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Favori de la rédaction
9 février 2026
À dix ans, Germain Coppin a décidé d’arrêter de grandir, car il ne supporte pas l’idée de devenir adulte dans ce monde qui va tout de travers. Il rêve de devenir un écrivain célèbre. Alors, il entreprend d’écrire ses mémoires sur une vieille machine à écrire de la marque Underwood, comme celle qu’il a vue sur une photo d’un écrivain célèbre (peut‑être un clin d’œil, ou un hommage, à Goscinny ?).
Il commence par raconter sa rencontre avec un faux et malheureux père Noël, quand il avait sept ans. Puis il décrit ses vacances, à huit ans, chez Papy et Mamy, qui n’arrêtent pas de se disputer car, elle, est une « grenouille de bénitier », alors que lui est un « mécréant ». C’est chez eux que Germain perd brutalement son chat adoré, Bart Simpson, tué par une voiture. Germain s’interroge alors sur la vie, la mort, Jésus et d’autres questions existentielles…
Il narre ensuite, lorsqu’il a neuf ans, la venue chez lui de son parrain, qui noie son mal‑être dans l’alcool. Enfin, à dix ans, une visite à sa grand‑tante dans un EHPAD l’amène à se délivrer d’un lourd secret familial qu’il nomme « le GROS truc », qui mine son esprit et l’empêche de grandir.
Cette histoire, qui peut paraître triste (mais se termine joliment), est racontée avec tant de sensibilité, d’humanité et d’humour qu’elle devient d’une émotion et d’une vérité rares. Le scénariste, Vincent Zabus, qui n’en est pas à ses débuts, sait exprimer les sentiments avec une infinie finesse, comme de la dentelle. La dessinatrice, Valérie Vernay, évolue dans ce nouvel album (elle en a déjà une dizaine à son actif) vers un dessin de plus en plus épuré et vibrant, qui n’est pas sans rappeler celui de Sempé (dont un dessin orne la porte du frigo, page 41 !). Elle emploie également de superbes camaïeux de couleurs, changeant selon les séquences, jusqu’à un rouge puissant au paroxysme du récit.
Une fois l’album refermé, on n’a qu’une envie : retrouver ce personnage de Germain, tellement attachant, dans un deuxième album. Qu’en pense donc l’éditeur ?
PS : On devine que le scénariste est belge lorsque Germain parle d’une « farde » (page 114). Ce mot est un pur belgicisme qui signifie « dossier » en bon français !
Par Benoit MARCHON
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