Son parcours ressemble à celui de bien des contemporains : sorti de l’école, ce fan de BD crée un petit fascicule, un « fanzine » (mot formé à partir de « magazine » et « fan »), un organe de liaison pour amateurs de bande dessinée qui, en quelques années, se structure et propose des critiques, des analyses, et surtout des interviews d’auteurs. Des documents devenus aujourd’hui des références pour les chercheurs.
Les premiers temps, ce sont des collectionneurs qui les achètent. On y trouve plein d’informations sur les auteurs, sur les œuvres, sur les séries… Où se procurer certaines publications ? Comment distinguer les premières éditions ?… Les premières productions sont parfois ronéotypées sur la machine de l’école, comme ce fut le cas pour le premier numéro des Cahiers de la Bande Dessinée de Jacques Glénat, devenu depuis un éditeur fameux.
Mais très vite, ces feuilles se professionnalisent -cela s’appelle alors des « prozines ». Dans les années 1960, ils ont pour noms : Giff Wiff, Phénix, RanTanPlan… On y voit des signatures prestigieuses : Goscinny, Winkler, Morris, Alain Resnais, Umberto Eco, Osamu Tezuka même…
Souvent, dans ces fanzines, de jeunes auteurs publiaient leurs premiers dessins : de Loisel à JC Menu, d’Yves Chaland à Stanislas… Ils sont, quelque part, le creuset de la bande dessinée d’aujourd’hui.
Émergent dans ces feuilles à la périodicité parfois aléatoire les grands noms de l’histoire de la bande dessinée : les auteurs américains de l’âge d’or d’abord (Winsor McCay, Alex Raymond, Harold Foster, Burne Hogarth,...) puis les grands Belges contemporains : Hergé, Franquin, Jijé, Jacobs, Peyo, Morris, Jean-Michel Charlier... Enfin la "nouvelle vague" française : Forest, Druillet, Moebius, Tardi, Bilal, Gotlib…
Ces feuilles mettent en contact une génération de jeunes écrivaillons avec des auteurs devenus cultes. Les premiers livres sur la BD commencent à sortir. Depuis, ces jeunes plumitifs sont devenus des références, des auteurs aujourd’hui reconnus sinon vénérés et célébrés : Numa Sadoul, Yves Frémion, François Rivière, Thierry Groensteen, Benoît Peeters, Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault…
Ils sont les passeurs et les promoteurs de la bande dessinée classique et les découvreurs des talents de leur époque, ceux qui ont connu bien des maîtres. Philippe Morin, fondateur et animateur des éditions PLG en est issu. Il nous raconte son histoire.
Voir en ligne : LE SITE DES EDITIONS PDG
Par Didier PASAMONIK
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En médaillon. Philippe Morin. Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)
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