Lucky Luke T. 11 : un cow-boy sous pression – Par Jul & Achdé – Lucky Productions

Par Didier PASAMONIK Excellent 23 novembre 2024 
De Lucky Luke, on peut dire qu’il publie ses albums plus vite que son ombre. Pas toujours de la qualité de Goscinny et Morris depuis que ces deux génies ont quitté la scène. Mais, Business as Usual, il faut rentabiliser la marque et le formidable fonds des classiques. On peut postuler que si ces séries n’étaient pas poursuivies, leur caractère canonique auquel on revient avec un délice de gourmet aurait l’attractivité d’une langue morte. Et puis parfois, on tombe sur un volume qui nous semble réussi, voire aussi savoureux que les friandises d’antan. C’est le cas du dernier album de Jul et Achdé qui nous font découvrir les débuts de l’industrie de la bière aux USA. Une affaire allemande, Donnerwetter !

Lucky Luke s’humanise. Il est amené à consulter un médecin qui lui assène cette vérité : « Le jour où ce sera votre ombre qui tirera plus vite que vous, il ne faudra pas vous plaindre…  » Mais il est encore loin le jour où l’on mettra le cow-boy chanceux en bière !

Croit-on. Car en réalité, il est entré dans une ville d’immigrés allemands, l’une des plus importantes communautés des Etats-Unis : six millions d’âmes qui ont emmené avec eux croyances et coutumes, au point que le congrès envisagea de préférer l’idiome germanique à l’anglais pour la langue nationale du pays !

Or, New-Munchen est dans une indicible angoisse : une grève vient d’éclater dans les brasseries allemandes de Milwaukie, la capitale de la bière étasunienne. Et nos teutons recrutent Lucky Luke pour essayer d’arranger leurs affaires…

Lucky Luke en briseur de grève ? Vous n’y pensez pas ! Effectivement, et c’est tout ce qui fait le sel de cette histoire, très fine, très maligne, digne de la meilleure époque goscinnienne, d’autant que les Dalton sont recrutés pour remplacer les grévistes.

Achdé, séduit, est emporté par le mouvement et livre là un de ses meilleurs titres. Bravo l’équipe !

Par Didier PASAMONIK

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Code EAN : 9782884715089
Lucky Luke Lucky Comics ✍ Jul ✏️ Achdé
 
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7 Messages :
  • On conviendra volontiers qu’il faut produire de nouveaux albums pour faire vivre une série et un personnage désormais âgé de presque 80 ans, mais est-il permis de dire que cet album, comme les précédents depuis la reprise du dessin par Achdé, est très faible en regard des albums de Morris et Goscinny, ou de Morris seul ? Un album qu’on n’aura certainement pas envie de relire, alors que le propre de cette série est qu’on peut relire 20 fois les meilleurs albums avec toujours le même plaisir. Achdé fait tout ce qu’il peut mais reste bien loin de son modèle. Il était à la limite plus à l’aise sur sa série en solo Kid Lucky que sur les scénarios de Jul dont tous les gags tombent à plat, et qui ne fait aucun effort pour structurer son récit. Un seul exemple : il fait intervenir les Dalton sans leur donner aucune utilité dans l’histoire, qu’il boucle sans eux, puis semble s’apercevoir qu’ils sont toujours en liberté et bâcle littéralement les 3 dernières pages pour les renvoyer au pénitentier. Plus largement, il ne suffit pas de se documenter un peu sur Wikipedia, trouver un sujet un peu inédit (ici, les allemands au Far-West) pour en faire un bon scénario. (Cette remarque est d’ailleurs valable aussi pour le dernier Corto Maltese.) Blutch au moins l’année dernière avait réussi un Lucky Luke à la fois plus drôle, plus fidèle à l’esprit original, plus personnel et bien mieux dessiné. Mais peu importe, la sortie d’un Lucky Luke est toujours un petit événement : le communiqué de presse de cette année explique que Lucky Luke va pour la première être confronté à des ouvriers en grève dans une ville industrielle et tous les médias annonçant la parution de l’album ont répété cette information, à croire que personne ne se souvient que Goscinny avait déjà traité cette thématique dans L’Héritage de Ran-Tan-PLan, avec des chinois à la place des allemands, un scénario bien construit, un vrai rôle pour les Dalton, et infiniment plus de drôlerie et de finesse.

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    • Répondu le 26 novembre 2024 à  07:43 :

      À vouloir faire (sur)vivre ces séries classiques au-delà de leurs créateurs initiaux, les éditeurs altèrent, épuisent et souvent détruisent ce qui en faisait la valeur. Ils le savent. Les libraires le savent. Nous le savons.
      Lucky Luke ÉTAIT une formidable série.
      (et l’ironie du titre de ce nouveau volume est terrible)

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  • Je n’ ai pas lu le livre et je ne suis pas trop attiré, mais je dois reconnaître que la couverture est très chouette, dans un style minimaliste cher à Moris

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    • Répondu par Michel Dartay le 7 décembre 2024 à  22:03 :

      Album plutôt sympa de Jul sur Lucky, bourré de références à l’influence allemande sur les States. Dessin d"Achdé quasi-conforme à celui de Morris !

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      • Répondu le 8 décembre 2024 à  11:33 :

        Quasi-conforme ? Il faut vous offrir une paire de lunettes. Achdé imite le trait, mais il ne sait ni composer une image, ni composer une page, ni varier les plans, ni maîtriser le mouvement, la dynamique et même la narration avec le talent de Morris. Il n’a pas non plus son sens de l’épure, même s’il s’efforce de l’imiter. Quant aux scénarios de Jul, il sont à des kilomètres du travail rigoureux qu’effectuait Morris, et de son génie humoristique.

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        • Répondu le 8 décembre 2024 à  19:13 :

          Je voulais dire Goscinny évidemment, mais même les scénarios de Morris en solo étaient bien meilleurs que ceux de Jul.

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  • Si Morris avait repris Bécassine, Si Peyo avait repris les Pieds Nickelés, et si Franquin avait repris le sapeur Camembert, on n’aurait pas eu Lucky-Luke, les Schtroumpfs ou Gaston, et sans l’âge d’or de la BD franco-belge, notre génération n’aurait sans doute pas été biberonnée aux BD.

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