Très bon
25 septembre 2024
Nous sommes au tournant entre le XIXe et le XXe siècle. Un peu partout dans Paris, les statues des gargouilles et des dragons, de Notre-Dame à Saint-Michel et à Saint-Germain-des-Prés, craquèlent : c’est qu’elles renferment de véritables êtres figés au temps jadis en statues de pierre pour l’éternité.
C’est la rencontre amoureuse inopinée à Paris entre une sirène et une princesse hawaïenne super-héroïne du surf qui bouleverse un brin la magie immuable qui empêchait jusqu’ici les tarasques de cramer la Ville-Lumière. Il faut réveiller le moine Mabillon qui, au temps jadi, avait réussi à lui seul, à amadouer et endormir la cohorte de ces bêtes fantastiques.
En rôliste éprouvé, Sfar nous bâtit une galerie de personnages aussi incongrus que merveilleux : ce moine Mabillon au tarin kilométrique, le couple sensuel de la princesse hawaïenne et de sa sirène, des preux chevaliers avec leurs grandes épées, et des scènes d’action, beaucoup de scènes d’action tonitruantes et épiques.
Tony Sandoval, avec sa palette de couleurs construite sur de subtils camaïeux de bleu-gris est parvenu parfaitement à rendre ces scènes grandioses où les dragons, à l’instar de King Kong ou de Godzilla à New York et à Tokyo, saccagent les plus beaux monuments de la Ville-Lumière des années 1900.
Un scénario que l’on pourrait croire conçu en écriture automatique (le Manifeste du Surréalisme a cent ans) si le storyboard n’était visible en fin de volume. Le dessin de Tony Sandoval est à l’unisson, libre, enjoué, sensuel…
On sort de cette lecture comme on le ferait d’un rêve éveillé.
Par Didier PASAMONIK
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Le Paris des Dragons – Par Joann Sfar et Tony Sandoval – Ed. Glénat
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