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La série est née en 1977 dans le célèbre Le Trombone Illustré, ce supplément dissident du journal de Spirou dont Didier Pasamonik vous parlait encore tout récemment. Fred Jannin n’a alors que vingt ans. Il ne le sait pas encore, mais une longue carrière d’auteur de bande dessinée l’attend. Il va côtoyer Franquin, qui lui donnera de précieux conseils, entre autres, pour l’album Les Démêlés d’Arnest Ringard et d’Augraphie (premier album de la série « Carte blanche Spirou à » publié en format broché en 1981 chez Dupuis, il reparaîtra en format cartonné et agrémenté de nombreux bonus en 2006 chez l’éditeur Marsu Productions).
Germain Et Nous, dont le scénariste est alors un copain de classe, Thierry Culliford (le fils de Peyo), rencontre un énorme succès auprès des lecteurs du journal. Il sera de nombreuses fois en couverture de Spirou, aura l’honneur de posters agrafés et la dernière page de l’hebdomadaire lui sera réservée durant des années.
Cet engouement s’explique notamment par le caractère novateur de la BD. Elle parle aux ados qui se retrouvent complètement dans les personnages. Ils se réunissent pour ne rien faire. Ils adorent aller dans les fast-foods qui commencent à s’implanter dans les grandes villes. Ils écoutent de la musique rock dont ils sont fans. Ils doivent supporter l’autorité parentale.
Bref, si vous étiez un ado entre 1979 et 1992 [1] et que vous lisiez Spirou, vous ne pouviez pas passer à côté de cette bande de jeunes. Celle-ci a accompagné toute une génération qui, brutalement, en 1992, a dû s’en passer. C’était comme un au revoir à sa propre adolescence. On la quittait en même temps que Germain disparaissait.
Vous comprendrez le sentiment de nostalgie que procure l’évocation des 14 albums parus chez Dupuis et ensuite republiés sous la forme d’une intégrale en quatre volumes aux Editions Le Lombard en 2003. Une autre intégrale en un volume, agrémentée d’un ex-libris numéroté et signé, limitée à 2.500 exemplaires sera éditée aux Éditions Dupuis en 2015.
Mais toutes ces republications, même si elles étaient rehaussées de bonus importants et intéressants, ne comblaient pas tout à fait les fans désireux d’un nouvel album. Face à cette demande répétée et insistante, Frédéric Jannin se lance dans une nouvelle série, « Que Du Bonheur » (quatre tomes parus entre 2004 et 2008 chez Le Lombard avec dans le premier tome, une préface d’un autre ami prestigieux de l’auteur : Marcel Gotlib), qui reprend ses personnages mais vieillis, arrivés à l’âge adulte avec des problèmes et des intérêts non plus d’adolescents mais de parents divorcés pour la plupart. Le public de « Germain et Nous » est ravi de retrouver ces vieux copains de lecture qui ont pris un peu d’âge comme eux.
Il reste, toutefois, un petit goût de trop peu. Germain, c’était plus joyeux que ça. Et puis, on a beau avoir pris de l’âge, l’ado sommeille toujours en chacun de nous (tout comme l’enfant, d’ailleurs). Le public aimerait tant un tome 15 de Germain et Nous qui poursuive la collection. Espoir vain dont tous les lecteurs avaient fait leur deuil.
N’oublions pas que dans l’entretemps, Frédéric Jannin aura consacré dix ans à la restauration des planches de Gaston et ensuite du Spirou de Franquin.
Seulement voilà, on apprend que, ça y est, ce prochain album va bien sortir aux Éditions Robinson en janvier 2027. Ce qui marquera, par la même occasion, le 50e anniversaire de la série. Ce titre sera scénarisé par Gilles Dal, comparse de Fred depuis des années (Jannin aime le présenter avec un délicieux jeu de mots : « et voici mon ami Dal »). Ensemble, ils ont concocté quelques pépites chez divers éditeurs (trop nombreux à énumérer), dont le dernier en date est Avec Les Compliments Du Chef, paru en 2022 chez l’éditeur Anspach.
En attendant ce prochain album, intitulé Qu’Est-Ce Qu’on A fait ? (référence au premier titre « Qu’Est-ce Qu’On Fait ?) à paraître le 27 janvier 2027 aux Éditions Robinson (Hachette) et qui comportera 56 pages, ces nouvelles planches paraissent dans le quotidien Le Soir, plus gros tirage de la presse francophone belge, dans lequel est né « Le Chat » de Philippe Geluck.
On viendra vous en reparler. C’est promis !
Par David SPORCQ
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[1] (année qui connut la fin de la série scénarisée par Serge Honorez pour les quatre derniers titres)
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