C’est une expo monographique, qui commence avec cette révélation : le talent de Geluck ne vient pas de nulle part : il a un père caricaturiste de presse puis distributeur de films, son frère fait de la peinture et sa jeunesse fut consacrée au théâtre et à la TV. Ludion de la lucarne, il a un sens inné du show. Il a conscience très jeune de sa faculté de faire rire.
Dès lors, il explore adolescent ces différentes appétences avant de les fusionner en une seule : le stand-up du Chat qui apparaît en 1983 dans le quotidien belge Le Soir avant de passer à (A Suivre) et dans plein d’autres journaux, tandis que son auteur fait l’amuseur de la télé belge avant de conquérir la France. Le succès est énorme. Le Chat devient l’une des BD les plus vendues de la francophonie.
Un parcours en Ligne claire
On ne va pas dire que Geluck et Hergé étaient de mèche puisque le créateur du Chat n’a plus grand-chose sur le caillou. Mais ils sont tous les deux belges et bruxellois et publiés par les éditions Casterman. L’expo commence par ses premiers dessins ; ceux de l’enfance et puis les premières créations influencées par les dessinateurs dont il découvre très jeune les œuvres : Steinberg, Folon, Siné, Bosc, Chaval, Sempé, Reiser…
Voyant la difficulté qu’a eue son père de percer comme dessinateur de presse, il devient d’abord comédien pendant dix ans avant de se retrouver sur la TV belge d’abord, où il est un humoriste et un chroniqueur recherché, avant que Laurent Ruquier et Michel Drucker ne repèrent ses qualités d’amuseur public. Des émissions de grande écoute où son esprit affuté fait merveille. Sa carrière est lancée, gags et albums s’enchaînent. On ne manque jamais de vous le signaler sur ActuaBD.
Le rire comme œuvre d’art
Mais très vite, Geluck voudra sortir des cases. Faire un show de ses dessins. Ces dernières années, Le Chat investit les musées et les galeries d’art. À Paris, les Beaux-Arts l’accueille en 2003 puis le Musée en Herbe en 2016 où déjà, il confrontait ses œuvres aux plus grands artistes de l’Histoire de l’Art avant d’exposer ses sculptures monumentales en bronze sur les Champs Élysées en 2022 et un peu partout en Europe et d’inaugurer le Musée du Chat à Bruxelles en 2027.
Toutes ces expositions sont des spectacles. Dans celle du Musée Maillol, on a droit, après une série de gags iconiques, à un moment où Geluck et le Chat revisitent l’histoire de l’art. Au mur, de prestigieux « confrères » du dessinateur, nommés Warhol, Calder, Picasso, Banksy, Vermeer... Ils sont exposés ou parodié à côté de ses œuvres, avec un focus particulier sur L’Origine du monde de Gustave Courbet représenté par une copie attribuée à Magritte. Geluck rappelle par là qu’il est né en Belgique, sur une terre d’élection du Surréalisme.
On aborde ces figures de l’histoire de l’art toujours avec le sourire, lequel est déjà souvent présent chez ces modernes (rappelons nous des farces de Marcel Duchamp) mais les doctes historiens de l’art qui transforment en plomb ce qu’ils touchent l’oublient parfois au moment de les transmettre. L’art pourtant n’est qu’un rire narquois arraché à l’éternité.
Interview : Didier Pasamonik & Kelian Nguyen. Montage : Alice D’Andrea.
Voir en ligne : LE SITE DE L’EVENEMENT
Par Didier PASAMONIK
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Geluck expose Le Chat
Juqu’au 31 janvier 2026
Musée Maillol
59-61 Rue de Grenelle
75007 Paris
Photos : D. Pasamonik (ActuaBD)
Lire sur ActuaBD la chronique du dernier album du Chat par Rémi Barnault