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Bon
22 mai 2025
Sur les terres ancestrales des Amériques, les peuples indigènes vivent au rythme des saisons, de la nature et de leurs traditions. Un soir, un bateau viking, aussi appelé drakkar, accoste avec un petit échantillon de son peuple. Pour autant, l’image stéréotypée du barbare sans foi ni loi n’est pas omniprésente. Ainsi, la tension tarde à arriver. Le groupe de Scandinaves débarque donc, décidé à s’installer sur ces terres qui ne sont pas les leurs. De cette rencontre inattendue naît une amitié aussi improbable que touchante entre deux enfants : Tanka, jeune Indien curieux, et Sven, petit Viking qui joue les dieux.
Loin des tensions entre adultes – qui ne marquent de toute façon pas une grande partie du récit –, les deux garçons font connaissance et jouent, avec émerveillement et espièglerie. Ils apprennent. Le récit joue habilement sur le contraste entre l’insouciance enfantine et les conflits propres aux adultes, sur la confiance en soi autant que sur celle placée en l’autre, ainsi que sur le choc culturel. Mais pour autant, les deux garçons ne sont pas trop infantilisés, faisant preuve d’autonomie et développant peu à peu une conscience plus lucide du monde qui les entoure. Ils apprennent vite à se connaître, à se faire confiance.
Dans leur errance joyeuse, les deux enfants croisent aussi des esprits mystérieux, figures surnaturelles des éléments. Ces moments ajoutent une touche de fantaisie, renforçant le côté enfantin du récit.
L’album, bien que destiné à un jeune public, n’élude pas totalement les tensions liées à l’installation des Vikings sur un territoire qui n’est pas le leur. Mais la violence est atténuée, édulcorée : ici, point de sang versé, ni de sauvagerie exacerbée. Les Vikings ne sont pas tous présentés comme des envahisseurs brutaux, mais comme un autre peuple, bien différent, mais aussi humain. Le tout, plutôt nuancé. Les traits sont souples, assez arrondis et expressifs. Les couleurs, elles, sont assez classiques, relatant plutôt bien les différentes ambiances tout au long du récit.
Le rythme, s’il peut paraître parfois irrégulier, reste globalement agréable. L’histoire, composée en chapitres, se lit facilement, avec un ton relativement léger, sans jamais sombrer dans le simplisme. Le récit tient en une centaine de pages, mais dans un petit format des éditions Dupuis, adapté aux plus jeunes.
En fin d’album, un épilogue sous forme de mini-cours vient rappeler que, si l’histoire s’appuie sur des bases historiques réelles, elle laisse aussi part à l’imagination, les zones d’ombre du passé servant de terreau fertile à la fiction. Cette note pédagogique est bienvenue : elle donne aux enfants comme aux parents quelques repères.
L’auteur belge Rémy Benjamin, né en 1984, s’est formé aux Beaux-Arts de Tournai, dans la section bande dessinée. En 2016, il fonde la micro-édition Kaput, chez qui il publie notamment Albert et Professeur. Il est aussi coloriste de l’album Dominos, chez Fluide Glacial.
L’illustrateur Brice Follet, né en 1982, est également diplômé des Beaux-Arts de Tournai. Il publie notamment en collectif chez Petit à Petit Michael Jackson en bandes dessinées en 2009, ainsi que Histoires incroyables des Jeux olympiques et paralympiques en 2024.
Par Rémi BARNAULT
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Le premier tome de Sven et Tanka est en vente aux éditions Dupuis, à 10,50 €.