Bon
24 juillet 2024
Alors que Boulette - qui est en réalité la princesse Mathilda - se retrouve enfermée, son royaume est attaqué par un individu faisant partie des sept héros à avoir terrassé le roi haineux. Il est temps pour Sensei d’écrire une nouvelle œuvre.
Avant d’en parler, il est important de mentionner le début de l’adaptation animé des aventures de Sensei. Sorti à quelques jours d’intervalle avec le troisième opus, vous pouvez dès à présent visionner les premiers épisodes sur crunchyroll.
Maintenant nous pouvons revenir au sujet principale. À travers l’histoire personnelle de la princesse, on suit son émancipation. Ainsi, petit à petit, elle prend la place centrale de ce volume. Sensei ne sert que de soutien psychologique et magique, car oui, sa capacité s’est illustrée avec une facette inédite. Boulette est là pour faire des dégâts et Sensei la soutient en améliorant ses capacités grâce à un buff permanent.
Le scénario traite ici de la pression paternelle. Le roi a rangé ses enfants dans des cases toutes faites : il les a éduqués selon les clichés sans leur laisser le choix. Évidemment, selon lui, Boulette est censée être une fille qui ne prend pas les armes mais qui doit rester enfermée dans sa chambre à faire des "trucs de fille". Pire encore, sa fille qui a montré une appétence pour les arts martiaux est qualifiée de "garçon manqué". Qu’est-ce qui est réellement féminin ou masculin comme activité ? La réponse est rien. Ce ne sont que des constructions sociales qui varient en fonction des codes de l’époque. Heureusement, Boulette parvient à s’affirmer et prouve qu’une femme peut exceller en combat et battre de puissants ennemis tout en restant elle même.
De plus, le tome est plutôt sanglant et violent, notamment lors de l’apparition du transféré Kaibara. Les personnages dévorés et les corps déchiquetés se multiplient posant ainsi une une ambiance sérieuse et gore.
En effet, le nouvel antagoniste, Kaibara, est un goinfre qui aime manger ses victimes. Sous ses airs d’homme soigné se cache en réalité un tueur sanguinaire sans empathie. En fait, il s’agit d’un des sept anges déchus, celui de la gourmandise. Cela rappelle évidemment l’un des sept péchés capitaux. On peut donc s’attendre à découvrir d’autres personnages qui incarnent chacun un des autres péchés. Dans tous les cas, avoir choisi un personnage à l’apparence raffiné et séduisante pour la gourmandise n’est pas forcément ce à quoi on s’attendrait pour ce péché, une bonne surprise.
Mais comment un psychopathe pareil a pu être réincarné dans un autre monde ? Si une chose est assez courant dans les isekai, c’est que la personne qui atterrit dans un autre monde a généralement vécu une vie misérable et malheureuse s’en être pour autant un fou furieux à l’origine. La personnalité de Kaibara et ses actions le différencie du type habituel qu’on y croise. S’il suffit qu’une personne se sente malheureuse pour être transférée, cela peut amener des individus peu recommandables. Cela soulève une problématique autour du système présent dans l’œuvre qui récompense les gens jugés très malheureux. Si ce critère est le seul pris en compte, alors il est impossible de filtrer les personnes transportées dans ce monde parallèle.
Petite mention à Sensei qui persuade les ogres de le laisser rentrer pour se faire dévorer. C’est une scène digne d’une tromperie réussie en pleine partie de jeu de rôle. Le discours du héros prend au dépourvu les gardes et ses alliés tellement ses propos paraissent lunaires - et pourtant sincères. Le genre d’improvisation inattendue qui plaît et qui fait rire.
Est-ce que Sensei parviendra à écrire une œuvre intéressante cette fois ? Oui, cela est plutôt attendrissant et différent de son dernier papier. Action, humour et surprises sont de bons adjectifs pour qualifier cet arc narratif.
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.