Pas mal
27 janvier 2025
Ancien soldat des forces spéciales, Virgil Solal a été profondément marqué par la mort de sa fille. L’enfant est décédée à la naissance, à cause d’une maladie respiratoire provoquée par la pollution. Épousant les thèses écologistes, il est à l’origine d’un groupe éco-terroriste : Green War. Avec ce dernier, il entend non seulement venger la mort de son enfant, mais surtout faire « payer » tous les puissants de la planète. Des grands entreprises aux pouvoirs politiques et financiers principaux qui sont responsables de la destruction de la planète. Pour cela, tous les moyens sont bons : prise d’otages, chantage, manifestations, coups d’éclat, alertes dans les medias. Ainsi, l’ancien soldat a décidé de s’attaquer à l’un des principaux artisans de la pollution, en séquestrant le patron d’une multinationale pétrolière.
Bien évidemment, les autorités et la police ne tardent pas à intervenir. La psychologue Diane Meyer et le policier Nathan Modis forment un couple improbable, qui est chargé de se lancer à la poursuite de Virgil et de ses militants. Mais devant les enjeux énormes que représentent le défi écologique, rien ne sera vraiment simple pour chacun des différents protagonistes de ce récit fleuve.
Le scénariste est loin d’être un inconnu, puisque Olivier Norek est l’auteur de nombreux best-sellers. Lauréat de plusieurs prix littéraires, il a aussi bien exploré le genre policier que le roman social avec des succès publics et critiques. On retrouve cette ambivalence avec cette adaptation du livre éponyme, paru chez le même éditeur en 2020 et co-produite avec le dessinateur Frédéric Pontarolo.
Le livre s’articule autour de trois axes. C’est d’abord une enquête policière pour contenir Solal et ses complices, à grand renfort de recherches devant les ordinateurs et dans les bureaux de la PJ. C’est aussi une bande-dessinée d’aventure qui, à travers les séquences « les nouvelles du monde », répertorie quelques grandes catastrophes écologiques récentes. On assiste également à la plaidoirie de l’avocat de Solal, un long plaidoyer pour justifier la « légitime défense » face aux grandes entreprises polluantes. En dépit de la tonalité sombre et pessimiste de l’album, la conclusion propose une sortie un brin positive, avec un retour voire un repli au creux des chaînes pyrénéennes.
Enseignant aux arts décoratifs de Strasbourg et auteur d’une bonne dizaine d’albums, Frédéric Pontarolo a déjà dessiné des adaptations littéraires comme 1984, d’après l’oeuvre Orwell (chez le même éditeur), ou L’homme invisible (éditions du long bec). La puissance de son graphisme est valorisée par une mise couleur, qui décline toute une gamme de gris coloré variant du vert aux différentes nuances d’ocre et de jaune. On peut regretter que la surcharge de textes et le narratif, souvent un peu trop verbeux, ne permettent pas toujours de l’apprécier complètement.
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