Sid Cooper, un premier opus qui a du piquant

Par Rémi BARNAULT Très bon 29 septembre 2025 
Sid Cooper s’impose comme la belle surprise de cette rentrée chez Glénat. Une première BD pour Pendragon… et quelle entrée en scène !

Dans la contrée de “Frangleterre” se déroule, depuis pas moins de 50 ans, une invasion à en faire suffoquer tout jardinier qui se respecte : d’imposantes ronces acérées qui gagnent chaque jour du terrain, détruisant tout sur leur passage. On appelle ça le “fléau”.

Sid Cooper, un premier opus qui a du piquant
© Glénat.

Mais le jeune Sid Cooper, protagoniste de l’histoire, a bien d’autres préoccupations. Il est profondément meurtri par la mort tragique de sa mère, avec qui il partageait un lien très fort. Tout juste arrivé à Berry Hill (une école aussi rétro qu’étrange, nichée dans un vieux château), Sid va faire la rencontre de personnages pour le moins atypiques. Des amitiés vont se tisser au rythme des murs détruits par les mauvaises herbes. Le jeune homme trouve du soutien, voire davantage, auprès d’un musicien au bras robotique nommé Malcolm, lui-même écorché par la vie.
L’histoire suit Sid, ses nombreux flashbacks, mais également un présentateur TV sur le déclin, aussi détestable qu’arrogant, du nom de Julian Strokes. Contraint de passer sur le terrain pour enquêter sur le phénomène du fléau, il espère y trouver un scoop.

Tel est le point de départ du premier opus du diptyque Sid Cooper. Pendragon nous embarque dans son univers finement ficelé et parsemé de dialogues aussi efficaces que percutants. À mesure que la tension s’accroît, une galerie de personnages aux destins croisés se dévoile, singuliers et hauts en couleurs, sans jamais tomber dans le burlesque.

© Glénat.

Diverses thématiques sont abordées, telles que le harcèlement et la santé mentale des jeunes, avec de fortes valeurs d’amitié et de solidarité. Le récit illustre l’influence de l’art sur l’être humain et son rôle libérateur. Quant à l’invasion des ronces, elle résonne comme une métaphore écologique, démontrant la capacité de la nature à reprendre ses droits tout en soulignant l’impassibilité de certains responsables politiques.
Les 225 pages se lisent étonnamment vite, preuve de la fluidité remarquable d’un récit captivant. Cependant, à certains moments, des phylactères proviennent de personnages situés en dehors des vignettes, ce qui peut légèrement dérouter.

Au niveau du dessin, l’artiste frappe fort, imprégné de multiples influences allant du comics au manga, en passant par la littérature classique et le courant punk. Loin d’être un gloubi-boulga, l’œuvre affiche un style affirmé et prenant. Le récit est porté par un trait d’une grande souplesse, des couleurs vives et une mise en page au top, qui par moment fracasse le gaufrier classique. Sporadiquement, Pendragon détourne même avec ingéniosité les codes graphiques de la BD, au service d’un humour qui rythme ce drame fantastique.

© Glénat.

Sid Cooper est une œuvre mature, touchante et pleine de potentiel, qui sait nous tenir en haleine jusqu’au bout. Indéniablement un des piliers de cette rentrée littéraire Glénat. On ne peut que saluer la performance de l’auteur – qui signe sa première BD – et prendre notre mal en patience en attendant la suite prévue pour 2026.

Par Rémi BARNAULT

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Code EAN : 9782344064832

Le premier tome de Sid Cooper est à retrouver aux éditions Glénat, pour 20 €.

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