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Pas mal
18 novembre 2024
Rappelez-vous, le premier volet de cette adaptation en quatre tomes nous a fait découvrir le pauvre Duc Hawkmoon qui, terrassé par la fourberie du Roi-Empereur et de ses sbires, s’est vu greffer une horrible gemme noire sur le front. Et dans le deuxième tome, notre pauvre héros est partagé entre sa volonté d’aider les opposants à ses ennemis et l’obligation de les trahir, sous peine de perdre la raison.
Là, c’est fort résumé, mais on vous conseille vraiment la lecture de ces deux albums qui forment un premier cycle au sein de cette adaptation. Les des deux tournent autour de la région de la Kamarg et des affrontements qui s’y déroulent, tant dans les manigances de palais que via les gigantesques affrontements entre les puissances en présence.
Le tempo change avec ce troisième tome : on quitte le bruit et la fureur pour demeurer uniquement avec le Duc Hawkmoon, qui ne dispose que de trois lunes pour rompre la maléfice dont il fait l’objet. Il est en route pour rejoindre un mage perse, sauf que tout l’empire est à sa poursuite. Pourtant, la flèche qui abat sa monture n’est pas granbretonne, mais bien tirée par un petit homme mort de faim. Après s’être remis de sa chute, Hawkmoon aurait dû reprendre la route le plus rapidement possible, mais il tombe par hasard sur le médaillon d’Yisselda, la fille du Comte de Kamarg dont il est épris. Il décide donc de tirer au clair les mystères de ce pays des Bulgares, sans savoir que son songe prophétique du tome précédent va y trouver une sombre réalisation.
Après les excellents deux premiers volumes, il semblait compliqué de maintenir le niveau et effectivement, ce troisième tome subit une baisse de rythme. La faute n’en revient pas à l’adaptation de Jérôme Le Gris qui respecte la trame du premier roman de la saga de Mickael Moorcock. En allant vers l’Est, on perd l’idée des grandes batailles et les seules cités que l’on rencontre sont désertées. On ne profite donc plus du contraste d’atmosphère entre la Kamarg bleutée et l’asphyxiante cité de Londra, mais l’on erre dans une aura grisée où on se demande un peu ce qui se passe, comme notre héros.
Est-ce lié à un surcroît de travail ? En tout cas, Benoît Dellac qui a réalisé un merveilleux boulot sur les deux premiers albums avant de lâcher un peu les chevaux en fin de tome 2, se fait maintenant aider par Luca Bulgheroni à l’encrage. Un peu dommage, car ce domaine est l’un de ceux où Dellac se distingue le plus. Le récit reste soigné, mais perd un peu en force avec un premier cycle tonitruant.
Pourtant, l’équipe d’auteur ne démérite pas et l’on passe un moment agréable auprès de ce personnage torturé. Un passage immanquable avec le dernier opus qui marquera la conclusion de l’adaptation de ce premier roman et que l’on attend de pied ferme.
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