Sherlock Holmes contre Arsène Lupin, la rencontre ratée de deux titans littéraires

Par Anthea MARIANI Dubitatif 14 juillet 2025 
Élancés à la poursuite d'une prétendue source de jouvence, le célèbre détective Sherlock Holmes se voit obligé de faire équipe avec son némésis français : Arsène Lupin. En sachant que le personnage même d'Arsène Lupin a été inventé par Maurice Leblanc pour témoigner de son admiration pour les ouvrages d'Arthur Conan Doyle, le lecteur a de quoi s'attendre à un florilège de joutes verbales. Sur ce point, il ne sera guère déçu, mais sur d'autres...

Un rythme effréné qui perd son lecteur

Les personnages à peine introduits, l’intrigue démarre au triple galop au risque malheureusement de laisser son lecteur derrière elle. Avec son rythme infernal qui transforme Sherlock et Arsène en globe-trotters. Tout s’enchaîne si vite, les rebondissements pleuvent et l’on en perd très vite le fil ainsi que sa curiosité pour l’objet de toutes les convoitises : l’eau de jouvence. Vol en hélicoptère au-dessus du British Museum, voyage en zeppelin, plongée sous-marine à Venise, les deux comparses malgré eux deviennent des sortes de GI Joe du XIXe siècle.

Une narration qui tient trop de Leblanc et pas assez de Conan Doyle

Deux scènes de baston qui ne servent à rien contre une grande brute noire baraquée, ressorts invraisemblables, joute verbale qui finit par devenir trop entêtante, Sherlock Holmes contre Arsène Lupin nage en plein clichés éculés du début à la fin. À lire cette BD, le lecteur assidu de Conan Doyle et de Maurice Leblanc voit combien les ressorts narratifs relèvent davantage de ceux de l’imitateur français que du maître écossais.

On perd toute la finesse des déductions de Sherlock Holmes pour laisser place à une sorte de masturbation intellectuelle réciproque entre l’enquêteur et le gentleman-cambrioleur. Si le sous-texte laisse deviner une légère tension romantique entre les deux hommes, c’est bien le seule élément un tant soit peu amusant que l’on peut en tirer.

Du reste, on ne peut pas critiquer les illustrations de Roger Vidal qui conserve toujours cette courbure agréable dans son dessin mais on aurait apprécié d’éviter de retomber dans les stéréotypes visuels classiques : des rôles de vilaines méchantes hyper canons et un homme noir balèze sans prénom, qui n’a pas droit à une seule bulle de dialogue et qui sert juste à mettre une raclée aux gentils avant de finir par se prendre une raclée en retour.

Par Anthea MARIANI

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Code EAN : 9782808212533

Sherlock Holmes contre Arsène Lupin, La quête de l’éternité - Denis-Pierre Filippi (scénario) et Roger Vidal (Dessin) - éditions
Parution : 6 juin 2025
Nombre de pages : 96
Prix : 20, 45 €

Le Lombard ✍ Denis-Pierre Filippi ✏️ Roger Vidal à partir de 12 ans Aventure Humour Histoire Histoire littéraire France Italie Royaume-Uni
 
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6 Messages :
  • "la rencontre ratée de deux titans littéraires"… ça ne se fait vraiment pas de casser un album dans le titre même de l’article. C’est digne d’un critique minable qui sévit sur un blog lu par deux personnes. D’autant plus qu’il saute aux yeux que le dessin de cette BD est d’un bon niveau professionnel. Rien que ça fait qu’on ne peut pas résumer cet album du seul épithète lapidaire "raté". Un peu de respect pour le travail des auteurs.

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    • Répondu par Phil le 15 juillet 2025 à  07:41 :

      Ben déjà un Mycroft Holmes barbu, et un Sherlock Holmes avec des rouflaquettes, c’est ne rien y connaitre à l’univers SH.
      Les auteurs n’ont jamais lu Conan Doyle.
      Encore une BD qui veut juste vendre sur le nom de SH (et Lupin).

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      • Répondu le 15 juillet 2025 à  17:22 :

        Ce n’est pas le premier Holmes avec des rouflaquettes. Vous avez en tête les incarnations successives de Holmes au cinéma. Mais même la fameuse casquette "deerstalker ", Conan Doyle n’en parle jamais dans ses livres.

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        • Répondu le 16 juillet 2025 à  08:15 :

          Bof… on dirait plus un album Bamboo que Lombard.

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          • Répondu le 16 juillet 2025 à  18:13 :

            Ce genre de commentaires ne veut plus rien dire. Notamment dans la collection Grand-Angle, il y a un petit moment que Bamboo publie des choses aussi réussies voire davantage que certains albums que font paraître Le Lombard, Dupuis ou Dargaud.

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  • Si je suis d’accord sur plusieurs points avec cette critique et notamment sur la déception qu’est cette rencontre. Je suis assez déçu de voir Maurice Leblanc affûté du sobriquet d’imitateur ici. C’est tres maladroit et montre l’étendue de la méconnaissance des œuvres de Leblanc.

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