Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Très bon
18 juin 2026
Le livre débute par de grandes pages montrant le fait divers qui va affecter Fred Stone. Les pages sont muettes, expressives, de couleur bleue, choquantes. L’action se déplace ensuite directement trois ans plus tard et l’on comprend que Stone ne vit plus dans la même maison. Mal rasé, en robe de chambre, il découvre son nom à la une du journal local pour une double actualité : il publie un nouveau roman et il va être présent au festival littéraire de Crane Bay, sa ville natale. Deux actualités dont il n’était pas informé. Plus porté sur le whisky que sur l’écriture, on comprend que c’est son agent qui a tout manigancé : le roman n’est pas une nouveauté mais son premier roman jamais publié, car, à l’époque, jamais accepté par des éditeurs. Et pour ajouter à son agacement matinal, il voit débarquer Velma, ancienne amie d’enfance, actrice sans grand rôle et qui se déplace généralement quand elle a besoin de quelque chose. Après les avoir copieusement rembarrés, il va finalement apparaître au festival. Il va se prêter au jeu des signatures et tables rondes sur scène jusqu’à apercevoir dans le public une jeune femme blonde, sosie de sa femme assassinée. Il va alors se mettre en tête de la retrouver. L’histoire commence à devenir complexe et le jeu de dupes entre les différents personnages commence...
Le scénariste Herik Hanna, spécialiste des polars et des comics, propose ici une course-poursuite à suspense. Les événements s’enchaînent rapidement et l’on comprend parfaitement les motivations du protagoniste Fred Stone qui aimerait vraiment qu’on le laisse tranquille après tout ce qu’il a vécu. La mise en situation une seconde fois d’une tentative de meurtre est habile et constitue le premier choc inattendu de l’histoire : il y en aura d’autres. Le scénario est clair et bien structuré et les événements restent difficiles à prévoir jusqu’au bout. Difficile d’en dire plus sans dévoiler des éléments importants de l’intrigue.
Le dessinateur Denys réalise un dessin réaliste, efficace avec un découpage faisant penser à des comics, le livre en ayant le petit format. Le lettrage est clair et les angles de vue sont servis en panoramique, les cases faisant la largeur de la page. Il utilise un procédé de zoom bien vu ou sur une page complète, on part d’un détail que l’on aurait dû voir pour finalement s’en rapprocher et le comprendre sans ambiguïté. Cette Amérique des années 80 est facilement identifiable par ses rues de pavillons de banlieue en bois, ses vieilles voitures et sa police bruyante et illuminée. L’action se passant dans la région de San Francisco, la course-poursuite en voiture ne fait pas de doute et elle est particulièrement bien représentée, permettant de suivre le mouvement relatif des voitures avec facilité. La mise en couleurs de Léa Chrétien est parfaitement en phase avec le dessin et les ambiances, et l’on retrouve des atmosphères tantôt ambre, tantôt bleutées, ou naturelles et ensoleillées. L’ensemble dessins et couleurs est réussi et sert bien la complexité du scénario.
Par Laurent MENUT
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