Très bon
2 octobre 2024
Loretta Wright dite Lolo, jeune adolescente surdouée, découvre la vie du lycée avec ses hauts et ses bas, ses camarades méprisants et ses profs pas toujours très dynamiques… mais bon, elle l’aime bien, sa petite vie à Brooklyn ! Enfin… jusqu’à ce qu’elle se découvre d’étranges pouvoirs en plein milieu d’une arrestation. Skin cherche alors à la recruter dans son gang, et il mettra tout en œuvre pour cela, quitte à menacer la famille de la jeune fille.
Écrit et scénarisé par la chanteuse aux douze Granny Awards Alicia Keys et le scénariste Andrew Weiner, et illustré par Brittney Williams, Girl on Fire raconte les aventures palpitantes de la jeune Lolo, ainsi que de sa famille. Dans la veine des comics américains, surtout ceux du nouvel âge des superhéros, l’histoire se concentre sur les relations entre le protagoniste et son entourage. Si l’on ajoute les thèmes de la littérature afro-américaine comme l’importance de la famille et la lutte sociale, on obtient un livre typique de cette nouvelle génération de superhéros. Dans la continuité des Teen Titans, le héros n’est plus un être solitaire comme Batman ou Superman, mais un jeune protagoniste qui cherche encore sa place dans un monde complexe.
Ce style de comics met en scène des personnages forts et bien caractérisés. En effet, si l’héroïne doit se battre pour ceux qu’elle aime, il est important que chaque personnage soit bien défini. Le lecteur doit croire qu’elle est prête à tout pour les défendre. Et Girl on Fire réussit son pari. James n’est pas un simple PNJ (Personnage Non Joueur) insipide à sauver, mais il a son intrigue secondaire, ses enjeux, et ses propres relations qui ont une influence sur le récit. Il en va de même pour le père de Lolo, bien qu’il reprenne le cliché du père de famille travailleur et un peu bourru prêt à tout pour défendre sa famille. Pensez au père de Miles Morales dans les derniers Spiderverse, et vous avez l’essentiel du personnage.
Les personnages ont des visages bien marqués, avec l’utilisation de lignes droites pour dessiner les contours de la mâchoire ou du nez par exemple. C’est aussi le cas des mouvements qui expriment la puissance des coups assénés, par l’intermédiaire de plans très rapprochés de l’action. Les pages font alterner cases carrées et scènes en pleine page, les fameux splash panels des comics. Autre aspect important du livre, qui structure autant le dessin que la narration, l’histoire est divisée en chapitres aux titres évocateurs : « La bonne manière de mourir », « Quand une fille ne peut plus être elle-même »… Un choix intéressant, qui rappelle le rythme de parution original des comics. Car bien que Girl on Fire soit publié en un seul tome, les auteurs ont clairement voulu rendre hommage au format des comics, publiés de manière hebdomadaire. Chaque chapitre se termine ainsi sur le fameux "cliffhanger", encourageant le lecteur à tourner la page. Estimons-nous heureux de n’avoir que ce simple geste à faire, plutôt que d’attendre le prochain épisode chez le marchand de journaux !
L’autrice-chanteuse qui a intitulé ce livre d’après un de ses albums explique s’être inspirée du personnage de Katniss Everdeen dans la saga des Hunger Games. On retrouve ainsi l’histoire de cette jeune fille en bas de l’échelle sociale, qui se hisse vers le haut à la seule force de ses efforts et de ses propres pouvoirs, tout en entraînant avec elle les membres de sa communauté. Si vous aimez les comics Teen Titans, ou les aventures de Miles Morales de l’univers Ultimate, Girl on Fire est fait pour vous. Pour tous les autres, il propose une découverte intéressante, et surtout en un seul volume. Alors si vous hésitiez, faites comme Loretta, prenez votre courage à deux mains, et sautez le pas !
Par Akira OIKAWA
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La chanson Girl on Fire de l’autrice-chanteuse, qui a inspiré le livre ici