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29 décembre 2025
Dans cet opus, l’arc du Roi démon Piccolo atteint son apogée, mêlant mystique et tragédie, avec un récit centré tout d’abord sur la confrontation entre le Tout-Puissant — dissimulé sous une identité humaine (Shen) — et son double maléfique, Piccolo. Le but du dieu sous forme humaine est clair : sceller définitivement Piccolo et mettre fin au règne de terreur qu’il exerce sur le monde, mais ses techniques de combat se révèlent vite insuffisantes face à la brutalité et à la ruse du démon.
Pendant que les deux entités issues d’une même âme se déchirent, Goku, à la fois témoin et acteur en devenir, commence à saisir l’ampleur véritable de cet affrontement, qui dépasse les simples arts martiaux.
La suite s’avère tout aussi passionnante avec la finale du tournoi opposant Goku et Piccolo.
La tension narrative ne faiblit jamais : chaque chapitre enchaîne rebondissements, coups de théâtre et retournements, faisant monter la violence et le désespoir vers un final tout simplement homérique.
La Full Color met particulièrement en valeur l’atmosphère de fin du monde : le combat se déroule dans une lumière de crépuscule qui confère presque une aura sacrée au duel entre le divin et le démoniaque. Les à-côtés de la bataille — réactions des habitants, regards impuissants des combattants secondaires, traces du chaos laissé par Piccolo — enrichissent ce sentiment d’immense catastrophe planétaire, tout en préparant le rôle futur de Goku comme éventuel sauveur de l’humanité.
Ce dernier volume de l’arc « Le Roi démon Piccolo » impose un tournant décisif dans Dragon Ball, en assumant pleinement sa dimension de roman d’apprentissage plutôt que de simple manga d’action. Le duel final entre Goku et Piccolo, magnifié par la couleur, offre une densité dramatique rare dans les premiers arcs de la série, avec une mise en scène qui sait jouer sur les silences, les regards et la verticalité des décors pour donner une ampleur presque mythologique à chaque page.
La mise en couleur, déjà saluée sur les tomes précédents, atteint ici un véritable palier : les ambiances crépusculaires, les contrastes entre les éclats d’énergie et le décor ravagé, ou encore la palette utilisée pour différencier le divin du démoniaque, rendent la relecture de ce passage incontournable, même pour qui connaît par cœur la version noir et blanc.
Le format confortable et l’impression soignée de l’édition Glénat renforcent cette impression de redécouverte, avec un plaisir de lecture qui tient autant de la nostalgie que de la véritable redécouverte graphique.
Du côté du rythme enfin, ce tome est souvent perçu comme l’un des plus intenses de l’arc : la succession quasi ininterrompue d’affrontements et de montées en tension offre une lecture haletante, sans temps mort, mais sans sacrifier pour autant la progression des personnages.
Goku gagne en épaisseur en prenant conscience de l’enjeu spirituel derrière la simple baston, tandis que le Tout-Puissant apparaît moins comme une figure abstraite que comme un être faillible, ce qui renforce la charge émotionnelle lorsque ses limites éclatent au grand jour.
À mes yeux d’amateur éclairé de l’œuvre du sensei Toriyama, cet arc s’avère le plus intéressant de toute la série, tant l’auteur parvient à nous surprendre au détour de chaque page ; si la suite, évidemment, s’avérera tout aussi captivante, cet aspect de narration créative disparaît au profit des « power-up » et de courses incessantes à la puissance.
Ce tome 4 fait partie de ceux qui rappellent pourquoi Dragon Ball reste, des décennies plus tard, une œuvre colossale et toujours aussi vivante. On attend maintenant que la Shueisha nous sorte le remake attendu depuis des années de cette première partie de l’anime.
Par Milan MORALES
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