Astérix et le Combat des chefs sur Netflix : Alain Chabat réussit-il son pari ?

Par Kelian NGUYEN Favori de la rédaction 24 avril 2025 
En cette fin avril, Netflix dévoile la très attendue série d’animation adaptée d’Astérix et le combat des chefs avec Alain Chabat à la réalisation. Celui qui, selon l'avis de beaucoup, est le plus digne repreneur de l'univers de Goscinny, notamment grâce à son adaptation en prise de vue réelle d’Astérix Mission Cléopâtre, prouve une fois de plus qu’il a compris et intégré l’univers et l'humour de nos irréductibles Gaulois.

Passage à l’animation pour Alain Chabat et à la série d’épisodes courts pour Astérix. Netflix produit et diffuse sur sa plateforme à partir du 30 avril 2025 une mini-série de cinq épisodes, chacun d’une trentaine de minutes adaptés de l’album, le Combat des chefs. Si le premier épisode est plutôt une adaptation de Comment Obélix est tombé dans la potion étant petit ?, les quatre autres suivent la trame de la septième aventure d’Astérix et Obélix sortie en 1966.

Tout en restant fidèle à l’intrigue d’origine, la série innove et prend des chemins de traverses inédits. Notamment la travail de féminisation des personnages secondaires. Dans les années 1960, très peu de femmes étaient présente dans les BD. Goscinny en donna l’explication à Bernard Pivot dans Lire en 1976 : « Il existe une commission de surveillance de la presse des jeunes, loi de 1949, qui est la seule censure officielle en France. » Une loi qui lui permet le manque de personnage féminin dans la BD. « Au départ, ils étaient terribles, le mélange des sexes dans la bande dessinée étant très mal vu. Les éditeurs en général très bien pensants, refusaient les filles un peu décolletées, les personnages qui commençaient à faire du gringe aux filles. Alors, on s’est habitué à ne pas mettre de femmes dans nos histoires, du moins très peu, mais c’est une chose que la censure nous a imposée. »

Ainsi, la très connue Falbala qui fait fondre le cœur d’Obélix n’apparaît que dans Astérix Légionnaire sorti en 1967, soit un an après le Combat des Chefs. Contrairement à cette époque, la série animée ne fait pas apparaître Falbala de manière anecdotique et d’autres femmes apparaissent qui ont un rôle dans le scénario. À commencer par le cerveau des opérations romaines, Metadata interprété par Anais Demoustier. Une visibilité bienvenue pour moderniser et équilibrer la série mais qui ouvre aussi la porte à certaines répliques parfois lourdes.

Alain Chabat, Benoît Oullion, Pierre-Alain Bloch et leurs équipes font se succéder les gags, les blagues à double vitesse, les références à la BD et même aux anciens films du réalisateur. On retrouve, par exemple, un caméo subtil de Tanino Liberatore en caricaturiste. En 2002, dans le Astérix Mission Cléopâtre du même Alain Chabat, il était intervenu dans le dessin les robes de la reine Cléopâtre interprétée par Monica Bellucci.

Côté animation, le studio TAT Production a opté pour de la semi-animation et de la 2D et demie, notamment pour les décors. Une habileté technique du studio français qui répond ici à une contrainte économique. Le résultat donne des effets semblables aux films du Spiderverse tout en se rapprochant de scènes emblématiques, plus figées, des cases de BD.

Rodolphe Guenoden, pointure de l’animation qui a travaillé sur le storyboard sur la série nous confie. « J’ai pris beaucoup de plaisir à travailler sur Astérix. Alain Chabat et les autres auteurs étaient là à chaque section de travail. C’était tellement léger que je n’avais pas l’impression de travailler. » Fort d’une carrière prestigieuse qui le voit passer des anciens studios Idéfix à Dreamworks, cette expérience lui reste comme l’une des plus singulières de sa vie : « Je peux dire maintenant que j’ai travaillé avec Spielberg et Chabat, c’est pas mal quand même ! » Avec une forme de retour aux sources : il avait commencé sa carrière comme intervaliste sur le film d’animation Astérix et le Coup du menhir lui aussi inspiré par le Combat des chefs.

Astérix et le Combat des chefs en dépit de son format particulier répond à sa mission de comédie familiale, en se plaçant à hauteur de ces classiques. L’adaptation soignée et moderne devrait, comme les précédentes adaptations du héros au casque à ailettes, satisfaire aussi bien un public de connaisseurs que de néophytes.

En parallèle, Netflix a annoncé l’intégration dans son catalogue du film Astérix Mission Cléopâtre d’Alain Chabat, disponible en streaming depuis le week-end de Pâques. Les éditions Albert-René quant à elles ne laissent pas passer ce moment privilégié : leur traditionnelle édition collector commentée des albums de la série, s’intéresse, cette année, bien évidemment au septième tome des aventures des Irréductibles aujourd’hui mis en lumière.

Par Kelian NGUYEN

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Code EAN : 9782017322290
Asterix Editions Albert-René ✍ René Goscinny ✏️ Albert Uderzo tout public Humour France
 
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7 Messages :
  • Avec Alain Chabat on était sûr que la qualité serait au rendez-vous. Pourquoi ne pas adapter TOUS les albums en séries maintenant et par Chabat ? Et de plus ça éviterait les (mauvaises) adaptations en live. Dans l’album il y a une référence au Marsupilami. Chabat a-t-il gardé cette référence d’autant plus qu’il a aussi adapté Le Marsupilami ?

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    • Répondu par Arjunababo le 25 avril 2025 à  08:15 :

      "Pourquoi ne pas adapter TOUS les albums en séries maintenant et par Chabat ?" : Mais foutez la paix aux gens, laissez-les faire ce qu’ils veulent, on n’est pas obligés de se manger des adaptations d’albums qui ont 50-60 ans chaque semaine... Chabat a autre chose à foutre que de consacrer toute sa carrière à ça en plus...

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      • Répondu le 29 avril 2025 à  18:55 :

        C’est surtout que je ne sais pas vous, mais moi Asterix, j’en peux plus. Tout le monde encense Chabat parce qu’il a beaucoup de talent, certes, mais son Asterix et Cléopatre est seulement le moins mauvais de tous les films Asterix en prise de vie réelle ; mais ce n’est en rien un bon film, et Christian Clavier reste une erreur de casting épouvantable dans le rôle d’Astérix. De plus, tous les emprunts à l’humour "Canal +" n’avaient strictement rien à voir avec l’esprit de Goscinny. Effectivement, je pense que Chabat ferait mieux de faire autre chose que de revenir toujours à des adaptations BD. Surtout celle-là.

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  • L’édition luxe 2025 du Combat des chefs (6000 exemplaires) est une 2ème édition. La 1ère édition (4000 exemplaires), vite épuisée, est sortie en 2019.

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    • Répondu par Gina Vanilla le 25 avril 2025 à  19:52 :

      C’est tant mieux si c’est réimprimé, marre des prix abusifs sur ebay, amazon ou autres !

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  • J’ai trouvé la série très réussie au niveau technique et esthétique (très jolies couleurs, notamment) mais hélas elle souffre de beaucoup de longueurs et elle est vraiment indigeste… Beaucoup d’emprunts à Tim Burton (notamment le rythme et la musique), à Nick Park (le luna Park…), des dialogues et des personnages très inspirés des dessins animés récents de chez Disney et Dreamworks… Tout cela aux dépens de l’esprit de Goscinny… et du scénario. Cela se regarde sans déplaisir mais cela reste assez décevant.

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    • Répondu par Flora le 2 mai 2025 à  09:28 :

      Rholala, toujours la cohorte des peine-à-jouir, qui ne savent pas prendre une réussite pour ce qu’elle est : un très bon moment.

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