Sergio Leone, la Révolution du western – Par Amazing Améziane – Ed. du Rocher

Par Dominique ERNST 23 avril 2025 
Voici un roman graphique qui ressemble à un film, avec en ouverture un presque-générique et des images genre cinémascope, pour cet ouvrage de 190 pages que l’inclassable Amazing Améziane consacre au mythique réalisateur de cinéma Sergio Leone. Mélangeant les styles graphiques, l’auteur détaille avec passion et érudition le parcours de ce grand cinéaste italien, dont l’œuvre a influencé nombre de créateurs, dont quelques artistes majeurs du 7ᵉ art.

Amazing Améziane a inventé son propre style de roman graphique, une sorte de cinéma de papier où bande dessinée, textes illustrés, dessins pleine page, en noir & blanc ou en couleurs, se mélangent pour raconter avec enthousiasme et parti-pris les parcours de grands cinéastes comme Martin Scorsese, Quentin Tarantino ou Francis Ford Coppola, quand il ne touche pas à d’autres domaines (Angela Davis, 1984 de George Orwell, Le Comte de Monte-Cristo, etc.).

Sergio Leone, la Révolution du western – Par Amazing Améziane – Ed. du Rocher
Sergio Leone la révolution du western
Editions du Rocher

Dans son dernier opus, cet auteur inventif rend hommage à Sergio Leone, le maître du western spaghetti et l’auteur d’Il était une fois dans l’Ouest, chef-d’œuvre du 9ème art qui a influencé nombre de cinéastes et d’auteurs de bande dessinée (Giraud, Swolfs, etc.). Avec son style unique, à la fois cinématographique et inspiré des comics, Améziane déroule la vie de Leone, né en 1921 dans une Italie fasciste, fils d’un cinéaste reconnu et d’une actrice. Débrouillard et déterminé, le jeune homme, bientôt étudiant en droit, devient en 1946 assistant-réalisateur de Vittorio De Sica sur un film mythique, Le Voleur de bicyclette. Commence alors pour lui une carrière féconde d’assistant-réalisateur sur les nombreux péplums (Ben-Hur, Le Colosse de Rhode, etc.) que les Américains tournent dans les studios de Cinecittà, à Rome.

Sergio Leone la révolution du western
Editions du Rocher

En 1964, devenu réalisateur, Sergio Leone entame sa trilogie du Dollar (Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus, Le Bon, la Brute et le Truand), qui le rendra célèbre, tout comme son acteur fétiche, Clint Eastwood. En 1968, il tourne Il était une fois dans l’Ouest, son chef-d’œuvre, qui raconte la fin d’une grande époque, la conquête de l’Ouest, avec notamment Charles Bronson et Henry Fonda. Cette trilogie du temps se poursuivra avec Il était une fois la Révolution (1971), puis Il était une fois en Amérique (1984). Fourmillant de détails et d’informations sur la vie et la carrière de Leone, cet album dresse un portrait passionnant d’un cinéaste de légende mort en 1989 et donne au lecteur une irrépressible envie de revoir le mythique Il était une fois dans l’Ouest, dont l’actrice principale, Claudia Cardinale, a inspiré Jean Giraud pour la couverture de l’album Chihuahua Pearl, premier tome d’un des sommets de la série Blueberry, le cycle du Trésor des Confédérés.

Sergio Leone la révolution du western
Editions du Rocher

Dans son ouvrage, Amazing Améziane évoque aussi la relation unique entre Ennio Morricone et Sergio Leone, qui a rendu célèbre le musicien. Leone considérait Morricone comme un co-scénariste et enregistrait les musiques du maestro avant de tourner ses films, afin de les utiliser pour les prises de vue, et notamment pour ses célèbres duels, un procédé unique, très apprécié des acteurs. Pour vanter le travail de Sergio Leone, Améziane n’hésite pas dans son album à convoquer les doubles de papier de Tarantino, Spielberg ou Sam Peckinpah. Avec humour et mauvaise foi, il s’adresse même au lecteur, proclamant : « Le monde se divise en deux, mon ami : ceux qui aiment Sergio Leone et ceux qui ne connaissent rien au cinéma ! »

Sergio Leone la révolution du western
Editions du Rocher

Amazing Améziane a réalisé 26 livres en 21 ans, dans tous les genres : SF, polar, humour, histoire, biographies, adaptations littéraires, artbook. Ses albums, au style très moderne et à la mise en page novatrice, ont été traduits dans une quinzaine de pays.

Par Dominique ERNST

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Code EAN : 9782268110479
Editions du Rocher ✏️ Amazing Ameziane Biopic Cinéma Rome
 
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7 Messages :
  • Gir, Claudi(ne)a et un dentifirice
    24 avril 2025 11:30, par Erik A

    Alors selon mes sources, Jean a dessiné comme souvent pour ses couvertures d’après une photo et a repris une pub Ultra Brite parue en juin 72 dans Pilote, justement. (il existe deux versions de la pub d’ailleurs, avec deux visages différents mais c’est la même pose de face) et le visage de Chihuahua est en réalité bien plus proche de Claudine (Giraud) que de Claudia (Cardinale) au final...
    Sergio Leone et son apport à l’univers Giraud commence en 68 essentiellement comme on le voit au fil des planches de "la mine“, mais sans doute pas pour cette couverture mythique.

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    • Répondu le 24 avril 2025 à  14:31 :

      Oui et Swolfs est beaucoup plus influencé par Sergio Corbucci que par Sergio Leone. Le personnage de Durango provient directement du rôle du pistolero muet interprété par Jean-Louis Trintignant dans Le Grand Silence de Corbucci (1968).

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    • Répondu par Capitaine Kérosène le 25 avril 2025 à  02:28 :

      On a pu voir la pub Ultra Brite partout et pendant plusieurs mois. Donc, pas seulement dans un numéro de Pilote. Il y avait même des pubs à la télé.

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  • Ces bandes dessinées pas dessinées mais décalquant des photos me font toujours penser, pour le pire, à Télé Junior, où les photogrammes de feuilletons étaient décalqués de la même façon et sans plus de talent, pour faire de pseudo bandes dessinées d’Amicalement vôtre ou des Mystères de l’Ouest.

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    • Répondu le 25 avril 2025 à  13:06 :

      Dans Téléjunior, les BD d’Amicalement Vôtre et des Mystères de L’Ouest étaient la continuation d’histoires parues précédemment dans Pif Gadget. Elles n’étaient pas décalquées mais dessinées par deux grands dessinateurs réalistes : Rafaele Marcello et Gérald Forton. Pour information, tous les grands dessinateurs réalistes utilisent de la documentation. Ça ne veut pas dire qu’ils décalquent bêtement.

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    • Répondu par Ah ? le 26 avril 2025 à  11:24 :

      Désolé de vous apprendre que le décalquage n’est pas un problème en dessin ou même en peinture.
      C’est une technique pratiqué depuis la renaissance au moins par bon nombre d’artistes majeurs.
      Et c’est aussi le cas en bande dessinée.
      Certes, ici le résultat n’est pas fameux (et encore, c’est discutable), mais le décalquage comme technique n’y est pour rien.

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      • Répondu le 26 avril 2025 à  21:26 :

        Disons qu’il y a décalquage et décalquage. Il faut savoir redessiner même si on "décalque" les proportions. Mais dans cet album, les parties reproduites au calque concernent seulement les reprises directes des extraits de scènes des films, ce qui est en soit logique.

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