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Parmi les grands vainqueurs figurent Absolute Batman, Absolute Martian Manhunter, Assorted Crisis Events ou encore This Place Kills Me (dessins : Nicole Goux), consacré meilleur ouvrage pour adolescents, offrant à la Canadienne Mariko Tamaki le prix de meilleure scénariste, dans un palmarès où les femmes ne sont désormais plus absentes.
L’Espagnol Javier Rodriguez est le grand vainqueur individuel des Eisner Awards 2026 avec trois récompenses (meilleure mini-série, meilleur dessinateur/encreur et meilleur illustrateur de couverture). Notre chroniqueur Guillaume Boutet n’était pas passé à côté de Absolute Martian Manhunter (Sc. de Deniz Camp) publié en France chez Urban Comics : « L’ambiance de l’histoire s’appuie bien évidemment sur la partition graphique de Javier Rodriguez, qui signe à la fois le dessin, l’encrage et les couleurs. Le résultat est sans conteste psychédélique, avec des perspectives et des teintes qui explosent à toutes les pages. Cependant, la lecture se déroule assez bien : le récit n’est pas labyrinthique, mais emprunte plutôt des détours métaphoriques qui illustrent intelligemment les situations auxquelles fait face John Jones. »
L’Eisner Awards pour une œuvre étrangère revient aussi à la nation rouge et or, avec l’Espagnole Laura Pérez (Nocturnos, publiée en France chez Morgen) qui décidément fait son entrée en fanfare sur le marché français. Dans nos pages, Antonella Francini n’avait pas manqué de célébrer cette ode à la nuit : « Plutôt qu’un récit linéaire, le livre est une balade dans un espace qui depuis littéralement la nuit des temps « ne nous appartient pas ». Il faut accepter de se laisser porter d’un personnage à l’autre, d’un récit à l’autre. On croit parfois en recroiser sans en être totalement certain. Des humains de la préhistoire réfugiés au coin du feu pendant les menaçantes nuits, à la solitude moderne d’une jeune femme tuant l’ennui en se confiant à une intelligence artificielle, en passant par un homme victime d’insomnie et de cauchemars tout le long de sa vie. »
Dans le domaine franco-belge, on est très heureux de remarquer la créatrice néerlandaise Aimée de Jongh est distinguée pour son adaptation de Lord of the Flies (Sa Majesté des mouches) de William Golding, publiée par Dargaud. Voici ce qu’en disait notre chroniqueur Philippe Lebas : « Aimée de Jongh, marquée par la lecture de ce roman durant l’adolescence, a elle-même sollicité l’éditeur du roman pour l’adapter en BD, lui ayant refusé la demande pour des raisons de droits. À l’approche des 70 ans de ce roman, cette impossibilité étant levée, l’éditeur est revenu vers l’autrice, dont on imagine la joie. Elle s’y est pleinement investie, livrant un ouvrage de plus de 300 pages. Son dessin est doux et rond, digne d’une BD jeunesse. »
Dans le domaine asiatique, remarquons la distinction du Coréen Kim Sanho pour Purgatory Funeral Cakes (Ed. Dark Horse), de l’anthologie Akira de Katsuhiro Otomo (Kodansha USA Publishing) ou encore l’ouvrage de l’historienne Andrea Horbinski pour son essai Manga’s First Century sur les origines du manga japonais.
Enfin les Eisner’s Hall of fame qui récompensent un artiste pour son œuvre, dont le jury de professionnels a distingué le scénariste argentin Héctor Germán Oesterheld, assassiné par la junte argentine aux alentours de 1977/78, l’auteur bien connu de Goldorak/Mazinger Go Nagai, tandis que le vote du public consacrait Akira Toriyama, disparu en 2024, aux côtés de Chris Ware, Jeff Smith et Colleen Doran.
Voir en ligne : Le palmarès complet des Eisner Awards 2026
Par Didier PASAMONIK
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