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Un matou anthropomorphe à l’allure soignée à l’image de son costard cravate ; calme en toute circonstance, philosophe comique, empli de sarcasme noir : nul doute, il s’agit du chat de Philippe Geluck. Doté d’une répartie aiguisée comme ses crocs, Le chat, est un OVNI de la BD. Entre gags en une seule image, en un strip, deux, voir trois, parfois en couleur, d’autres en noir et blanc, il arrive même qu’il s’efface entièrement au profit d’une illustration réaliste, n’y laissant même pas sa langue.
En clair, chaque album est un bien beau bordel organisé. Il faut dire qu’avant d’avoir droit à ses propres recueils, le chat faisait ses premières apparitions dans le quotidien belge Le Soir, où il servait à ses débuts à compléter les pages. Le succès fut au rendez-vous. Mais ce n’est qu’aujourd’hui, au crépuscule de 2025, que l’auteur nous livre un récit complet du chat en BD. Et pas n’importe lequel : son origine !
Car en effet, Le Chat ne se réduirait pas à être l’alter ego de son créateur. On apprend que ce chat - qui n’a d’autre identité que le nom de son espèce - a eu une existence bien avant d’être un personnage de bande dessinée. Mais son unique but était alors de le devenir, quand bien même personne ne croyait en lui. Il lui fait alors trouver dessinateur à son pied. Si on connaît bien évidemment le candidat sélectionné, il est savoureux de voir les péripéties de l’animal et ses diverses rencontres au fil du récit. Un vrai théâtre burlesque, à l’image de la couverture de l’album.
On y retrouve l’essence même de ce qui fait le succès du minet depuis plus de 40 ans, c’est-à-dire un dessin simple, clair, beaucoup d’humour et d’excentricité. Le récit est assez efficace, bien que plutôt court. Pour compléter et atteindre les 48 pages traditionnelles, l’auteur y ajoute des strips et illustrations, hors sujet principal, ainsi que les tout-premiers dessins du chat.
Si l’origine du chat est en vente pour 12,95 euros, dans son format traditionnel, il est à noter qu’il existe une version “luxe” - on pèse nos mots - pour pas moins de 260 euros. Il est tout à fait humain de se demander quelle peut bien être la valeur ajoutée d’une telle édition. En plus d’un format plus grand de 29,7 × 42 cm, cette édition compte huit pages supplémentaires par rapport à la version classique. Dans cette formule, une sérigraphie numérotée et signée est incluse, ainsi qu’un authentique slip belge, "le seul dans lequel les tâches de pipis ne se voient pas". Rien que cela. Une édition limitée, naturellement.
Par Rémi BARNAULT
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Le 25e tome du chat est en vente aux éditions Casterman, pour 12,95 €.