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The Rising of the Shield Hero (Tate no Yūsha no Nariagari, littéralement « L’Avènement du héros au bouclier ») est une série de Fantasy japonaise, une épopée moderne qui a marqué toute une génération de lecteurs et de spectateurs. Créée à l’origine sous la forme d’un Light Novel par Aneko Yusagi en 2012, l’œuvre a d’abord conquis le Web avant d’être publiée par MF Books (Kadokawa Media Factory). Elle compte aujourd’hui vingt-deux volumes. Son adaptation en manga, dessinée par Aiya Kyū, est publiée depuis février 2014 dans le magazine Monthly Comic Flapper. La version française paraît chez Doki-Doki depuis juin 2016.
Le public français adore la culture japonaise, et en particulier les mangas. Quel rapport entretenez-vous avec les fans français ?
C’est la première fois que je rencontre directement des fans français, à l’occasion d’une séance de dédicaces. Voir leur enthousiasme et leur passion m’a profondément touchée. C’est une expérience nouvelle pour moi, car jusqu’à présent je n’avais jamais eu l’occasion d’échanger avec eux en personne.
Vous dessinez The Rising of the Shield Hero depuis 2014. En comparant les premiers chapitres avec le tome 28, quel est, selon vous, le plus grand changement dans votre style graphique ?
Au début, je dessinais essentiellement à la main, sur papier. Depuis quelques années, j’ai toutefois adopté complètement les outils numériques. Ils m’ont permis de gagner en précision et en liberté. Grâce au numérique, je peux corriger mes dessins plus facilement, retravailler mes esquisses et me rapprocher davantage de l’idéal que je recherche. Autrefois, je m’efforçais de réussir chaque dessin du premier coup, ce qui était très exigeant. Aujourd’hui, je peux peaufiner chaque détail, ce qui améliore sensiblement la qualité de mon travail.
Adapter un Light Novel en manga implique de faire des choix. Quelles sont les principales difficultés de cette adaptation, notamment avec l’évolution des outils graphiques ?
Pour moi, l’un des aspects les plus importants du manga est la composition de la page et le lettrage numérique. Bien sûr, les expressions des personnages sont essentielles, mais ce qui guide réellement la lecture, c’est leur position dans les cases. Je passe énormément de temps à réfléchir à l’endroit où placer Naofumi sur une planche. Mon objectif est de guider naturellement le regard du lecteur de droite à gauche, en contrôlant les points d’arrêt de son regard. Par exemple, lorsque Naofumi apparaît en grand, je veux que le lecteur s’attarde sur lui. À mes yeux, c’est cette maîtrise de la composition qui fait la différence.
Raftalia est devenue l’un des personnages les plus populaires de la série. Y a-t-il un aspect de sa personnalité ou de son évolution que vous prenez particulièrement plaisir à illustrer ?
Absolument ! Raftalia est un personnage que j’accompagne depuis le début, et son évolution est l’une des choses que je préfère dessiner. Au départ, elle était une servante entièrement dévouée, mais elle a progressivement gagné en assurance et en indépendance. Elle est passée du statut de subordonnée à celui de véritable partenaire de Naofumi. Cette transformation, lorsqu’elle ose enfin lui tenir tête et exprimer ses propres opinions, est particulièrement plaisante à représenter.
Votre manga alterne scènes d’action, moments d’émotion et passages plus légers ou comiques. Quel type de séquence est le plus exigeant à dessiner ? Et lequel préférez-vous ?
Les scènes les plus difficiles sont souvent celles qui me procurent le plus de plaisir. Les passages du quotidien ou les séquences humoristiques demandent énormément de travail, car il faut trouver le bon équilibre entre crédibilité et comédie.
Prenons par exemple les scènes impliquant Honda. Au début de la série, il y a un passage où il tue le propriétaire de Lactaria. Je voulais éviter d’en faire une simple scène de vengeance, car ce n’était pas le sentiment que je souhaitais transmettre. J’ai plutôt essayé de montrer comment Naofumi, en tenant compte des sentiments de Raftalia, parvient à une forme d’apaisement. C’était un véritable défi, mais je suis très satisfaite du résultat.
Après plus de dix ans passés sur cette série, comment parvenez-vous à conserver une certaine fraîcheur graphique tout en restant fidèle à l’univers imaginé par Aneko Yusagi ?
Au fil des années, mon style a naturellement évolué, mais les émotions que je cherche à transmettre restent les mêmes. Pour éviter la répétition, j’essaie de les représenter sous différents angles, en variant les expressions et les compositions.
L’anime a également influencé mon travail. Certaines scènes que je dessine aujourd’hui intègrent inconsciemment des mouvements ou des tonalités inspirés de l’adaptation animée. Je me surprends parfois à dessiner des poses ou des expressions que je n’aurais sans doute pas imaginées sans cette référence visuelle.
Le tome 28 marque une nouvelle étape dans l’histoire. Sans dévoiler la suite, qu’aimeriez-vous que les lecteurs retiennent en refermant ce volume ?
Le tome 28 constitue une véritable transition. Sans trop en révéler, j’aimerais que les lecteurs aient le sentiment qu’il représente à la fois une conclusion et un nouveau départ. C’est un moment où les personnages évoluent et où leurs choix prennent encore davantage d’importance.
La série a commencé il y a douze ans. Si vous pouviez adresser un message à votre "moi" de l’époque, que lui diriez-vous ?
À l’époque, je pensais que parvenir à dessiner trois ou quatre tomes serait déjà une immense réussite. Aujourd’hui, alors que je travaille sur le tome 31, je réalise à quel point cette aventure a dépassé toutes mes espérances. Je dirais à la personne que j’étais en 2014 : « Ne t’inquiète pas, tout va bien se passer. Cette série est aimée par beaucoup de gens, et c’est ce qui compte le plus. »
Un dernier mot pour les lecteurs français ?
Merci à tous les lecteurs français pour leur soutien et leur passion. C’est grâce à eux que cette série continue de vivre et de grandir. J’espère que vous continuerez à apprécier l’univers de The Rising of the Shield Hero pendant encore longtemps !
Le tome 29 prévu le 4 novembre 2026 !
Par Jessy LEMESLE
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The Rising of the Shield Hero, T.2 8, Aneko Yusagi et Aiya Kyu, Editions Bamboo, collection Doki Doki, 7,95 €