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William Vance a l’honneur posthume de voir les principales séries qu’il a créées reprises par de nouveaux auteurs. XIII, bien sûr, avec de multiples déclinaisons (Yves Sente et Iuri Jigounov pour la série mère et une floppée d’autres dessinateurs et scénaristes pour les XIII Mystery), mais aussi Bruno Brazil (L.F. Bollée & Ph. Aymond), Bruce J. Hawker (Bec & Carlos Puerta) et aujourd’hui Ringo.
Signée Éric Corbeyran, « le scénariste au 400 albums » (comme sans doute Yann, Desberg, Morvan ou Cauvin, Charlier et Greg autrefois) et Roman Zurzhenko, cette reprise d’un western assez classique est une réussite, tant sur le plan du scénario que du dessin.
Avec ce Ray Ringo, tome 1 - La Porte du diable, le héros créée 1965 par William Vance est fidèle à son ADN tout en intégrant les codes d’une BD d’aujourd’hui. Dans cette histoire, l’entame est savoureuse, avec un Ray Ringo qui souhaite raccrocher, la Wells Fargo, sévèrement concurrencée par le train, n’ayant plus les moyens financiers d’assurer la sécurité de ses voyageurs. La reprise de la série aurait ainsi pu s’arrêter à la troisième page, mais bien évidement, Ringo va quand même repartir pour une dernière mission, histoire de rendre service à son ami Gus Flint.
Le convoyeur est chargé d’escorter la diligence qui transporte Orion Clemens, un proche d’Abraham Lincoln, nommé secrétaire d’État du Nevada. Notre héros profitera de ce trajet pour récupérer sa fiancée Lean, en convalescence à Indépendance Rock, un relais situé sur le chemin de la diligence. Comme on l’imagine, cette mission ne sera pas un long fleuve tranquille, et Ringo va aller de mauvaise surprise en mauvaise surprise, sur les traces de sa fiancée enlevée puis disparue…
Entre bagarres, courses poursuites et fusillades, Zurzhenko livre un album à la mise en page dynamique, dans un style moins léché que pour Thorgal, proche des fumetti italiens du genre de Tex. Côté scénario, Corbeyran revigore avec talent la série, avec un récit enlevé et malin, riche en rebondissements et doté de personnages secondaires attachants, comme Samuel Clemens, jeune homme moqueur qui n’est autre que le futur écrivain Mark Twain. À la fin de l’album, malgré une impressionnante débauche d’énergie, Ringo n’a pas retrouvé sa fiancée, car il semble qu’elle ait été enlevée par des indiens… À suivre dans le prochain album !
Par Dominique ERNST
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Ray Ringo T. 1, La porte du diable – Par Corbeyran & Surzhenko – Ed. Le Lombard