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À Angoulême, Claire Bretécher a enfin droit de Cité !

Par Akira OIKAWA 23 mai 2025 
La grande dessinatrice française, première femme à obtenir un Prix (un Prix spécial...) au Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême a enfin droit à une exposition rétrospective à la Cité de la BD, cornaquée par Anne-Hélène Hoog et Michel Lieuré. Dans la foulée, Dargaud publie une imposante monographie qui permet de découvrir l'artiste derrière les séries biens connues. Lorsque la commissaire d'exposition Anne-Hélène Hoog décrit Claire Bretécher, elle en parle comme « une femme qui voulait faire les choses comme elle voulait les faire ». La personnalité forte et déterminée, l'humour acide, et le trait virtuose ont caractérisé cette dessinatrice exceptionnelle.
À Angoulême, Claire Bretécher a enfin droit de Cité !
Projet de couverture pour Agrippine .
Photo : Akira Oikawa

Jusqu’au 8 mars 2026, la Cité de la BD d’Angoulême accueille dans ses murs une exposition sur Claire Bretécher. Dans une galerie adjacente aux Trésors du musée, plus de 200 œuvres de l’artiste sont présentées. Des planches originales, des peintures, des couvertures de numéros, des esquisses, des doculets de travail... Tout y est ! Les visiteurs peuvent déambuler et admirer les travaux de l’artiste, de ses débuts avec Des Navets dans le cosmos à Agrippine en passant par ses légendaires Frustrés.

Première femme à avoir rejoint le magazine Pilote, première autrice à se lancer dans l’auto-édition, première à attirer un lectorat féminin adulte vers la bande dessinée, Claire Bretécher a des états de service et un beau palmarès ! Déclarée par Roland Barthes comme « la meilleure sociologue de l’année 1976 », Claire Bretécher, décédée en 2020, porte un regard qui souligne les contradictions de la société de son époque. Un regard éminemment féministe, entier, et à l’humour mordant.

La commissaire Anne-Hélène Hoog présente fièrement l’exposition devant le portrait de Bretécher !
Photo : Akira Oikawa
Qui sait combien d’idées ont surgi de ces carnets de travail de Bretécher ?
Photo : Akira Oikawa
Michel Lieuré, co-commissaire de l’exposition, a été longtemps l’agent de Claire Bretécher
Photo : D. Pasamonik

Au fur et à mesure de son évolution, Bretécher dessine « de moins en moins de décors, et de plus en plus de texte, de choses à dire » constate Anne-Hélène Hoog.

L’autrice ne manquait pas de faire remarquer avec humour que toute femme naturellement égoïste et ayant le moindre amoour propre était, par définition, féministe. Brève cofondatrice de L’Écho des savanes, magazine disruptif par excellence, elle n’hésite pas à traiter de sujets sensibles : religion, sexualité, suicide... Les planches des Frustrés ou d’Agrippine sont terriblement d’actualité, et mettent en relief des problèmes sociétaux qui sont encore loins d’être résolus.

Cette exposition rend ainsi hommage à un monument de la bande dessinée, une autrice engagée et charismatique, dont les dessins, les histoires et l’humour ont fait rire, et questionné et méritent l’hommage qui lui est rendu aujourd’hui. L’exposition peut être visitée à Angoulême jusqu’au 8 mars de l’année prochaine ! C’est un incontournable.

Une planche d’Agrippine, une héroïne qui savait remettre les Frustrés à leur place....
Photo : Akira Oikawa - © Dargaud
Cette exposition exceptionnelle accueillera des visiteurs jusqu’au 8 mars 2026 !
Photo : Akira Oikawa
"L’Art de Bretécher", une monographie qui offre une chronologie de l’œuvre de Claire Bretécher, de ses dessins d’enfance aux derniers dessins d’Agrippine et à ses peintures, en passant par les différentes séries de bande dessinée qu’elle a publiées dans les journaux de la fin des années 1960 aux années 2010 sort ces jours-ci aux Editions Dargaud, mais rien ne vaut le plaisir d’avoir le nez sur les originaux !

Par Akira OIKAWA

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN : 9782505121251

Pour plus d’informations, vous pouvez vous procurer L’Art de Bretécher, par Claire Bretécher, publié aux éditions Dargaud, disponible depuis le 25 avril 2025.

Dargaud ✏️ Claire Bretécher tout public
 
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6 Messages :
  • À Angoulême, Claire Bretécher a enfin droit de Cité !
    23 mai 2025 12:22, par Richard (Teljem)

    Bretécher ça a malheureusement beaucoup vieilli, comme Gotlib ou Edika, c’est difficile à lire aujourd’hui et rarement drôle, là où ça faisait mouche à l’époque. Et c’est bien triste de ne pas retrouver dans nos relectures le plaisir qui était le nôtre il n’y a pas si longtemps (enfin si, ça date un peu, mais on préfère ne pas se voir vieillir).

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    • Répondu par brio le 23 mai 2025 à  20:13 :

      Hein ? Pourquoi ce serait plus difficile à lire aujourd’hui ? Vous avez perdu 4 dixièmes à chaque œil ? Vos compétences cognitives ont baissé avec le temps ? Bretécher ne vous fait plus rire ? Gotlib n’est plus le patron ? Edika ne vous clarque plus les gaybeuls ? C’est fou.

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    • Répondu le 23 mai 2025 à  21:44 :

      Pas d’accord du tout. Et c’est précisément une des forces du travail de cette immense artiste : elle résiste au temps qui passe

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      • Répondu le 24 mai 2025 à  11:06 :

        Ce sont des classiques désormais. Ils résistent très bien au temps qui passe, même si leurs oeuvres, comme celles de tous les artistes, témoignent de leur époque.

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      • Répondu le 24 mai 2025 à  12:50 :

        Les avez-vous réellement relu récemment ?

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        • Répondu le 24 mai 2025 à  21:47 :

          J’ai 56 ans et je relis Gotlib et Brétecher très souvent. Mon fils, dès 10 ans, est passé de Goscinny qu’il adore (surtout Lucky Luke) à Gotlib et les relit sans arrêt. Récemment, je lui ai fait découvrir les Monty Python, quelle rigolade. L’humour absurde est indémodable, car il soulève des questions existentielles qui touchent toutes les générations. Brétecher, elle, décrivait en grande partie son époque (un peu comme Jannin avec Germain et Nous le fit un peu plus tard), donc évidemment, ses planches sont moins intemporelles. Mais la finesse de son humour et la beauté de son dessin n’ont pas vieilli. Et puis l’époque décrite, la révolution culturelle des années 60-70-80 est encore tellement présente dans l’inconscient collectif que les nouvelles générations peuvent largement trouver à s’y intéresser. Evidemment si vous chercher à faire savoir que Brétecher, Gotlib, Reiser, Edika ou même Villemin ou Margerin ne vendent plus beaucoup d’albums chaque année, tout le monde est déjà au courant. Mais l’importance d’une oeuvre ne se mesure pas au nombre d’exemplaires vendus.

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