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Excellent
28 mars 2026
Ce deuxième volume de l’arc Les Saiyans couvre les chapitres 212 à 228 du manga original et s’ouvre alors que l’ombre de Nappa et Vegeta plane déjà sur la Terre. Après l’affrontement contre Raditz, un compte à rebours mortel a en effet été enclenché : deux guerriers de l’espace encore plus redoutables foncent vers la planète bleue, déterminés à en anéantir toute forme de vie.
Pendant que Goku poursuit son entraînement dans l’Au-delà auprès de Kaio, isolé dans ce petit monde perdu au bout du Serpent Road, ses amis n’ont d’autre choix que de se préparer sans lui. Piccolo prend en main la formation de Son Gohan, gamin terrorisé mais au potentiel terrifiant, et le soumet à un apprentissage brutal au cœur de la nature sauvage afin de réveiller la puissance qui sommeille en lui.
Dans le même temps, les ex-compagnons de Goku – Krilin, Yamcha, Ten Shin Han, Chaozu – s’endurcissent sous l’égide de Dieu et de Mister Popo, bien conscients qu’ils partent au combat avec un handicap colossal.
Lorsque les Saiyans atterrissent enfin, la tension accumulée éclate en une série de confrontations d’une violence inédite.
Nappa, véritable bulldozer de guerre, teste les défenses terriennes en lâchant d’abord des Saibaiman, créatures végétales meurtrières qui font déjà des ravages dans les rangs des héros. Très vite, le champ de bataille se transforme en cimetière d’illusions : sacrifices, membres arrachés, rage impuissante… l’arc prend un ton nettement plus tragique que ce que Dragon Ball nous avait montré jusque-là.
Le « prince » Vegeta, lui, observe, jauge, méprise, laissant Nappa mener le carnage pour mieux préparer son propre affrontement avec Son Goku.
Tout le volume ne tourne pourtant pas uniquement autour de la castagne : à travers les réactions de Gohan, de Piccolo ou de Krilin face à la mort qui se rapproche, Toriyama installe discrètement le basculement de Dragon Ball vers la dimension « Z », où le destin de la Terre se joue à coups de décisions extrêmes et de combats à mort. En toile de fond, le retour de Goku se profile comme l’unique rayon d’espoir, mais chaque chapitre rappelle qu’il risque d’arriver trop tard pour sauver tout le monde.
Sur le fond, cet arc des Saiyans a souvent été salué par les lecteurs comme l’un des segments les plus intenses de la série, et la version Full Color ne fait que renforcer cette impression.
La progression dramatique – entraînement désespéré, arrivée des ennemis, hécatombe progressive – y apparaît avec une limpidité redoutable, d’autant que la colorisation souligne très nettement les ruptures de ton : ciels crépusculaires, explosions orangées, sang et poussière donnent une matérialité presque physique aux combats.
L’édition Glénat en grand format (14,5 x 21 cm) offre un vrai confort de lecture : les planches respirent, les cadrages dynamiques de Toriyama retrouvent une ampleur que les petits tankôbon d’époque peinaient à rendre.
Sur les scènes d’action, la lecture des trajectoires, des impacts et des expressions se fait plus fluide, et l’œil peut profiter pleinement des compositions de pages sans se perdre dans une bouillie de lignes.
Le prix, dans la fourchette haute d’un shônen, reste cohérent au vu du format, de la pagination (environ 248 pages) et du travail de colorisation.
Narrativement, on sent très clairement que l’on franchit un cap : le ton plus sombre, les morts de personnages installés, le rôle central de Gohan et l’aura de menace quasi mythologique des Saiyans donnent à l’ensemble une densité émotionnelle que le simple souvenir de l’anime ne rend pas toujours.
La Full Color accentue cet aspect en jouant sur les contrastes entre les scènes d’entraînement lumineuses et les batailles apocalyptiques teintées de couleurs brûlées, ce qui renforce l’idée que la Terre bascule dans une guerre sans retour.
Pour un lecteur déjà familier de Dragon Ball, cet album agit comme une redécouverte : les pages que l’on croyait connaître par cœur retrouvent une fraîcheur inattendue grâce à la mise en couleur et au grand format.
On pourra chipoter en notant que certains puristes préfèreront toujours la nervosité du noir et blanc, où chaque trait de Toriyama garde une spontanéité brute que la couleur a parfois tendance à lisser. Mais dans l’ensemble, ce tome 2 des Saiyans, coincé entre la montée en puissance dramatique et l’annonce des combats titanesques à venir, coche toutes les cases de la « version définitive » pour qui veut replonger dans Dragon Ball aujourd’hui.
Pour les nouveaux lecteurs comme pour les vétérans, il s’impose déjà comme un incontournable de cette collection anniversaire Full Color.
Suite et fin de cet arc en Mai 2026 !
Par Milan MORALES
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