Dragon Ball Daima : une dernière danse ratée ?

Par Jacques LOBE Bof 20 mars 2025 
Diffusée depuis la mi-octobre, Dragon Ball Daima est la dernière œuvre sur laquelle Akira Toriyama a travaillé. Elle a pris fin le 1er mars 2025 au Japon - date anniversaire de la mort du mangaka -, avec son 20e épisode titré “Maximum”. Un titre qui, en japonais, fait référence à la capacité des Saiyen d’augmenter leur puissance après avoir récupéré de blessures presque mortelles : le “Zenkai”. Outre cet ultime hommage, il est temps de voir si la série a su conquérir son public.

L’histoire se déroule après le combat opposant Goku et Buu. Suite à la mort de l’ancien Roi des démons Dabra, c’est son servant Gomah qui le succède. Il se rend sur Terre avec son bras droit Degesu pour utiliser les Dragon Ball et exaucer trois vœux. Certes ils réussissent à les réunir en un temps record, mais ils ne peuvent exaucer qu’un seul vœu : Celui de rajeunir Goku et ses amis, qui représentent une menace potentielle pour son règne. C’est sans compter sur l’aide de Glorio, venant du Royaume des démons, que nos guerriers vont faire tomber le souverain et retrouver leur état normal. Le tout en sauvant Dendé, qui a été enlevé par Gomah et Degesu.

Un potentiel infini
S’il y a bien un point à retenir sur l’intrigue, c’est l’accent mis sur l’aventure. Pour rappel, Dragon Ball est inspiré de l’épopée chinoise de la Pérégrination vers l’Ouest, dans laquelle le roi singe Sun Wukong - Son Goku en japonais - doit trouver sept parchemins. Une quête présente dans toutes les séries animées, à l’exception de Dragon Ball Super. Et pour cause, cette dernière illustre l’un des arguments utilisés par les détracteurs, à savoir une simple succession de combats. Dragon Ball Daima ne suit pas ce schéma. On retrouve la patte de Toriyama, avec ces vastes mondes ouverts et colorés. Au fil de leur quête des trois boules de cristal, les protagonistes voyagent dans les trois mondes du Royaume. Ils découvrent sa culture et son histoire, notamment les origines sur la race de Piccolo et de Shin. De quoi donner plus de profondeur à un univers déjà bien développé.

Dragon Ball Daima : une dernière danse ratée ?
© BIRD STUDIO / SHUEISHA, Toei Animation
© BIRD STUDIO / SHUEISHA, Toei Animation

Étant la cinquième série animée basée sur l’œuvre de Toriyama et la seconde où l’on voit Goku redevenir enfant, on ne peut s’empêcher de penser aux précédentes. La Toei Animation suscite justement la nostalgie avec diverses références. Par exemple, le fait que les héros arrivent sur une planète de géants, comme dans Dragon Ball GT. Sans oublier les références visuelles, comme la transformation en Super Saiyan 3 de Goku reprenant les plans de l’époque. De plus, le studio suit une règle instaurée depuis Dragon Ball Z : à chaque nouvelle série, il faut un nouveau dragon légendaire et une nouvelle transformation. Cette règle permet de rendre canon, c’est-à-dire d’intégrer dans l’histoire originale, deux formes. Une que nous n’avons jamais vue - excepté dans les jeux vidéos -, Vegeta Super Saiyan 3, et une autre qui signe son grand retour, le Super Saiyan 4.

Vegeta Super Saiyan 3
© BIRD STUDIO / SHUEISHA, Toei Animation

Tout ça pour ça
Bien que l’animation soit au rendez-vous sur l’intégralité des épisodes, ces derniers posent un problème majeur. Sur les 20 épisodes, seulement trois sont consacrés à la quête des boules de cristal, trois autres à l’arrivée dans le Royaume, et les quatre derniers au combat final contre Gomah. Autrement dit, la moitié de la série peut être mise de côté. Ce déséquilibre est dû au rythme très lent des épisodes, qui cherchent à nous immerger dans ce nouvel univers. Une bonne idée gâchée par la pluralité de clins d’œil, auxquels s’ajoute un humour tantôt lourd tantôt enfantin. On peut citer comme exemple le commando de Gomah, qui rappelle fortement le Commando Ginyu de Freezer, ainsi que les blagues liées aux selles en raison du rajeunissement de Goku. Au final, en voulant bien faire, la série a répété les erreurs commises par le passé.

Bien évidemment, tout n’est pas à jeter. Les combattants dévoilent progressivement l’étendue de leurs pouvoirs, dans des affrontements dynamiques et bien chorégraphiés. Les séquences de transformation sont tout aussi magnifiques, à l’instar de celle où Goku se transforme graduellement face à Gomah. Sa dernière forme illustre parfaitement le second problème de la série : elle souffre d’un cruel manque d’impact. Que ce soit les personnages ou bien leurs capacités, on a l’impression qu’ils sont seulement là pour combler un vide, celui du scénario. Ce dernier reste simple, peut-être trop, et ne présente rien de vraiment nouveau hormis le cadre. Difficile alors de suivre une histoire qui ne va pas bien loin, une histoire dans laquelle les enjeux sont vus à la baisse. On passe des combats contre des menaces interplanétaires à de vulgaires démons. C’est pour cela que la nouvelle apparence de Goku, bien qu’elle ait fait parler d’elles, ne dégage rien. Elle apparaît en un claquement de doigt, grâce à la magie de Neva.

Goku Super Saiyan 4
© BIRD STUDIO / SHUEISHA, Toei Animation

La vitrine animée
Suite au succès de l’œuvre originale, Dragon Ball est devenu une franchise, une marque à part entière. Qu’elles soient télévisées ou cinématographiques, toutes les productions ont pour objectif de promouvoir un maximum de goodies. C’est dans cette optique que Daima intervient, en privilégiant la forme plutôt que le fond. Le fait de voir Goku enfant dans le jeu Dragon Ball Sparking Zero le jour de sa sortie confirme cette idée. Il sera rejoint par Vegeta enfant et Glorio. Les autres jeux ne sont pas encore oubliés, puisqu’il sera possible de revivre cette saga dans Dragon Ball Xenoverse 2 et Dragon Ball Z Kakarot.

Outre les écrans, on aura sûrement des figurines de différents personnages, notamment Ultra Vegeta - c’est ainsi qu’il nomme sa forme en Super Saiyan 3 - et Goku Super Saiyan 4. Par ailleurs, lorsqu’il l’atteint cette forme pour la première fois, on a l’impression de voir un jouet bouger. La série apparaît alors comme une campagne marketing, une vitrine qui nous laisse imaginer tout un tas de produits dérivés.

Goku (enfant) Super Saiyan 4
© BIRD STUDIO / SHUEISHA, Toei Animation

Malgré une animation réussie, la série reste une grande déception. Les fans se retrouvent avec une version moderne de GT, qui partage les mêmes défauts. Qu’adviendra-t-il de la licence Dragon Ball sur le petit écran ? Aurons-nous un remake de Dragon Ball Z, comme le souhaitent les internautes ?

© BIRD STUDIO / SHUEISHA, Toei Animation

Par Jacques LOBE

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