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Pas mal
19 juin 2026
Au niveau scénaristique, c’est plutôt bien fait. Outre le fait que l’on retrouve les grands codes et personnages du genre (dragons, magicien, sorcières et sorciers, …), l’intrigue ressemble à du bon Game Of Thrones : un territoire composite réparti entre les mains de grandes familles qui s’affrontent ; une jeune fille, Kin d’Ebénite, qui, tout juste devenue majeure, doit être mariée ; une foule de prétendants qui se pressent aux portes du château pour obtenir les grâces de la jeune fille et surtout de son père ; des intrigues et des complots qui viennent bouleverser l’équilibre précaire de ce monde et une croisade qui s’annonce.
Mais c’était sans compter sur quelques bouleversements qui viennent retarder les événements : la princesse Mahaut promise à un bel avenir est finalement répudiée par son père qui vient de se remarier. Elle est exilée dans un couvent. Cette dernière détient des secrets liés à un groupe de sorcières, les Sikah. Rode également dans l’entourage de Kin, le jeune Baldwin, au service de la famille d’Ebénite depuis toujours.
Bien qu’elle sache que son avenir est tout tracé au sein de ces familles qui dirigent le monde, la jeune Kin rêve d’émancipation. Son souhait est de créer cette micro-société, la Cité des Dames, dans laquelle les femmes auraient plus de droits, accèderaient à la culture et disposeraient de leur corps comme elles l’entendent (Kin met d’ailleurs en pratique ces préceptes). C’est une autre force du livre quand on apprend que ce projet est réellement issu d’un ouvrage médiéval, précurseur pour l’époque, écrit au XVe siècle par Christine de Pizan, certainement l’une des premières féministes de l’histoire.
Mais les choses se corsent un peu d’abord par le fait que l’histoire est très dense, peut-être trop dense, et que le rythme effréné la rend compliquée à suivre. Le caractère très contemporain de la problématique, lié à un vocabulaire parfois lui aussi introduit dans la langue française il y a peu (utilisation du mot « autrice » par exemple), dénote et installe une certaine forme d’anachronisme qui peut désarçonner le lecteur.
Quant au style graphique, au dessin et à la colorisation, chacun pourra se faire son opinion selon ses goûts et ses couleurs, mais ils peuvent déranger également. En bref, on attend de voir la suite, car le premier tome se termine sur les chapeaux de roue. Il faudra aussi avertir les lectrices et les lecteurs de la nécessité d’être très ouverts à la nouveauté, voire à l’audace, pour pouvoir apprécier cet album. Personnellement, c’était difficile.
Par Romain BLANDRE
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