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Pas mal
4 décembre 2025
Jeanne, étudiante en cinéma, rêve de réaliser ses propres films… pornographiques. Risée par ses camarades et traquée par un flic infiltré chargé de contrôler les mœurs, elle se bat pour imposer sa vision et renverser ce qu’on n’appelait pas encore le « male gaze ».
S’il s’appuie sur une réalité méconnue — celle de la puissance de l’industrie du cinéma pornographique en France — le scénario s’apparente plutôt à un vaudeville, une comédie loufoque dans laquelle le flic plus ou moins ripou est mené en bateau. Les allusions sexuelles, les jeux de mots et les situations absurdes s’enchaînent pour donner à France Profonde un faux côté polar.
Le personnage de Jeanne tente d’apporter un regard critique sur cette industrie du 7e art, passée comme présente, mais aussi sur son traitement par l’État, sans pour autant toucher le fond du sujet, au bénéfice d’une réflexion globale sur la situation volant au niveau de la ceinture.
Pour son deuxième album, Eliot garde sa technique d’encrage au pinceau sec. Les attitudes de ses personnages sont encore marquées par l’influence de Blutch. Mais le jeune auteur belge, de par ses compositions et ses cadrages plus classiques, affirme son caractère.
Les couleurs sépia et rétro de Kathrine Avraam plongent immédiatement l’album dans l’ambiance et l’esthétique de ces années d’après-guerre.
Une aventure douce qui introduit un univers oublié et qui paraît presque aujourd’hui impensable.
Par Kelian NGUYEN
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France Profonde - Par Kris, Swann Dupont, Eliot & Kathrine Avraam - Ed. Albin Michel