Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Très bon
30 août 2024
Yûko manipule Yuri pour récupérer Reiji et l’obliger à rester. Lui, de son côté, continue de découvrir le passé de sa mère et d’Esemori. Comment a fini la relation entre ces deux-là ?
Plus l’intrigue avance plus les parallèles et les similitudes entre passé et présent sont forts, en particulier dans ce tome. Il s’en dégage une symbolique impactante et tragique au vu des évènements qui se déroulent. Esemori parle notamment de cycle qui se répète dans cette ville où chaque génération est condamnée à vivre la même fatalité sans pouvoir y réchapper. En un sens, les éléments qui se recoupent entre le vécu des adultes et ceux des adolescents accentuent l’idée de cette boucle répétitive, digne d’une tragédie grecque où tout est su à l’avance.
En effet, les personnages du passé et du présent se confondent à travers des personnalités et des traits physiques, mais aussi par leurs actions. Il est facile de percevoir l’apparence et l’esprit de Tchako dans la peau de Saki qui tente désespérément d’attirer Esemori - tout comme le fait Tchako avec Reiji pour partir de la ville.
Mais ce n’est pas tout, car les situations se recoupent également. Pour ne donner qu’un exemple, l’un des passages les plus marquants dévoile sur deux pages un moment extrêmement percutant pour Yûko, et met dos à dos passé et présent. Chacune de ces pages illustre dans la même position Yûko se faisant rejeter d’un côté par Esemori, son premier amour (passé), puis de l’autre par Reiji, son fils unique (présent) en utilisant les mêmes mots. Les deux sont, à des moment différents de sa vie, les personnes les plus importantes pour elle, mais ils la repoussent de la même façon.
Plus on croit à quelque chose plus on en aperçoit les signes. Esemori, qui a fui la ville, n’a jamais réussi à se débarrasser de son ombre, car il croyait à son emprise. L’écrivain, qui n’a pas su se libérer de ses regrets et de ses remords, voit l’apparition de l’idole comme un signe du destin. Ryo Minenami joue de nouveau sur la mise en scène et les vêtements de Nagi pour l’introduire dans la vie d’Esemori ravivant ainsi un souvenir bouleversant qui rappelle l’image de Yûko dans l’incendie.
Il faut également parler du poisson tropical qui apparaît sans cesse sur les couvertures et dans les chapitres. Sa présence notoire à la fois discrète et régulière pose de nombreuses questions. Il avait été, en premier lieu, introduit comme le poisson de Nagi qui est à son image : solitaire, et dont il a hérité le nom. Cette fois, on retrouve le même type de poisson dans le récit d’Esemori à qui il a été confié par Yûko dans leur jeunesse. Il est d’ailleurs mis en exergue lors de la scène où l’écrivain couche avec Yûko faisant écho à celle où Reiji couche avec Nagi dans le volume un. Les deux scènes sont équivalentes et ressemblantes par la mise en scène et la symbolique du poisson. Il n’est pas seulement la représentation de Nagi, mais peut aussi être celle de Yûko, toutes les deux se laissant porter par le courant comme un cadavre. Le bocal est peut-être un reflet de la ville qui empêche de les épanouir et qui noie ses habitants dans ses abysses.
Une autre chose est à relever. Le sort du poisson tropical reste un mystère dans le passé et dans le présent. Celui qui a disparu des années auparavant a vu son bocal brisé sous la pluie par Saki, et l’autre a été jeté dans une étendue d’eau par Tchako. Une comparaison qui n’est pas anodine.
Une conclusion prenante nous est offerte autour de l’histoire d’Esemori et de Yûko. Les nombreux parallèles et symboles accentuent le caractère dramatique du manga et donnent envie de trouver chaque élément mis en écho. Les décors et la mise en scène sont réussis et retranscrivent une ambiance de désespoir tout en dégageant un sentiment de mélancolie sublimé par le trait du mangaka. Une question se pose : que va faire le protagoniste après ces révélations ?
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.