Du jour au lendemain, un étrange escalier fait son apparition dans le jardin de Jade. Fait de grandes marches blanches, il semble s’élever à l’infini. Mais où mène-t-il ?
Si le symbole semble mystique, c’est que ce que Jade y découvre est plutôt rattaché à ses démons. Armée de beaucoup de courage et accompagnée par un chat lévitant, elle remonte le fil de lourds souvenirs d’enfance...
Si les signaux sont disséminés tout au long de l’album aucune scène de violence n’est exhibée. La maltraitance infantile qu’a subie Jade Zhang est pudiquement dissimulée dans un album tout en nuances de bleu assuré d’un trait rond doucereux. Une « patte » visuelle coutumière dans la ligne graphique des éditions Kinaye.
L’Escalier des souvenirs nous apparaît comme une œuvre cathartique pour l’autrice en même temps que préventive. Elle est un avertissement instuctif autant que bienveillant envers toutes les potentielles victimes. Mais cette discrétion compréhensible n’est-elle finalement pas trop subtile ? C’est évident qu’il n’est pas simple de parler de maltraitance infantile lorsqu’il s’agit de l’expérience personnelle de l’autrice.
Pour pallier à cette question les éditions Kinaye ont augmenté l’album d’un dossier pédagogique avec explications, préventions et numéros de références sur les différentes catégories de maltraitance infantile. Utile.
Par Kelian NGUYEN
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L’Escalier des souvenirs - Par Jade Zhang - Ed. Kinaye