Bon
31 mai 2024
Les habitants de Tyriadoc, peuvent revenir à la vie une fois. Mais cette seconde chance - surnommée « l’Ëdre » - peut engendrer une résurrection en Maudits en cas de mort brutale. En plus, les nouveau-nés ne peuvent jamais revenir à la vie. Pourtant, la princesse Adalise a ressuscité alors qu’elle était mort-née. Cette situation sans précédent lui a valu le surnom de « Princesse cadavre » ainsi que le mépris du peuple. Adalise n’a que faire de cette haine et souhaite comprendre sa condition et retrouver sa mère.
Le scénario détone avec son concept autour d’une seconde vie et interpelle. Cela donne vraiment envie de découvrir ce qui se cache derrière. Ce qui découle de la loi qui régit « l’Ëdre » parait beaucoup plus complexe au fil des pages avec la mystérieuse déesse qui l’entoure. Des débordements sont commis à cause de cette loi (la création de jeux sanglants) et la perception d’Adalise vis-à-vis des Maudits nous fait comprendre que leur condition est particulièrement terrible.
Pour compléter le tableau, des créatures attirées par la mort, nommées les ëdrelins, suivent l’héroïne. L’ensemble questionne sur cette seconde chance et le rapport qu’ont les personnages à la mort.
Quoi de mieux qu’une héroïne qui va à contre-courant du système qui régit le monde pour explorer ses secrets ? L’origine étrange d’Adalise en fait une paria du même genre qu’Aloy (Horizon Zero Dawn). Celle-ci ne se laisse pas faire et réfléchit différemment de ses semblables. Douée à l’arc et plutôt courageuse, l’héroïne est entrainée par différentes circonstances dans un parcours initiatique.
Tout cela se passe dans un monde dur (les guerres autour de Tyriadoc). Dans cet équilibre fragile, l’organisation de jeux conduit à une chasse à l’homme ; on y rencontre plusieurs scènes d’une grande violence. Pour ne pas arranger les choses, Adalise est visée par un complot meurtrier. Cela rappelle combien le royaume est un territoire hostile. S’ajoute à cette liste l’animosité subit par la princesse (pour ne citer qu’un exemple : son demi-frère qui traite sa mère de prostituée).
Les Héritiers d’Agïone devraient plaire aux amateurs de fantasy et de mystères. Même si le dessin est loin d’être parfait (en particulier pour les personnages), le développement scénaristique est prenant.
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