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Favori de la rédaction
25 mai 2026
Quand on apprend que ce nouvel album est un making-of d’un album légendaire d’il y a presque dix ans, on se permet de douter sur le renouveau. Mais les doutes sont balayés dans la stratosphère dès la première page. Car il faut l’avouer, Marion Montaigne fait partie des autrices que nous attendons avec impatience, pour qui chaque opus est une petite merveille. Fait encore plus rare et précieux : elle a le secret de la potion magique pour provoquer des éclats de rires.
Avec Marion Montaigne, le savoir scientifique n’est jamais froid, académique, distant ou barbant. Il transpire la panique, le sarcasme, les névroses et les fous rires. Cette fois, l’autrice ne se contente plus de raconter l’espace : elle SE raconte dans l’espace, ou plutôt dans les coulisses du spatial. Entre Cologne, Houston, Baïkonour, Paris…., elle nous narre son immersion auprès d’un Thomas Pesquet, plein d’humour et perçu parfois par l’autrice comme un super-héros avec qui la comparaison est difficile.
Là où beaucoup auraient livré un reportage scientifique classique, Marion Montaigne choisit de partager son chaos intérieur : les angoisses, les maladresses sociales, les montées de stress absurdes et les situations rocambolesques deviennent, ici, le moteur du récit.
Le résultat est un mélange unique entre carnet de voyage, documentaire scientifique et confessions hilarantes, mais pas que. Son dessin est toujours nerveux, ultra expressif, en mouvement permanent et plein d’émotion. On retrouve aussi cette capacité rare à vulgariser des sujets complexes sans jamais sacrifier le rythme comique.
Mais derrière l’humour de Space Montaigne, Marion Montaigne n’apparaît que rarement. Du moins sans l’artifice de la moustache de son célèbre professeur. Elle se livre sur quelque chose de plus intime : le vertige humain face à l’immensité et le sens de la vie. C’est le sel de ce nouvel album. Et c’est là que Marion Montaigne excelle, en faisant se côtoyer les grands condors de l’espace avec les petits vers de terres que nous sommes.
Une BD aussi drôle que touchante, capable de faire rire sur une crise d’angoisse en plein « Rocket Park » de la Nasa, histoire de nous rappeler à quel point l’exploration humaine n’est pas que spatiale.
Par Philippe LECLERC
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Space Montaigne - Par Marion Montaigne - Ed. Charivari/Dargaud