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Favori de la rédaction
25 juin 2026
Dans ce récit à la première personne, Geoffroy raconte qu’il fut un enfant asocial, privé d’école et grandissant seul dans la maison de ses parents en Normandie. Très vite, il est attiré par la forêt toute proche et commence à découvrir la vie secrète des arbres et des animaux, en particulier des cerfs et des chevreuils. Et, à vingt ans, il décide de faire le grand saut : aller vivre en pleine forêt tout le temps !
Il raconte alors par le détail sa survie dans ce milieu inconnu : comment s’alimenter avec des produits de la nature (en buvant, par exemple, la sève des bouleaux) et dormir en se protégeant du froid. Et surtout, comment approcher et devenir l’ami des chevreuils, qui le fascinent. Il découvre peu à peu comment ils délimitent leur territoire et se nourrissent, comment ils sont victimes des chasseurs et de la déforestation, comment les femelles accouchent…
Il devient un véritable Robinson de la forêt, celui qui parle à l’oreille des chevreuils, qu’il reconnaît individuellement et qu’il baptise de noms comme Chevi, Cenèle, Daguet, Laflèche, Sipointe...
Ce journal d’une vie en pleine nature s’inscrit dans la lignée d’œuvres naturalistes comme le célèbre Journal de l’Américain Henry David Thoreau (1817-1862), ou Into the Wild, le film à succès du réalisateur américain Sean Penn (2007).
Quant au dessinateur Jean-Denis Pendanx (né en 1966 à Dax), il réalise ici son chef-d’œuvre : son dessin réaliste est d’une grande justesse et sensibilité, que transcendent des gammes de couleurs lumineuses. La couverture et les nombreuses pleines pages intérieures rivalisent avec les plus beaux dessins de peintres naturalistes comme Rosa Bonheur ( 1822-1899) et botanistes comme Henri Fantin-Latour (1836-1904), ou de grands illustrateurs d’oiseaux comme Hector Giacomelli (1822-1904).
Une question se pose quand même à l’issue de cette lecture enthousiaste : les parents sont étonnamment absents tout au long de ces sept années que dure l’immersion de Jérémie dans la forêt. Question qui avait déjà été soulevée à la sortie du récit en 2021. Mais ce n’est qu’un détail…
Pour terminer, citons ce que Geoffroy Delorme écrit dans la postface de ce véritable hymne poétique à la nature et à la liberté : « Je n’ai pas de message à délivrer, encore moins de solution. Seulement une certitude : notre avenir dépendra de notre capacité à ne pas oublier que nous sommes, nous aussi, des êtres vivants parmi d’autres. Ni au-dessus, ni à part. Juste là. » Dont acte….
Par Benoit MARCHON
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L’homme-chevreuil, Sept ans de vie sauvage, d’après Geoffroy Delorme, par Vincent Zabus & Jean-Denis Pendanx, Editions Les Arènes