Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Moyen
28 avril 2026
L’un des axes majeurs de ce tome reste la relation entre Yûko et Esemori, ainsi que sa conclusion. Elle prend ici une dimension particulière, portée par une mise en scène volontairement ambiguë et métaphorique. Par exemple, un passage les montre jeunes, assis ensemble, dans un échange autour d’un livre qu’Esemori prête à Yûko, avec cette idée qu’il « l’attendra » jusqu’à ce qu’elle le lui rende. Cette séquence peut se lire de deux façons : soit comme un souvenir, soit comme une projection liée à la mort récente d’Esemori, donnant à cette phrase une résonance différente, comme s’il l’attendait de l’autre côté. Le livre agit ainsi comme un fil conducteur, donnant une portée symbolique au lien entre Esemori et Yûko.
Le final se concentre également sur Nagi et Reiji. Le protagoniste bascule dans la vengeance, déterminé à affronter celui qui a détruit Nagi. Cette montée en tension débouche sur une séquence de confrontation chaotique, où violence, désespoir et pulsions autodestructrices s’entremêlent, donnant lieu à une véritable scène dramatique sous la pluie.
Mais la résolution autour de Nagi ne convainc pas totalement. Son basculement, censé marquer une forme de libération, apparaît soudain et trop rapide au regard de son parcours jusque-là étiré. Le résultat donne une impression de rupture nette. Si l’auteur avait pourtant posé des bases solides sur la psychologie de ses autres personnages, il peine ici à les faire pleinement aboutir. Le cas de Nagi est particulièrement révélateur : son développement, trop limité en temps et en pages, malgré son importance pour le héros, ne permet pas de donner un véritable poids à son basculement, et sa relation avec Reiji en ressort d’autant plus creuse.
Un sentiment de déséquilibre se fait sentir, d’autant plus pour une série qui se voulait une exploration psychologique de ses nombreux personnages. La volonté de conclure plusieurs arcs en parallèle donne une impression de précipitation, voire de manque de liant, notamment autour des révélations liées à la naissance de Reiji. Le volume tente en effet de refermer l’ensemble des arcs secondaires qui ont jalonné la série : amis d’enfance, ancienne professeure, figures du passé… chacun bénéficie d’un retour rapide, esquissant des conclusions parfois expéditives.
Si l’intention est de donner une forme d’aboutissement à tous les personnages, le traitement reste souvent trop superficiel. Des trajectoires autrefois importantes sont résolues en quelques échanges ou ellipses, laissant une impression d’achèvement fonctionnel, comme si la série privilégiait une fermeture globale au détriment de la construction de ses personnages. Une conclusion qui, malgré ses intentions, laisse une impression contrastée entre ambition psychologique et exécution plus précipitée.
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.