Après 35 années de bons et loyaux services, François Froideval persévère en nous distillant des abîmes démoniaques avec toujours autant de magie, de charme et de dynamisme. Avec ce nouveau titre, le 22ᵉ au compteur, intitulé « La Forteresse d’opale » : le scénariste se concentre sur l’Empereur Wismerhill, qui, secondé par Methraton, poursuit sa quête d’extinction des démons.
Les Archimages au service de Methraton se regroupent au Conseil afin de mettre tout en œuvre pour protéger leurs fortifications des hordes démoniaques. Les démons, quant à eux, une fois vaincus, se retrouvent soit tués, soit emprisonnés, selon le bon vouloir du mage ultime.
Par ailleurs, Wismerhill projette la construction d’une forteresse de chair, une garde prétorienne d’opale, composée des plus valeureuses guerrières venues de lointaines contrées de l’Empire afin de faire face à toute éventualité malveillante de la part des forces démoniaques. Dans un but de suprématie ultime, l’Empereur place d’ailleurs toute sa confiance en cette armée de guerrières constituant « La Forteresse d’opale » infranchissable. En gage de bonne foi, l’Empereur Wismerhill Ier leur garantit même une île fortifiée pour elles et leur famille ainsi qu’une gemme au rang d’opale, titre ultime.
Dans un même temps, non satisfait de l’accoutrement de ses fidèles sujets, il exige de la part des meilleurs couturiers de concevoir un nouveau code vestimentaire. Tandis que son double, enchaîné et torturé par des myriades de démons, souffrant mille tortures aussi variées que douloureuses, voit son voyage le mener au-delà du corridor des damnés, où se trouve, à son grand étonnement, sa mère en personne, qui règne sur les cieux des Enfers lorsque son mari est absent.
La touche graphique de Fabrice Angleraud, à l’œuvre sur la saga depuis le tome 15, dévoile une fois encore la quintessence de son art. Des faciès incontournables, aux traits volontairement hideux ou, tout au contraire, sublimés par la colorisation de Matthieu Loublié. L’une des forces majeures du dessinateur, d’ailleurs, est de mettre en relief une foule de détails calibrés au millimètre, avec une précision chirurgicale des portraits des nombreux protagonistes.
Et que dire de la splendeur du graphisme dans la restitution des costumes et des décors, minutieux et lumineux, d’espaces vastes et aérés qui ajoutent à l’émerveillement. On remarque d’ailleurs que les personnages, nuancés dans leur expression et leur comportement, sont touchants par leur évolution même, et ce en dépit de la rudesse et de la froideur du climat austère.
Au-delà de l’aspect technique de haute voltige ainsi que d’une luminosité flamboyante, nous retiendrons également l’excellent découpage stylé qui nous offre une variété de planches tout à fait alléchantes.
Un album se déroulant loin des champs de bataille, qui laisse présager une éventuelle tempête qui risque de faire énormément de bruit.
Par Marc VANDERMEER
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Les Chroniques de la lune noire T.22 : La Forteresse d’opale. Scénario : François Froideval. Dessin : Fabrice Angleraud. Editeur : Dargaud. 48 pages. Sortie : le 22 novembre 2024. Prix : 17,50 euros.
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