Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Pas mal
24 avril 2025
En perte de repères, Antonio Ventimila provoque un accident de voiture. Si l’idée de mettre fin à ses jours lui a traversé l’esprit, il rate son coup et atterrit dans un hôpital à Turin. Il y rencontre un auteur à succès qui l’engage dans un travail d’enquête sur toutes les évocations du diable dans la ville du nord de l’Italie, réputée pour sa dimension ésotérique. Dans cette quête à la Da Vinci Code inversée, Antonio Ventimila rencontre l’amour et est embarqué dans d’occultes tractations.
Dans cette aventure de 400 pages, Alexis Bacci se conforte dans ce qu’il sait faire. L’auteur dévoile ici un récit grandement inspiré de son histoire personnelle, du destin tragique de son père et de sa relation avec lui. Il mixe même dessin et photos dans certaines séquences viscérales.
L’intrigue puise aussi dans ses rencontres et ses lectures. De l’alchimie à l’art égyptien antique, en passant par Rodin et bien sûr Turin, Alexis Bacci fait de Possessions un polar fantastique, en oscillant en permanence entre réalité et magie.
Les scènes d’action, de voyage, de réflexion se succèdent dans un dessin rond et coloré, caractéristique de l’artiste. « J’ai eu une liberté totale pour faire du Bacci pur. » nous confie-t-il.
Possessions, c’est une lecture hybride, tout comme son dessin, entre animation, manga, bande dessinée européenne et underground américaine. Mais c’est aussi un parcours aux antipodes d’un destin linéaire. « Moebius parlait d’écriture automatique dans la BD, avec Possessions il y a quelque chose de cela. » Il y a d’un côté l’intrigue sombre de complots politiques mélangeant magie et mafia, qui passe au second plan par rapport à l’autre mission de l’album : la nécessité d’un récit cathartique sur la mort tragique du père, mixée aux angoisses de l’auteur face au monde actuel. « À un moment, j’ai été possédé par l’histoire, les scènes venaient et s’intégraient à l’album d’elles-mêmes. »
Possessions, c’est un O.V.N.I. qui, avec sa couverture jaune flashy, devrait marquer les esprits en librairie. Toutefois, cette lecture exigeante n’est pas à mettre entre toutes les mains. Les mélanges de genres et d’intrigues n’en font pas une lecture, à première vue, grand public. Mais plutôt un album qui demande que l’on s’y attarde pour en décortiquer toutes les ficelles.
Par Kelian NGUYEN
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Possessions - Par Alexis Bacci - Ed. Glénat
400 pages
couverture souple
papier fin
29 €