Bon
31 mai 2024
Si l’alopécie a des manifestations physiques qui sautent aux yeux, ses causes restent en partie mystérieuses : est-elle due au stress (c’est ainsi que l’ancien Premier ministre Edouard Philippe a expliqué sa spectaculaire transformation physique après son passage à Matignon) ? Cause génétique ? Inflammation ?
La vie de Tereza bascule au cours d’un séjour en Islande avec son compagnon : elle perd ses cheveux. Dans un premier temps, elle n’y prête pas une grande attention mais, de retour chez elle, son crâne continue de se dégarnir. Ses sourcils disparaissent. Ne sachant que faire, honteuse, elle tente de masquer son changement d’apparence, tout en espérant que ses cheveux repoussent. Mais face à l’aggravation de la situation, elle se rend à la clinique du cheveu, et c’est là que lui est diagnostiquée une alopécie.
Avec ce livre que l’on doit à un duo d’autrices tchèques, on se rend compte à quel point le cheveu est une partie intégrante de notre identité : courts, longs, bruns, blonds, ils sont aussi le reflet de normes et sont investis par des stratégies de distinction qui, parfois, renvoient à la revendication d’appartenance à un groupe (punks, hippies, skinheads…). Comme souvent, les injonctions sociales liées à l’apparence pèsent davantage sur les femmes, chez qui la chevelure, en particulier quand elle est abondante, est traditionnellement associée à la féminité. Du port de la perruque (qui n’a pas que des désavantages : on peut changer de look d’un jour à l’autre) à l’acceptation de se montrer tel qu’on est après avoir repris du poil de la bête, le chemin de Tereza sera parsemé d’obstacles.
Le dessin de Stepánka Jislová, basé sur le noir et blanc, est abondamment coloré en rose. On ne comprend pas trop ce choix. Traditionnellement associé aux petites filles, le rose semble rappeler que Tereza appartient toujours au genre féminin, quitte à relayer certains clichés. Au-delà de ces quelques écueils, la lecture est très fluide sur ce sujet encore tabou, et celui-ci est traité avec une grande bienveillance.
Par Damien BOONE
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