Bon
14 janvier 2025
Shiozawa poursuit sa quête du manga parfait, en contactant d’autres mangakas dont il a apprécié le travail. Pour réaliser ce projet, il est bien décidé à payer de sa poche.
Le profit et la popularité d’un manga au détriment de l’envie de l’auteur. C’est quelque chose qui était apparent au préalable et qui est encore plus affirmé avec l’histoire d’Iidabashi. Son passé dévoile une pression importante à cause de son œuvre, comme si elle était une commerciale qui devait vendre à tout prix.
L’enquête de popularité et les nombreuses réflexions de son éditeur sont celles d’un businessman en quête d’argent. L’expression artistique de l’artiste ne compte plus ici. On nous dresse le portrait d’un éditeur étant à l’opposé de Shiozawa. Effectivement, ce dernier est plus sensible à l’art et à la créativité plutôt qu’au profit.
Le sujet reste complexe, car pour vivre de son manga, il faut faire des concessions pour plaire et vendre. Ce qui est notamment évoqué à travers le vécu difficile de la mangaka.
Iidabashi et bien d’autres ont sacrifié leur passion et leur liberté de dessiner pour pouvoir être publié professionnellement.
Le visage de cette femme révèle une personne qui n’a plus d’étincelle dans les yeux et qui est résignée. C’est comme si elle avait été vidée de son essence pour pouvoir rester dans le milieu professionnel du manga et en vivre.
En dépit de cela, les histoires produites par Iidabashi demeurent très bonnes et elle est reconnaissante envers son éditeur qui l’a soutenu. Le tableau dressé pose néanmoins une ambiance déprimante.
L’intrigue continue d’explorer le quotidien des artistes, dont les faiblesses et la vulnérabilité sont frappantes. On pense à Kusakari en panne d’inspiration. Sa déprime est très bien illustrée par la mise en scène, notamment la séquence de la pluie et des fruits qui tombent par terre. Il y a également Chôsaku, qui est très impacté par sa discussion remplie de bienveillance avec son ex-femme.
Les éditeurs ont aussi un peu voix au chapitre, comme cette séquence où l’un d’entre eux est mort d’inquiétude, car il n’arrive plus à joindre son auteur.
On peut également citer Liliko, qui s’est affirmée depuis la dernière fois. Elle se bat pour Aoki et ce malgré leurs querelles passées. L’éditrice hausse même le ton pour le défendre, en frappant du poing sur la table. Un geste bien mis en avant dans une case. Ces différents exemples soulignent ainsi l’impact et la force des liens entre un mangaka et son éditeur.
Cependant, un des passages de ce deuxième tome est contestable. Il concerne le mangaka Nishioka, un vieil homme qui s’amuse à suivre une jeune femme qu’il trouve jolie. Le tout en tenant des propos inquiétants. Une scène très malaisante, dans laquelle le protagoniste lui signale gentiment que cela ne se fait pas. Pourtant ,suite à cet évènement, le héros dit : « Si vous avez bon cœur, cela se verra toujours dans vos œuvres » et après cela on voit Nishioka s’occuper de sa mère. C’est comme si on cherchait à adoucir l’image de cet homme. En effet, on a l’impression que Taiyô Matsumoto souhaite relativiser le comportement inapproprié de Nishioka en le rendant sympathique juste après.
La lecture de ce deuxième tome nous fait découvrir les liens qu’entretiennent les auteurs avec leurs éditeurs, en suivant leur évolution. Les réflexions sur l’industrie du manga et les difficultés rencontrées par les professionnels amènent des questionnements pertinents que l’on retrouve notamment dans la série Bakuman. La scène douteuse avec Nishioka était cependant dispensable.
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