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Très bon
5 février 2026
Toute jeune, Skara est déjà une guerrière viking des plus féroces. Son agilité, sa force et sa vitesse sont bien supérieures à la moyenne. Et sa puissance n’a d’égal que son courage. Elle doit ses atouts au don du Loup qu’elle reçut à la naissance. À 5 ans, elle allait déjà à la chasse avec son père. Mais ce dernier disparaît prématurément, tué lors d’une bataille contre les Anglais. Par la suite, Skara est élevée seule par sa mère qui, désespérée, se tourne vers le dieu Odin et embrasse la religion, devenant prêtresse. Tout va pour le mieux pour Skara et sa mère, sous la protection des dieux. Enfin, c’est ce qu’elles croient.
Un jour, en rentrant de la chasse, la jeune fille découvre le corps sans vie de sa mère. C’est alors la désillusion. Acculée, Skara finit par incendier un temple sacré d’Odin, brisant le sceau qui retenait d’effroyables créatures d’autres mondes.
On pense, par certains aspects, au mythe d’Ulysse : en aveuglant le Cyclope, il attire sur lui le courroux du dieu Poséidon, père de la créature, et se retrouve condamné à une errance ponctuée de confrontations avec de multiples créatures, en gardant espoir de revoir un jour son pays.
Sa situation, Skara l’a en partie déclenchée et désormais, elle doit en assumer les conséquences et se lancer dans une quête initiatique, entre deuil, secrets et résilience. Les épreuves de la vie ont insufflé à Skara un certain cynisme et nourri en elle une aversion du commun des mortels, mais aussi et surtout des divinités. Du haut de ses 15 ans, elle combat désormais les plus redoutables chimères, accompagnée de compagnons d’infortune : Runa, une prêtresse dont le savoir n’a d’égale que son insolence et Bojam, un prêtre fort sympathique, bien que relégué tout en bas de l’échelle alimentaire.
Ce trio, haut en couleur, n’a rien de parfait ni de bien fusionnel - du moins pour l’instant - mais il n’en est pas moins plaisant et attachant.
La rencontre entre l’univers de la mythologie nordique et un aperçu du miracle chrétien, s’avère particulièrement stimulante. Ce mélange mérite d’être développé par la suite. L’univers fantastique foisonnant apparaît déjà pleinement rodé. Il faut dire que la série s’engage dans la durée, avec six tomes annoncés et, en prime, les couvertures des trois premiers déjà dévoilées. Il n’y a pas à dire, la qualité visuelle est au rendez-vous, de l’expressivité, aux décors, en passant par les scènes de combat. L’œuvre joue avec harmonie sur les contrastes de couleurs chaudes et froides, à l’image de son ton qui oscille entre sérieux et humour décalé. Le dessin, résolument jeunesse, n’élude jamais la gravité de certaines séquences et laisse transparaître une influence manga. Ajoutons à cela la trame typiquement Shōnen.
En outre, Skara chasseuse de monstres s’annonce déjà comme une série pleine de potentiel. On attend la suite au pied levé.
Par Rémi BARNAULT
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Le premier tome de Skara, chasseuse de monstres est en vente aux éditions Glénat, pour 12 €.