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Excellent
6 janvier 2025
L’auteur a une bonne connaissance des traditions mythiques et théâtrales chinoises. Ces dernières transparaissent au fil de l’ouvrage, sous forme de notes de bas de page, et donnent au récit une belle profondeur.
Persuadé d’avoir perdu sa femme dans un bombardement japonais, le jeune Fan a construit un automate pour la remplacer. C’est dans une Chine en proie à la guerre que l’inventeur rencontres des enfants orphelins, tentant de survivre dans la délinquance. Une issue aussi bien poétique que tragique se profile pour les personnages.
Zhang Xiaoyu maitrise parfaitement les illustrations en noir et blanc. Son dessin virtuose nous plonge au cœur des tourments des personnages, souvent dessinés en plan resserrés. Il est aussi capable de grands plans d’ensemble très théâtraux.
Le scénario sait ménager les temps de silence et de contemplation. Les dialogues vont à l’essentiel et la narration se fait aussi par les images, qui sont souvent violentes sans trop en montrer. Une forme d’épure qui se manifeste par le chapitrage, avec des idéogrammes et des références à la faune et la flore. Ceux-ci adoucissent un propos d’ensemble plutôt sombre.
L’auteur nous propose une histoire émouvante sur le deuil et l’enfance, ainsi qu’une réflexion sur la thématique du double. La machine ne pourra jamais remplacer un être aimé, mais reste à savoir comment le yin peut se marier avec le YANG .
Lotus jumeaux est une belle œuvre graphique et philosophique qui, bien qu’en format franco-belge, est à faire découvrir aux bédéphiles ainsi qu’aux passionnés de manga.
Par Stéphane GROBOST
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