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Bon
19 août 2024
La propagande y est alors omniprésente mais ne saurait masquer l’extrême pauvreté dans laquelle vivent les habitants. On doit se battre pour manger à sa faim et recevoir des soins. À l’école, on chante à pleins poumons La Bayamesa et on commence par apprendre à épeler « F-I-D-E-L »... mais les murs ont des oreilles, certaines passions sont suspectes et les jeunes filles sourient tristement dans leur robe de Quinces. [1]
Alors, quand en 1980, Castro décide d’expulser la « vermine » de son pays, à savoir tout qui dérange peu ou prou l’ordre établi : militants, artistes, homosexuels, prisonniers politiques mais aussi vrais criminels ; la famille Rodriguez a fait son choix.
C’est ce que l’on nommera plus tard l’« exode de Mariel » : 125 000 Cubains quittent l’île dans des conditions difficiles, parqués dans des camps comme du bétail, hués et tabassés par la foule excitée.
Mais l’Éden américain sera-t-il à la hauteur de ses promesses ?
Célèbre pour ses illustrations politiques minimalistes, Edel Rodriguez retrace son histoire familiale dans une fresque tout en rouge, brun et vert. Les couleurs du sang, de la terre mais aussi de l’espoir. Les pages ont l’esthétique des affiches des régimes totalitaires, matinées d’une touche d’expressionnisme. Les corps se tordent et se déstructurent. Les femmes deviennent des mater dolorosa, leur fils dans leurs bras.
Un livre à la lecture parfois âpre mais qui laisse un arrière-goût de liberté et fait mesurer la chance de vivre au sein de démocraties, sans pour autant occulter les menaces qui planent sur elles, notamment en dressant un portrait sévère de l’Amérique trumpiste, plus que jamais d’actualité en cette période de campagne électorale.
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[1] La Fiesta de quince años est une fête traditionnelle cubaine. Elle célèbre les 15 ans d’une jeune fille, qui, pour l’occasion, revêt une robe de bal.
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