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L’Enfant en moi T.9 - Par Mamoru Aoi - Éd. Kana

Par Malgorzata NATANEK Bon 28 janvier 2026 
Sachi traverse l’accouchement et ses lendemains, dans un récit qui continue d’aborder la maternité adolescente avec douceur, lucidité et conscience sociale.

Le volume s’attaque à un moment charnière : l’accouchement et ce qui vient juste après. Alors que Sachi arrive à la fin de sa grossesse, une inquiétude persiste en arrière-plan : Raimu, la jeune fille enceinte avec qui elle avait sympathisé sur les réseaux sociaux, a disparu sans donner de nouvelles. Une absence lourde de sens, d’autant plus inquiétante qu’elle semblait totalement isolée. Peu après, début juillet, Sachi perd les eaux : il est temps d’accoucher.

L'Enfant en moi T.9 - Par Mamoru Aoi - Éd. Kana
L’enfant en moi planche
© Mamoru Aoi / Kodansha Ltd.

La scène de l’accouchement se veut accessible et bienveillante. La douleur est présente, certaines étapes médicales sont évoquées, mais l’ensemble reste très lissé, presque trop propre.

Si ce choix rend la lecture moins éprouvante, il atténue aussi la portée pédagogique du propos. Des éléments importants, comme l’épisiotomie, sont cités sans être réellement expliqués, et certaines réalités physiques de l’après-naissance (rééducation du périnée, bouleversements corporels durables...) sont largement éludées. Le manga préfère une approche douce, centrée sur l’accompagnement et la tendresse de l’entourage, faisant de l’accouchement un moment avant tout humain, sinon idéalisé.

L’enfant en moi planche
© Mamoru Aoi / Kodansha Ltd.

L’après-accouchement permet toutefois au récit d’aborder des sujets essentiels. La dépression post-partum est évoquée avec justesse, offrant à Sachi un espace pour exprimer ses angoisses et rappeler que la naissance n’est pas une fin heureuse en soi, mais le début d’autres épreuves. La possibilité de retomber enceinte rapidement, souvent méconnue, ainsi que la difficulté d’obtenir une place en crèche, viennent renforcer l’ancrage réaliste du récit, malgré certaines zones d’ombre laissées volontairement de côté.

En parallèle, le tome développe une intrigue plus sombre autour d’un bébé abandonné. Kô et Takara s’interrogent : pourrait-il s’agir de Raimu ? Cette hypothèse fait naître une profonde culpabilité chez Kô, qui avait croisé la jeune fille sans intervenir ni prévenir Sachi de son absence. Plus distant et observateur que d’habitude, il incarne ici le poids du “et si”. Le traitement réservé à Raimu reste volontairement glacial, jusqu’à l’intervention choquante d’un personnage évoquant la “sélection naturelle”, révélant la violence sociale et morale entourant les grossesses adolescentes isolées.

L’enfant en moi planche
© Mamoru Aoi / Kodansha Ltd.

Cette situation provoque aussi un basculement dans les relations : Kô se tourne vers Takara pour demander conseil, inversant la dynamique du début de la série. Leur échange, sobre et sincère, marque un rapprochement touchant et souligne la maturité progressive des deux jeunes hommes.

Enfin, l’histoire de Raimu agit comme un révélateur pour Sachi. Confrontée à cette réalité, elle prend conscience de son envie d’aider les autres et commence à réfléchir à son avenir professionnel. Une évolution précieuse, qui montre qu’être mère n’annule ni les aspirations personnelles ni le besoin de se projeter.

Avec cet avant-dernier tome, l’intrigue navigue entre pédagogie, émotion et critique sociale. S’il choisit parfois la douceur au détriment d’une représentation plus frontale du réel, le manga n’en reste pas moins lucide sur les défis, les silences et les inégalités qui entourent la maternité adolescente.

Par Malgorzata NATANEK

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Code EAN : 9782505144441
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