Très bon
30 septembre 2024
Après quatre ans, Tsubasa sort de son coma pour la plus grande joie de ses parents. Sa sœur, elle, fait preuve d’un fort ressentiment à son égard sans qu’il ne connaisse la raison. En plus, lui qui pensait s’être débarrassé de son rêve, le revit tous les soirs en s’endormant. Quelque chose cloche et Tsubasa est déterminé à trouver la vérité.
Une ambiance particulièrement pesante se dessine autour du héros. Les planches font ressentir le malaise qu’il expérimente. Par exemple dans un des passages, sa grand-mère, au sourire forcé, est au premier plan avec un décor déformé à l’arrière, rendant la scène angoissante. Il ne faut pas oublier qu’elle a poussé son petit-fils dans le vide, parce qu’il cherchait des réponses dans le tome trois ! De quoi avoir peur et être suspicieux envers tout le monde, et tout ceci accentue le climat familial inquiétant. Une menace plane donc toujours sur Tsubasa, l’empêchant ainsi d’enquêter, entre les lettres de menaces reçues et ses réveils étranges. Il a du souci à se faire.
D’ailleurs, ce dernier élément fait de nouveau douter de la réalité de ce que vit Tsubasa ! Est-ce un autre rêve ou bien autre chose ? Ses endormissements et réveils brutaux dans son lit nous font nous poser des questions ! Une des pages met en scène la mère de Tsubasa de manière à la croire responsable des assoupissements soudain de son fils ; pourtant, ailleurs, d’autres éléments laisse croire que cet état est plutôt dû à une force étrange. En effet, l’envie de dormir de Tsubasa arrive toujours pile au moment où il est sur le point de réaliser quelque chose. Ce qui rend la culpabilité de sa mère peu probable, car elle ne peut pas anticiper tous les faits et gestes de son enfant avec tant de précisions.
Le personnage mystérieux de Sôta a enfin le droit à son moment de révélations. Au vu de toute la construction qui a été faite autour de lui, on se doutait de son rôle central pour l’intrigue. Cela va plus loin, car il est aussi le membre de la famille sur qui tout le monde se reposait, donc leur soutien principal. Vous savez, cette personne qui dit oui à tout et pense aux autres en priorité ? Le ton joyeux, présent au début de son flash-back, change radicalement en tournant la page sur laquelle Sôta sourit, car de l’autre côté se trouve le même dessin de lui sauf qu’il pleure. L’incident illustré ici est le moment clé de la cassure familiale. Une belle mise en scène où on peut voir les adultes de la famille, grisés face à Sôta anéanti. Nous n’avons pas encore fini d’entendre parler de lui !
Plusieurs détails et situations sont repris de façon différente cette fois. Parmi eux, on revoit Kenta qui avait été introduit auparavant comme étant un enfant que Kakeru connaissait. Là, ce garçon est avec Sôta, et non Kakeru, dans un schéma similaire. Autre chose, Tsubasa et son ami reprennent Shiori en filature comme c’était déjà arrivé dans le rêve en boucle. Les nombreux parallèles sont de précieux indices, entremêlés de façon à ce qu’ils soient plus difficiles à décortiquer.
Même si le lien de Sôta avec les Ichinose pouvait se deviner, son histoire et la façon d’amener l’injustice qu’il a subi en font quelqu’un de touchant. C’est déjà le tome 4, mais la lecture surprend encore et le dessin continue à nous régaler. Le puzzle est loin d’être complet, même si de nouvelles pièces se sont ajoutées notamment autour du personnages de Sôta. Il reste encore des secrets à percer à jour et surtout, il faut élucider l’énigme derrière la situation des Ichinose. Toujours aussi prenant à lire.
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