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Déjà, que raconte-t-il ?
Suite à l’apparition d’Yggdrasil, l’arbre monde de la mythologie nordique qui relie les 9 royaumes de l’univers, l’humanité se retrouve confrontée à de dangereuses créatures. Pour les combattre, des individus aux pouvoirs spéciaux, les Raiders, ont émergé pour aider l’humanité. Le personnage principal, Jaehyun, est un Raider un peu pathétique et désabusé. Mais tout change le jour où il trouve un objet légendaire : l’œil d’Odin. Avec cet item en poche, il va pouvoir changer le cours de l’histoire et lutter pour la survie de la Terre.
Commençons d’abord par les atouts de cette œuvre :
La particularité de « À moi, l’item légendaire » est qu’il intègre directement des éléments de la mythologie nordique dans son récit. Les légendes sont bien introduites, rendant le webtoon à la fois divertissant et instructif. Cette fusion entre tradition (mythes nordiques) et modernité (webtoon) apporte une originalité certaine à l’œuvre.
Ensuite, ce webtoon se lit avec plaisir. Les dessins sont colorés, ce qui est agréable à l’œil. Et le rythme est bien dosé ! Les combats et les moments plus calmes (discussions entre les protagonistes, introspection, approfondissement des personnages et de l’histoire, etc.) s’enchaînent harmonieusement, sans accroc.
« À moi, l’item légendaire » saura aussi satisfaire ceux qui aiment les combats épiques. Le héros affronte des dieux et des monstres ! Les défis (difficiles mais pas insurmontables) sont à la hauteur du héros, qui parvient à vaincre ses adversaires grâce à sa force, son intelligence et ses compétences.
De plus, les lecteurs plus assidus de webtoons action / fantastique / aventure trouveront dans « À moi, l’item légendaire » de nombreuses références à d’autres webtoons. Le lien le plus évident est celui avec « Solo Leveling » de Chu-Gong. Dans les deux webtoons, une interface visible uniquement par les héros leur permet de progresser. Ce « système » fonctionne selon le même principe : des missions qui apportent des récompenses quand elles sont réussies. D’autres clins d’œil sont plus subtils : par exemple, quand Jaehyun souhaite tester sa résistance à la magie, il doit traverser plusieurs « barrières » magiques. Cela rappelle une épreuve similaire dans « Tower of God » (webtoon de SIU), où Bam fait face à une tâche semblable.
Des thèmes qui invitent à la réflexion
Ensuite, certains épisodes abordent des thèmes plus profonds qui soulèvent des questions humaines. L’un de ces thèmes est la difficulté des relations familiales (notamment avec son père). « À moi, l’item légendaire » l’aborde dès les premiers épisodes et le développe au fil du récit.
Ce webtoon amène aussi une réflexion plus complexe sur les concepts de fatalité et de libre arbitre. Très tôt dans l’histoire, une prophétie désigne Jaehyun comme l’élu, celui qui doit sauver les mondes. Sa destinée semble désormais scellée. Même s’il joue son rôle… de héros (fort, malin et gentil), il reste un jeune homme qui ne peut pas choisir sa propre voie, portant la responsabilité de la survie du monde, ce qu’il n’a pas forcément voulu.
Les épisodes longs : une épée à double tranchant
Au plus grand plaisir des lecteurs, les épisodes sont bien développés. Beaucoup de fans ne s’en rendent pas toujours compte, mais créer et dessiner une bande dessinée demande de respecter de nombreux critères, ce qui exige beaucoup de temps et d’énergie. Il faut adapter les dessins pour un écran de téléphone, publier un épisode d’au moins 40 vignettes chaque semaine, rester cohérent avec la narration… Il faut imaginer, scénariser, développer l’univers, les personnages, l’histoire, et dessiner en moyenne 6 cases minimum chaque jour, soit probablement la moitié d’une page de bande dessinée. La performance des auteurs est donc impressionnante !
Cependant, cette productivité a un revers. Elle est rendue possible car les dessins se concentrent essentiellement sur les personnages et les visages, au point que les décors, les grands plans et les détails sont souvent négligés. L’univers paraît vide, alors qu’il a beaucoup de potentiel. Et la lecture peut parfois lasser. Certes, l’absence de décors facilite le travail du dessinateur, lui permettant de réaliser davantage de cases pour respecter les délais de publication. Mais serait-il préférable que les lecteurs attendent un peu plus longtemps pour voir des visuels plus détaillés ?
En outre, le début de l’œuvre est assez difficile à appréhender. Beaucoup d’informations essentielles à la compréhension du webtoon arrivent en 2-3 épisodes, et il peut être nécessaire de relire les premiers chapitres pour tout saisir. Quelques incohérences scénaristiques viennent aussi ralentir l’immersion dans le récit.
« À moi, l’item légendaire » par rapport aux autres webtoons
En quelques mots, bien que « À moi, l’item légendaire » soit un bon webtoon d’aventure / action, il reste dans les codes de l’isekai (genre où le personnage ressuscite ou arrive dans un univers parallèle, avec la possibilité de changer sa vie) et du nekketsu (webtoon et manga qui valorisent le dépassement de soi, la volonté de réussir et l’amitié). Ce qui distingue « À moi, l’item légendaire », c’est son incorporation de la mythologie nordique. Mais cela ne suffit pas à le rendre unique. Le webtoon reste assez similaire à d’autres œuvres du même genre : un protagoniste faible qui, à la suite d’un événement tragique, de sa chance et/ou d’une aide extérieure, devient de plus en plus puissant.
Au final, même s’il n’est pas révolutionnaire, « À moi, l’item légendaire » saura plaire, surtout à un jeune public, aux passionnés de mythologie nordique et aux amateurs de webtoons du genre nekketsu / isekai.
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