaliste, s’essaye au style Franquin,"

          Encore quelqu’un qui parle de ce qu’il connaît pas !

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          • Répondu le 6 novembre 2024 à  09:38 :

            Ben si je connais un petit peu, j’ai lu Olivier Rameau qui est dessiné semi-réaliste dans le traitement des personnages principaux, j’ai lu Histoire Sans Héros qui est dessiné réaliste, j’ai lu sa reprise de Bernard Prince, le Piège au 100 000 dards qui est également réaliste, et met en scène d’ailleurs des hommes noirs, dessinés eux-aussi de façon réaliste, etc. Quand je dis que Dany s’essaye au style Franquin, je ne fais que répéter ce qu’il a déclaré oui-même en interview à propos de ce dernier album controversé.

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            • Répondu le 6 novembre 2024 à  12:16 :

              "j’ai lu Olivier Rameau qui est dessiné semi-réaliste dans le traitement des personnages principaux"

              Pas dès les premiers tomes.
              Dany a d’abord commencé avec un dessin humoristique. Dessin qui a évolué vers le réalisme.
              Avec ce Spirou, il a voulu revenir à sa veine humoristique et à son admiration pour le dessin de Franquin.

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            • Répondu par Richard (Teljem) le 6 novembre 2024 à  12:17 :

              Dès ses débuts Dany est un dessinateur humoristique. Olivier Rameau ce n’est pas du semi-réaliste.

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              • Répondu le 7 novembre 2024 à  08:05 :

                On peut jouer sur les mots indéfiniment entre réalisme et semi-réalisme. Toujours est-il que Dany revendique l’influence de Franquin sur cet album de Spirou, ce qui est somme toute logique.

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                • Répondu par Lol le 7 novembre 2024 à  23:02 :

                  Et Sempé pour vous c’est réaliste ou semi-réaliste comme dessin ? (juste pour voir le niveau)

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              • Répondu le 8 novembre 2024 à  11:02 :

                Dany est aussi un dessinateur réaliste. Révisez vos classiques.

                Répondre à ce message

                • Répondu le 9 novembre 2024 à  09:51 :

                  Et vous relisez les commentaires précédents avant de poster le vôtre !
                  Personne n’a dit que Dany n’était pas un dessinateur réaliste. Il a débuté comme dessinateur humoristique au côté de Greg (Quentin Gentil…). Son dessin a évolué vers le réalisme. Suffit d’observer la progression du dessin d’Olivier Rameau au fil des tomes dans les années 70. Au milieu des années 70, il a eu de plus en plus envie et besoin de dessiner réaliste. L’évolution de son dessin s’est faite naturellement. Et le scénario de Jean Van Hamme "Histoire sans héros" est arrivé et lui en a donné l’occasion.
                  Il n’a donc pas commencé apr un dessin réaliste pour finalement s’essayer au style Franquin. Le style Franquin, dans les années 60, a aussi influencé les assistants de Greg (comme Dany et Dupa).

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                  • Répondu le 9 novembre 2024 à  10:18 :

                    Merveilles des échanges sur internet… vous êtes tous d’accord sur le sujet du travail de Dany mais vous vous engueulez pour le plaisir que l’anonymat procure…

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                    • Répondu le 10 novembre 2024 à  11:40 :

                      Parce qu’il faut être précis. Jamais approximatif. Sinon, c’est la porte ouverte au grand n’importe quoi.

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                      • Répondu le 10 novembre 2024 à  23:09 :

                        En l’occurence la question de savoir si Dany est humoristique, semi-réaliste ou réaliste ne soulève aucun débat particulier et ne nécessitait pas ces joutes verbales insignifiantes. Dany, qui était un pilier du journal de Tintin, a voulu par cet album rendre un hommage à Spirou et au style Franquin.

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  • Cette BD va devenir iconique comme "Tintin au pays des Soviets", impossible à trouver dans les années 50-80, à l’époque du communisme triomphant et de sa censure. Chaque époque à ses contrôleurs de la pensée conforme. Cela passera quand une autre "doxa" (peut-être religieuse ou nationaliste ?) imposera sa censure nouvelle. Je sais, je ne suis pas un optimiste béat, mais je suis réaliste quant à la nature humaine ...

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  • DIDIER PASAMONIK : Les éditions Dupuis cancellent… Spirou !
    5 novembre 2024 07:10, par Sergent Mazout

    Je tente un hors-sujet, pardon.
    Le personnage de Kay Mac Cloud existait déjà avant cette aventure de Spirou. Il remonte à l’éphémère série publiée dans Achille Talon magazine "Joe Nuage et Kay Mac Cloud" avec des scénarios de Greg. Un album a suivi édité par Dargaud. Comment ce personnage a-t-il pu se retrouver chez Dupuis ?

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  • On est tout de meme dans un cas particulier du fait que Spirou appartient à son éditeur. Peut-être y a il d autre cas dans le monde des comics ou de Disney (y a t il eu des episodes de Donald ou Picsou retirés ?

    La serie "Spirou par" est méga bancale depuis le depart entre permettre à des auteurs de s y confronter ou bien ouvrir un vivier de repreneurs. Dans les faits, on se retrouve avec des histoires assez mineures parfois, le Spirou de Bravo qui est sorti de la collection et plusieurs Spirou scenarisé par Yann.
    Y a pas de ligne editoriale, certes, mais y a t-il pas un cahier des charges protegeant un minimum le personnage ? Et quand bien même, ne peut-on pas imaginer que Yann ait voulu pousser tous les potards à fond ? Car au final on se retrouve bien avec une histoire actuelle qui pose problème sur le traitement des femmes, des militants, des membres de l’USS Obama, de Champignac, ... C est tout de meme une grenade dégoupillée en 2023 ! Dupuis aurait pu désamorcer le truc mais ça a peté à la figure de l’editeur un an plus tard.
    Du coup, comment sortir cet album de la collection "Spirou" afin de préserver la licence qui se veut jeune et moderne sinon qu’en le retirant violemment du catalogue global, en tant que propriétaire de la licence ? Il s y sont résolus, sorry pour Dany et Yann.
    Mais sorry surtout pour la licence Spirou et son personnage qui se retrouvent prisonniers de discussions entre anciens bédéphiles et évolution positive de la société.

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  • Ce qui me désole le plus dans cette histoire, c’est que Dany est cloué au pilori pour cet album en oubliant la magnifique carrière et ses personnages fabuleux dans Olivier Rameau. Lisez l’histoire courte qu’il a dessinée et imaginée "Une poupée pour Leïla", parue dans un numéro du Journal Tintin et dans une des intégrales d’Olivier Rameau : c’est une merveille d’humanisme et d’antiracisme.

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  • Ceux qui qualifient la représentation des noirs en singes n’ont sans doute jamais vu de singes...
    Je ne comprends pas pourquoi le jeux de mots sur les noirs est mal vu puisque c’est un noir qui le dit. Or quand les stand upeurs noirs font des blagues sur les noirs, ça passe... Et personne ne va chercher si c’est un blanc qui a écrit leur spectacle !
    Pff, mettre du gay juste pour en mettre, c’est nul !
    Et pour défendre l’image de la femme, il vaudrait déja mieux commencer par arrêter de mettre en avant des vraies femmes influenceuses qui ont l’air de dire que la vie d’une femme consiste à se maquiller et à faire du shopping plutot que de s’attaquer à des dessinateurs de personnages...

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