Pourquoi la Lusitanie, le Portugal ? « Parce qu’Astérix et Obélix n’y étaient jamais allés, répond le scénariste Fabcaro. Et en plus, j’avais envie de... Je ne sais pas... d’un album lumineux avec de l’eau, du soleil, des couleurs, des lumières. J’avais envie de partir en vacances en scénarisant cette histoire ! »
L’ambassadeur, astérixophile avéré, était ravi que le Gaulois fasse parler de son pays de façon positive même si – Anne Goscinny ne manqua pas de le rappeler en citant son père- Astérix n’était « ni un guide de voyage, ni un dépliant touristique… » Ce qui n’empêcha pas son excellence de comparer ce qui réunit le Portugal et la France : « Le patriotisme, le sens de l’humour, l’esprit de résistance, la gourmandise, l’amour du verbe et des chansons, et celui des voyages, des découvertes… » Farpaitement, par Toutatis !
Il nous apprend aussi que l’on compte deux millions de Portugais en France, une population qui devrait mener les ventes d’Astérix vers de nouveaux records ! Isabelle Magnac, directrice générale d’Hachette, a le sourire qui s’allonge et les yeux de l’Oncle Picsou !
C’est un Portugais (dont on ne connaissait alors pas le nom) aperçu dans un précédent album, Le Domaine des Dieux, qui fait le lien avec la nouveauté et qui raconte à nos héros au début de l’histoire que le Vercingétorix portugais s’appelle Viriato et qu’il a été trahi par trois des siens envoyés à Rome et revenus pour l’assassiner. Ils ont été mal récompensés de leur traîtrise puisque les Romains ont fini par les exécuter de même. D’où la fameuse mélancolie portugaise, « entre la fierté d’avoir résisté et la tristesse d’une trahison des nôtres ! », la Saudade, que le dessinateur Didier Conrad qualifie, quand il en est au troisième Vinho do Porto, de « désespoir amusé ». Le « méchant » de l’album, il y en a toujours un, a un nom « bien portugais » : il s’appelle Pirespès, joli jeu de mot digne de la série !
Pour la documentation, Didier Conrad qui avait été une fois au Portugal et qui, habitant le Texas, n’avait pas l’intention de s’y rendre autrement que par l’Internet (« Trop loin ! » dit-il). Il se souvient qu’il pleuvait, que les paysages étaient très verts, qu’il y faisait humide « comme au Texas » et qu’il y avait des palmiers. « Interdiction de dessiner des palmiers !, lui dit son éditeur Céleste Surugue, Ils n’existaient pas à l’époque ! » Surugue et Fabcaro, eux, se sont rendus au Portugal, « une fois que le scénario était à moitié écrit », pour rajouter des éléments auxquels ils n’auraient pas pensé…
Cela donne un album que les ayants droit, Anne Goscinny et Sylvie Uderzo, déclarent comme « un des meilleurs depuis la reprise par Conrad ». On veut bien les croire, mais on n’a pour l’heure encore rien lu. Quelques privilégiés, dont ActuaBD, pourront le lire à l’avance dans les jours qui viennent. Mais la chronique ne pourra sortir que le 23 octobre 2025 : Embargo, forbidden, verboten ! Le contrevenant sera attaché pour la nuit au chêne du village gaulois. Et le Parc Astérix, la nuit, au mois d’octobre, franchement, on ne préfère pas…
Par Didier PASAMONIK
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