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Excellent
17 février 2025
Dans un monde où les sorcières sont des entités célestes vouées à la réincarnation, la mort dans des circonstances troubles de la sorcière de la petite étoile bouscule le quotidien des habitants.
Le soir même, une étoile filante tombe au Pays de Pan, l’un des deux pays qui compose le monde de Tabel (l’autre étant Le Pays du Pilier), et s’incarne sous la forme d’une fillette. Ozan, un habitant du pays de Pan, endeuillé par la perte de sa fille, la trouve et l’adopte, la baptisant Effie. Mais, confrontée aux discriminations suscitées par son statut de sorcière, la jeune fille va bien vite devoir quitter son foyer et partir à la recherche de ses origines et découvrir celle dont elle est la réincarnation. Pour cela, elle pourra compter sur Monsieur Bibi, chat de la défunte sorcière de la Petite Étoile, bien décidé à faire la lumière sur le décès inexpliqué de son ancienne maîtresse.
Un « world building » solide et fascinant
L’histoire se déroule dans un monde partagé en deux entités, le Pays de Pan et Le pays du Pilier, deux pays qui se placent dans le giron respectif du dieu du soleil, Soltanica, et de la déesse de la lune, Noctania.
Au lieu d’une conception sphérique semblable à la Terre, le monde de Tabel est semblable à celui du manga Made in Abyss : il suit un échelonnement vertical. Les habitants du Pays de Pan vivent sur un plateau ensoleillé qui repose sur un pilier monumental, le Pays du Pilier. Toutes les créatures vouées à la nuit et sa déesse y vivent, loin des habitants du Pays de Pan qui les abhorrent pour des raisons religieuses.
Sorcières, chats en costume trois pièces, fantômes rondelets et autres animaux anthropomorphes s’y côtoient dans un mélange visuellement époustouflant. Chaque personnage a droit à un développement digne de ce nom, donnant à découvrir une vaste palette de caractères et de motivations plus ou moins ouvertement assumées. En donnant du relief à chacun des personnages, ManMulsang prend le lecteur par la main et le convie dans un monde singulier.
Loin de tout expliquer, l’autrice aime de toute évidence balader son lecteur en lui accordant parfois de petites moments historiques, folkloriques ou mythologiques sans pour autant rendre la lecture trop facile à comprendre. Avec une carte du monde de Tabel et une hiérarchie des personnages en fin de livre, on est sans-cesse tenté de faire des allers-et-retours entre la lecture et le glossaire, preuve s’il en est d’un world building aussi expansif que captivant.
Cottagecore et petites sorcières, le combo gagnant
Ce qui frappe dès les premières pages de Là où les étoiles filantes tombent, c’est le grahisme somptueux du dessin. Avec son style proprement Shojo [1], ManMulsang peut se vanter d’avoir un don pour associer les couleurs. Quelle que soit l’ambiance chromatique, laquelle varie selon le pays dans lequel évolue Effie, l’autrice parvient à créer des paysages imaginaires d’une beauté remarquable. L’attention portée au détail, aux costumes, aux apparences des personnages relèvent de l’obsession.
Tour à tour dans l’esthétique du jeu vidéo, du manga ou du webtoon, l’ouvrage passe tout à trac d’une ville orientale à un coffee shop britannique en passant par des plaines herbues et des grottes enchantées... Outre le lore (Contexte général et éléments de création d’un monde de Fantasy) expansif du monde de Tabel, chaque page s’avère d’une beauté renversante et foisonnante.
Par Anthea MARIANI
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Là où les étoiles filantes tombent - Tome 1 - ManMulsang - éditions Kotoon
Parution : 23 janvier 2025
Nombre de pages : 408
Prix : 17, 95 €
[1] Sstyle de manga destiné aux jeunes filles et à la romance.