Bon
21 mars 2026
Evemarie, c’est l’alias de Mme Cabot (à moins que ce ne soit l’inverse ?). Elle raconte ici en trois parties ses galères scolaires. D’abord le collège public, dans lequel la jeune fille n’est pas vraiment à sa place. Puis, le pensionnat catholique, dans lequel elle n’est vraiment pas à sa place du tout. Avant de terminer sur une note positive par l’Institut Saint-Luc en Belgique.
Dans le collège public, Evemarie raconte son ennui mortel face à des cours et des professeurs inintéressants au possible, période durant laquelle elle préfère se réfugier dans son imagination, dans le dessin, ou dans les chansons des Beatles, qui accompagnent ses moindres pas. Le vivre une fois, c’est dur, mais redoubler et le vivre une seconde fois, c’est encore pire ! C’est ainsi qu’au bout de sa deuxième 3e année, elle se retrouve dans un échec scolaire total qu’elle ne parviendra pas à cacher éternellement à ses parents.
Si la première partie du récit peut prêter à sourire, grâce au ton toujours farceur de l’autrice, on rit jaune dans la seconde partie. Evemarie nous parle cette fois-ci d’abus de pouvoir complet, principalement de la part du surveillant, Mr Boulain et de son directeur (officiellement « Chef de division ») Mr Aude. Boulain, par exemple, est présenté comme le spécialiste pour « ne pas laisser de trace ». Il frappe et agresse les élèves physiquement, mais toujours de sorte que ça ne se voie pas. Evemarie va jusqu’à raconter comment une de ses amies était forcée de se déshabiller devant lui, sous prétexte de dissimuler de la drogue. Moins physique, Mr Aude parvenait très bien à tourmenter les élèves psychologiquement, en les rabaissant ou en tentant le plus possible d’en verrouiller leurs possibilités académiques.
On trouve donc un peu dommage quand le récit finit par s’éloigner du pensionnat. Fort heureusement pour elle, Evemarie finit par se retrouver bien loin de cet horrible endroit, en Belgique, où elle entame ses études supérieures dans quelque chose qui la passionne : le dessin. Un récit qui, en dépit de ses aspérités, ne cesse jamais de prêter à sourire grâce au talent pasticheur de l’autrice. On aurait aimé davantage de développement au sujet des problématiques évoquées, mais on termine néanmoins le livre avec empathie pour l’autrice : heureusement pour elle, l’école est finie !
Par Colin BESNIER
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L’École est finie - Par Evemarie - Ed. Robinson - 19.99€