VanRah : « Deux mois après avoir mis en ligne "Stray Dog", j’avais un million de lectures par jour... » [INTERVIEW]

Par Jessy LEMESLE Jacques LOBE 14 août 2024 
Autrice de plusieurs séries de mangas réputés, VanRah compte parmi les tous premiers auteurs de mangas européens, que ce soit sur la scène française ou internationale, pour des œuvres de créations originales. Ostéopathe pédiatrique de formation, métier qu'elle exerce toujours à l'heure actuelle, elle avait exercé en parallèle à ses débuts en tant qu’encreuse de comics sur des plateformes numériques avant d'embrasser le manga. Sa série Stray Dog (Glénat Manga) a été plusieurs fois primée en France et à l'étranger, notamment par le magazine spécialisé Animeland pour le Prix du Meilleur manga international 2015, et nominée aux Japan Expo Awards 2016 et 2018 dans la catégorie Meilleur manga international. VanRah adapte également graphiquement Ayakashi – Légendes des cinq royaumes (Glénat Manga) qu'elle coscénarise avec Izu depuis 2017. Elle travaille actuellement également sur MortiCian (Glénat Manga), préquel direct de Stray Dog, série classée, pour sa part, troisième Meilleur manga international 2018 une nouvelle fois par Animeland. Elle était présente à la 23e édition de la Japan Expo 2024. ActuaBD l’a rencontrée pour vous. Elle nous raconte son chemin parcouru d'obstacles et de réussites.

Avant d’entrer dans le sujet, cette question : d’où provient votre pseudo ?

VanRah  : C’est tout simplement le prénom de l’un de mes tous premiers personnages de bande dessinée que j’ai pris un peu à la va-vite car, à l’époque, en tant qu’auteur-amateur, on ne nous laissait pas beaucoup de chances. J’ai écumé un tas de concours amateurs car ils étaient généralement sponsorisés par des maisons d’édition. Je me suis dit : si jamais par chance un de mes personnages était repéré, au moins ils verraient plus facilement mon travail. À un moment donné, les résultats étaient potentiellement publiables dans le grand journal de la région. Et à l’époque, mes parents étaitent plutôt contre cette idée. Pour eux, c’était carrière scientifique ou rien.

À l’occasion de ce concours, je n’étais pas censée y être, j’aurais dû être chez moi. Pour le gagnant, l’accès à la gloire, c’était soit la photo, soit le nom ou les deux. Mais je ne me voyais pas mettre ma photo. Et puisque mon père lisait tous les jours ce journal, si jamais il tombait là-dessus, il aurait peut-être piqué une crise. On m’a expliqué que j’avais la possibilité de prendre un nom de plume. C’est normalement quelque chose qui se réfléchit longuement… Mais, je n’ai eu que cinq secondes pour y penser… Quelque temps avant, j’avais proposé une petite BD avec un personnage nommé VanRah. Alors je l’ai choisi. Et comme j’ai gagné le concours, c’est devenu mon pseudo.

Vos premières BD étaient dans quel registre ?

J’ai tout suite voulu proposer des narrations qui s’apparentaient à du Seinen, [1] et à des relectures de contes. Tout cela s’est passé vers 2008-2009. À l’époque, c’était un genre plutôt réservé aux hommes. Une fille -même en BD -, c’est plus compliqué pour se faire publier. On est davantage pressenties pour de la BD jeunesse,, nous ne sommes pas considérées comme compétentes dans le Seinen. Je suis arrivé dans un format Seinen assez peu exploité jusque-là, du moins tel que je voulais le faire : le fantastique, avec en plus de la relecture des contes.

Mon pseudo préservait surtout mon identité d’auteur – en tant que femme faisant du Seinen. Je ne voulais pas que l’on me cantonne à la BD jeunesse, voire au Shojo ou à la tranche de vie...

Les mentalités sont en train de changer ?

VanRah  : Je ne peux pas vous le dire car j’ai eu la chance d’avoir percé dans le registre que je voulais, avec l’éditeur que je voulais. Donc je ne peux pas me prononcer. Au niveau des concours ou des prix littéraire, cet a priori-là est toujours présent. Par exemple, Stray Dog est la série à mon actif qui a reçu le plus de prix…et de prix retirés lorsqu’ils sont su que j’étais une auteure française et féminine au titre que, pour ces deux raisons, cela ne serait pas du bon manga… C’est la seule expérience dont je peux témoigner. Si pour les autres, cela est en train de changer, tant mieux. Cela ne pourra être que bénéfique car une multitude de choix et davantage d’ouvertures scénaristiques seront à l’œuvre. L’épée de Damoclès menacerait moins une autrice qui échoue - encore plus que pour mes homologues masculins. En tout cas, j’ai la chance de faire partie de ce milieu depuis plus de dix ans maintenant. J’espère que je me suis faite une petite place en plus d’avoir conquis un lectorat formidable, que je remercie au passage.

Au début de votre carrière, vous avez rencontré une certaine résistance des maisons d’édition françaises, est-ce que c’est l’une des raisons pour laquelle vous vous êtes tournées vers le marché américain, notamment le comics ?

VanRah  : Effectivement. Mais alors, concernant le comics, j’en faisais déjà à la base. Je suis arrivée sur la partie manga par nécessité artistique. J’ai commencé comme encreuse de comics. Je travaillais sur les séries Batman et Green Lantern... Lorsque l’on travaille sur des séries appartenant à de grosses licences comme celle-ci, c’est très flatteur. En revanche, d’un autre côté, nous sommes complétement assujettis au scénariste et au scénario qui a été validé par la maison-mère. On a, sans mauvais jeu de mots, pas voix au chapitre, nous ne sommes que des exécutants plus que des collaborateurs de travail, lorsque l’on a des scénaristes obtus. Personnellement, j’avais envie de présenter mes propres thèmes et scénarios. En conséquence de quoi, j’ai commencé mes premières histoires sur le format comics puisque c’était ce que je savais faire.

Malheureusement, j’ai rapidement été bloquée car je souhaitais écrire des titres qui puissent être lus de manière dynamique avec à l’intérieur une ligne mécanique et une multitude de close-up (gros plans) où l’on suit finalement les personnage de A à Z - et non pas ces grandes pentes d’histoires qui sont résumées en une ou deux pages, certes superbes. Mon désir portait sur la volonté de suivre le personnage comme si l’on regardait une série TV. Or, dans mon élan, je me suis retrouvée bloquée car le format comics est un style de bande dessinée qui ne permet pas cette forme de narration : on fonctionne par ellipses, par résumé de planches avec ces grandes pages doubles qui résument parfois l’information principale du chapitre. J’ai le souvenir d’une heure de bataille pour la réalisation de deux pages doubles. Ensuite seulement, arrivait la conclusion.

À un moment donné, une amie m’a invitée chez elle et que vois-je sur son bureau ? Un manga ! J’ai (re-)découvert le manga par la même occasion. Il faut le dire, en tant que Français, on s’intéressait moins à ce style de BD qu’à la sacro-sainte bande dessinée franco-belge parce qu’on ne la connaît pas ! En ouvrant ce petit ouvrage, tous mes a priori se sont envolés parce que j’avais trouvé dans mes lectures quelque chose de très intéressant, d’immersif et de vivifiant avec une mise en page dynamique et incroyable. C’est peut-être cette liberté d’expression qui me manquait dans mon premier registre qui m’a fait craquer pour le manga. C’était ça que je voulais faire ! C’est de cette manière que je suis arrivée dans le manga.

Rêver de dessiner, c’est une bonne chose mais voilà : je ne sortais pas d’une école, j’étais autodidacte. Une rude épreuve m’attendait. On me disait : « Il faut faire une école de dessin, la BD c’est quelque chose de sérieux... ».

Cela a été un frein pour votre carrière ?

VanRah  : Moralement oui. Encore aujourd’hui, alors que je fais partie des dinosaures du manga de création francophone, je ne me sens toujours pas légitime. Je me demande régulièrement si j’ai ma place ici, si je la mérite. À chaque tome qui sort, j’ai toujours les mêmes angoisses et incertitudes en termes d’intérêt, de trames narratives, de convenance auprès de mon lectorat, de signature de mon prochain contrat…

Les générations actuelles ont cette certitude et cet aplomb que moi je n’aurais certainement jamais. Plus je sors des tomes, et moins ça va, parce que je vois de plus en plus de talents émerger, ils n’ont qu’un seul objectif, et c’est être ça ou ça. Ils ont travaillé avec acharnement depuis le début et c’est tout à leur honneur. Contrairement à moi qui n’était pas prête. Je n’étais pas dans la certitude que j’allais à tout prix suivre cette voie. C’était davantage une passion.

Pourtant en 2016, le magazine Shonen Jump – le magazine de prépublication de l’éditeur Shūeisha, le tirage le plus important au monde pour un magazine de BD, vous a placée parmi les dix talents mondiaux les plus prometteurs. Est-ce que cela n’aurait pas changé quelques chose pour vous ?

VanRah  : En réalité, à l’époque, j’étais beaucoup plus sûre de moi que maintenant parce que nous étions très peu dans ce domaine. J’étais d’ailleurs la seule chez Glénat. Pour l’anecdote, j’avais croisé Jacques Glénat quand j’ai signé Stray Dog qui m’expliquait que si cet ouvrage marchait, on continuerait l’aventure. Si ça ne marchait pas, j’aurais été la seule mangaka éditée chez eux... Notre collaboration s’est déroulée à merveille et je l’en remercie. J’étais sûre de moi parce que j’avais l’aplomb de mon éditeur, Stéphane Ferrand, parce que c’est celui qui a signé les plus gros titres de chez Glénat. Donc, quand il me dit : « - c’est bon », pour moi c’est bon.

VanRah : « Deux mois après avoir mis en ligne "Stray Dog", j'avais un million de lectures par jour... » [INTERVIEW]
© VanRah / Edition Glénat (Manga)

Maintenant, toutes les éditions françaises vous ouvrent les portes grandes ouvertes. Non ?

VanRah  : Non ! (rires). Ce que je vais dire n’engage que moi. Je suis une autrice qui a une manière de travailler assez particulière, c’est à la fois une énorme chance car nous ne sommes que trois à avoir cette chance-là. Nous avons une liberté totale d’expression dans nos tomes, c’est-à-dire que nos éditeurs ne prennent connaissances du tome qu’une fois celui-ci achevé. Aucun droit de regard donc. Bien évidemment, parfois je leur propose des planches mais je veux que cela vienne de moi. J’ai eu quelques éditeurs intéressés par mes ouvrages. La première chose qui en ressortait à chaque fois est la suivante : « - Est-ce que tu arriveras à bosser avec nous ? car tu as l’habitude de le faire toute seule. Est-ce que tu vas arriver à gérer le fait que l’on veut un droit de regard sur tes créations ». En réalité, cela dépend quel type de droit de regard. Un regard bienveillant voire constructif qui apporte un changement certes de l’histoire mais dans un objectif mélioratif, volontiers. Car je n’oublie pas que mon premier lecteur est mon éditeur. Mais si c’est le cas contraire, non assurément. Naturellement, je ne m’estime pas à être à un niveau où je serais capable de prétendre à la perfection de mon travail, loin de là.

Deuxième remarque qui revient assez fréquemment : « oui mais tu comprends tu as un cachet auteur qui fait que, nous pour un seul de ces cachets, on pourrait signer trois auteurs débutants ». Or, je pense que l’argent gagné vaut son pesant d’or pour tel temps de travail car en tant qu’auteur, on souhaite tous vivre de sa plume. Or, cela n’est malheureusement réservé qu’à une minorité. En réalité, on espère seulement au moins toucher le smic chaque mois.

Dernièrement, il a eu une multitude de thématiques que j’ai mises en exergue au cours de mes séries. J’espère ne pas être présomptueuse en disant cela, mais elles sont généralement avant-gardistes. Par exemple, la dernière série que je souhaiterais proposer est une série qui expose des thèmes jamais traités en bande dessinée, basées sur des histoires vraies, sur des patients que j’ai eus en consultation – mais je ne vous révèle pas tout pour l’instant…(sourire).

Or, cela n’a pas été traité en BD. Le retour que j’ai reçu a été prometteur et positif. En revanche, au moment de se décider, les éditeurs ont été très réticents à cause, selon eux, d’une prise de risque trop grande.

Cet accueil donc, bien que compliqué au début, a été accompagné d’une prise de risque bénéfique. Quand vous sortez d’une école, vous avez une formation qui vous légitimise tant sur le papier que moralement et personnellement, j’ai obtenu mon diplôme de médecin. Par conséquent, lorsque je suis en consultation, je sais ce que je fais, je suis sûre de moi.

Dans le manga, c’est différent, car je n’ai ni l’assise, ni le diplôme qui me permet de confirmer que j’ai été jugée compétente par mes pairs pour prétendre à quelque chose. De plus, il m’a fallu prendre en compte la non-réponse des maisons d’édition car lorsque vous sortez d’une école, vous avez le carnet d’adresses qui permet d’entrer en contact avec ces dernières. Bien sûr, cela ne fait pas tout, mais cela ouvre davantage de portes dans le réseau. En conséquence de quoi, se faire publier est plus facile.

En réalité, il faut adresser sa soumission de projet à la bonne personne qui est apte à évaluer sa fiabilité. J’en ai fait les frais en m’adressant aux secrétariats. Lorsque je demandais les noms des éditeurs, ils refusaient ma demande car je n’avais pas encore un nom. Parfois, ce n’étais qu’un refus sans aucune explication derrière. J’aime les défis. Autant j’accepte la défaite, autant je l’accepte que si l’on m’explique ce qui ne va pas. Comme je n’avais pas connaissance de ce qui clochait et que j’étais restée en contact avec mes anciens partenaires en comics, ils m’on fait entrer en contact avec les éditeurs spécialisés en comics indé – comics qui ne rentrent pas dans les grandes lignes du genre, c’est-à-dire, qui ne portent pas sur les super-héros, l’horreur ou éventuellement la science-fiction.

Pour les projets auxquels ils ne miseraient pas, ils ont créé des plateformes d’audience où les lecteurs peuvent voter pour leurs comics préférés. J’ai ainsi pu proposer mes deux premiers titres : Stray Dog et Never Hand parce que je désirais plus que tout avoir des retours de mes propres lecteurs sur les défauts de mon œuvre. Ce qui en soit me paraissait évident.

© VanRah / Edition Glénat (Manga)

Votre résilience a payé puisque vous êtes publiée aujourd’hui...

VanRah  : Je pense que oui. Deux mois après avoir mis en ligne Stray Dog, j’avais un million de lectures par jour… avec un dessin pourri. En revanche, les personnages plaisaient beaucoup. Cette victoire m’a donné ce coup de pouce pour comprendre que je me dirigeais dans la bonne voie. Cinq mois après cette épisode, j’ai reposé sur la table des maisons d’édition mon premier manga, Stray Dogs, en leur expliquant que cela pesait un million de lectures par jour.

Quelle a été leur réponse cette fois-ci ?

VanRah  : Là pour le coup, c’était un grand oui (rires). « Ne lâchez pas le morceaux parce que ce n’est pas forcément le plus doué qui perce », c’est toujours un conseil que je donne à ceux qui aimeraient être édités. La preuve avec moi. Le dessin, c’est comme le sport, plus on le pratique et plus on s’améliore. Et ce n’est pas parce que vous n’êtes pas le plus doué, que rien ne se réalisera. En revanche, il faut être patient et persévérer, y croire dur comme fer.

Dans vos dessins, vous mêlez les influences japonaises, américainse et européennes, est-ce, selon vous, le secret pour gagner en popularité et rassembler un plus grand public ?

VanRah  : Honnêtement, je n’ai jamais réfléchi à cela. À la base, j’insère dans mes dessins tout ce qui me plaît et tout ce qui influence mon quotidien que ce soit d’un point de vue culturel ou en référence à l’actualité. D’une part, pour ancrer mes récits dans la plus proche réalité - notamment dans l’univers fantastique – pour que l’immersion et l’identification de mes lecteurs à mes personnages soient la plus plausible possible. D’autre part, parce que tout ceci influence ma manière de voir les choses et le monde qui nous entoure. Je mets dans mes BD tout ce qui me plaît et qui régit mon quotidien. Je suis une férue d’Histoire et m’inspire beaucoup de l’architecture dans mes récits quel que soit le pays – y compris le Japon pour sa partie culturelle. Le creuset est l’Europe en termes de conception des choses, d’appréhension, de spiritualité ou encore d’actualité.

La manière de voir et de concevoir, les habitudes et les coutumes sont des éléments qui m’ont toujours intéressée car elles divergent en fonction des cultures, ce qui constitue toujours une richesse pour mes histoires. D’où le fait que mon domaine de prédilection soit la relecture de conte parce que chacun d’entre eux fait partie du folklore d’une nation. Pour que cela en fasse partie, il faut faire appel aux coutumes qui la représentent et qui ont été formées par des croyances ou des grands événements.

Dans mes séries, j’inclus tous ces éléments à de mes décors, comme dans Stray Dog, des villes célèbres que l’on connait tous : Chicago, Prague, ou encore Paris avec la célèbre cathédrale Notre-Dame – avant son incendie, j’entends. Quand je vais quelque part, si j’arrive à prendre des vacances, je regarde ce qui m’entoure attentivement car tout ces éléments peuvent me servir graphiquement. Concernant la ville d’Akashi qui se situe au Japon, j’ai eu la chance d’avoir été pourvue en photographies par une collègue qui est partie à Kyoto. Cela m’a énormément servi pour la série.

Outre la dimension fantastique, mes thèmes de prédilections sont la lutte contre le racisme qui passe par des personnages un peu repoussants, pas spécialement humains et qui finalement, si on leur laisse une chance de les découvrir, sont des personnages extrêmement bienveillants. Personnellement, la bienveillance est une qualité que j’essaye de véhiculer le plus possible parce que j’en ai besoin en tant que personne émotive. En cabinet, je suis spécialisée dans le traitement des lésions chez les enfants maltraités, donc je suis témoin de la malveillance et de la maltraitance envers les plus faibles. J’en vois toute la journée. C’est donc un moyen d’extérioriser tout ça.

J’essaye surtout, à mon petit niveau ; d’interpeller le lecteur, de l’inciter à ne pas tomber dans les travers des discriminations et des violences gratuites. Cette violence est quelque chose que je montre sans filtre non par plaisir mais pour montrer ce que l’on peut avoir quand l’on a des êtres qui sont malmenés par la vie et qui malgré tout, sont assez résilients et courageux pour se relever. Ils ne se laissent pas abattre et ne changent pas.

© VanRah / Edition Glénat (Manga)

Pour moi, le livre est un vecteur de dialogue et de débat. Je montre autant de points de vue possibles que de situations. Dans mes œuvres, je veux montrer tout ce qui peut exister pour que les lecteurs choisissent non pas « le bon côté de la force », mais se questionnent sur leur potentielle réaction. La finalité est de faire réfléchir les lecteurs sur ces sujets hautement d’actualité.

Est-ce que vous vous identifiez à un de vos personnages ?

VanRah  : Personnellement, pas spécialement parce que tous les personnages que je mets en scène sont des personnages qui sont calqués sur des personnages que j’ai côtoyés ou que je côtoie toujours à l’heure actuelle. C’est à la fois un hommage pour des personnages qui deviennent des héros, tout en exposant leurs travers et leurs défauts, car personne n’est parfait dans mes histoires. Ils ont tous à la fois ce petit côté détestable et à la fois tellement gentil. Les méchants sont aussi inspirés des personnes que j’ai croisées. Je reste spectatrice de tout ça et c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles je ne prends pas parti, car dans la réalité cela s’est déroulé ainsi. Je m’identifie peut-être au personnage d’Aki (protagoniste principale de Stray Dog) dans le sens où je n’ai jamais raison, jamais tort, mais je reconnais mes fautes et je m’excuse facilement.

C’est un de vos traits de caractère...

VanRah  : En un sens, oui.

On y retrouve vos valeurs ?

VanRah  : Oui, en ce qui concerne la bienveillance. J’ai envie que le personnage réussisse et que l’histoire se termine positivement. Je me vois parfois comme la maman de mon personnage, heureuse lorsqu’il franchit une étape supplémentaire. Mais je ne pense pas qu’ils soient calés sur des personnages existants avec un caractère semblable. Ils existent à part entière.

Par Jessy LEMESLE Jacques LOBE

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN : 9782344008737

[1] Manga pour jeune adulte, à ne pas confondre avec le shônen, manga à destination des adolescents.

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